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Un enfant de 11 ans crie Allah Akbar lors d’un hommage à Samuel Paty à Valence

Le père de famille, qui avait menacé de mort le personnel du collège où son fils avait reçu un avertissement, sera jugé en janvier ; Une centaine d'incidents recensés

Des proches et collègues de Samuel Paty pendant la Marche Blanche à Conflans-Sainte-Honorine, le 20 octobre 2020. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)
Des proches et collègues de Samuel Paty pendant la Marche Blanche à Conflans-Sainte-Honorine, le 20 octobre 2020. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)

Le père d’un élève qui avait menacé de mort le personnel d’un collège où son fils avait reçu un avertissement après avoir crié « Allah Akbar » lors de l’hommage à Samuel Paty sera jugé le 20 janvier, a annoncé mercredi le parquet de Valence.

L’agent de sécurité de 43 ans, habitant à Valence et de nationalité française, sera d’ici là placé sous contrôle judiciaire, précise dans un communiqué le parquet, à l’issue de sa présentation au juge des libertés et des détentions mercredi après-midi.

Le parquet avait requis sa comparution immédiate et son placement en détention provisoire.

Son expertise psychiatrique n’a par ailleurs révélé « aucune pathologie psychiatrique ni de troubles de la personnalité malgré un potentiel impulsif », avait indiqué plus tôt le parquet de Valence.

Par conséquent, « son discernement n’étant ni aboli ni altéré au moment des faits, il est totalement responsable de ses actes ».

Placé en garde à vue lundi, « il n’a pas contesté la totalité des faits notamment qu’il s’en était pris verbalement au personnel éducatif et qu’il allait mettre le feu à l’établissement mais les a minimisés en évoquant sa colère face à la situation ».

Non connu « des services en charge du suivi de la radicalisation ni fiché à ce titre », il a expliqué « s’être emporté face à la sanction prise à l’encontre de son fils ».

Ce dernier, âgé de 11 ans et scolarisé en 5e, avait crié « Allah Akbar » vendredi lors de la minute de silence organisée dans l’établissement en hommage à Samuel Paty.

Il avait « été amené à réfléchir sur son comportement » et « a de lui-même proposé de s’excuser auprès de son professeur et de ses camarades », avait indiqué mardi le rectorat de l’académie de Grenoble.

L’adolescent a cependant été condamné à un avertissement et son père avait été prévenu par téléphone. Durant l’entretien, il avait « félicit(é) le comportement de son fils », puis avait injurié et menacé une première fois la direction du collège, selon le parquet.

Lundi matin, l’homme avait pénétré dans l’établissement et avait réitéré ses propos « de manière encore plus vive, allant jusqu’à prononcer des menaces de mort », selon le rectorat.

Lors d’une perquisition à son domicile, les enquêteurs ont découvert « une bible, deux livres salafistes, un nunchaku, un sabre, une canne-épée ainsi que la somme de 11 500 euros », selon le parquet, qui n’a pas retenu le chef d’apologie du terrorisme, « à défaut du caractère public des propos tenus ». Il a, en revanche, retenu les chefs de « menaces de mort sur personnes chargées d’une mission de service public et d’atteintes aux biens publics ».

Une centaine d’incidents lors de l’hommage à Samuel Paty ont été recensés par le ministère de l’Éducation nationale.

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