Un ex-milicien, arrêté au Liban en septembre, en route vers les Etats-Unis
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Un ex-milicien, arrêté au Liban en septembre, en route vers les Etats-Unis

Amer al-Fakhoury fut membre de l'ancienne Armée du Liban Sud, une milice majoritairement chrétienne armée et financée par Israël qui a occupé le sud du Liban jusqu'en 2000

(ARCHIVES) Des membres du mouvement chiite libanais Amal tiennent une photo d'Amer al-Fakhoury, en train de manifester devant l'ancienne prison de Khiyam, à la frontière avec Israël, pour demander son procès, le 15 septembre 2019. (Crédit : JOSEPH EID / AFP)
(ARCHIVES) Des membres du mouvement chiite libanais Amal tiennent une photo d'Amer al-Fakhoury, en train de manifester devant l'ancienne prison de Khiyam, à la frontière avec Israël, pour demander son procès, le 15 septembre 2019. (Crédit : JOSEPH EID / AFP)

Donald Trump a annoncé jeudi qu’un Américano-libanais détenu depuis plus de six mois au Liban sur fond d’accusation de torture et de collaboration avec Israël était « en route » vers les Etats-Unis.

L’affaire provoque des remous au Liban, où les autorités sont restées silencieuses, tandis qu’Amer al-Fakhoury faisait l’objet d’une décision de justice lui interdisant de quitter le pays.

Ancien membre d’une milice supplétive d’Israël, Amer al-Fakhoury s’était exilé il y a plus de 20 ans aux Etats-Unis. A son retour au Liban en septembre, il avait été arrêté et poursuivi par la justice militaire.

Il a été remis en liberté lundi après le jugement d’un tribunal militaire déclarant qu’il y avait prescription pour les actes de torture dont il était accusé, selon une source judiciaire.

« Nous avons travaillé très dur pour le faire libérer », a déclaré le président américain lors d’un point-presse par ailleurs consacré à la crise du coronavirus.

Le président américain Donald Trump dévoile son plan de paix israélo-palestinien lors d’un événement en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, le 28 janvier 2020. (AP/Alex Brandon)

« Je remercie le gouvernement libanais qui a travaillé avec nous », a-t-il ajouté sans donner plus de détails.

Au Liban, un juge des référés avait prononcé mardi une interdiction de voyage à l’encontre de M. Fakhoury, selon l’agence de presse officielle ANI.

Le même jour, le procureur avait saisi la Cour de cassation militaire pour réclamer l’annulation de la décision de justice qui a permis sa remise en liberté, mais aussi un mandat d’arrêt et un nouveau jugement contre M. Fakhouri, selon ANI.

Une source de sécurité libanaise a indiqué à l’AFP que M. Fakhoury avait quitté le pays à bord d’un hélicoptère ayant décollé de l’ambassade américaine.

Interrogé, un porte-parole de l’ambassade a indiqué à l’AFP ne pas avoir « d’informations à partager à ce stade ».

La libération de M. Fakhoury avait provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, et elle avait été vivement critiquée par le puissant mouvement terroriste chiite du Hezbollah, grand ennemi d’Israël.

M. Fakhoury fut membre de l’ancienne Armée du Liban Sud (ALS), une milice majoritairement chrétienne armée et financée par Israël qui a occupé le sud du Liban jusqu’en 2000.

Condamné par contumace, après son exil du Liban, pour « collaboration » avec l’Etat hébreu, il était l’ancien responsable de la prison de Khiam, établie en 1984 dans une zone du sud libanais alors occupée par l’armée israélienne.

Il avait été accusé par la justice d’avoir ordonné des actes de torture sur des détenus de la prison de Khiam.

Amnesty International et d’autres groupes de défense des droits humains ont à plusieurs reprises accusé l’ALS de torturer leurs prisonniers.

Atteint d' »un cancer avancé », M. Fakhoury « pourra avoir sa famille à ses côtés », a indiqué jeudi Donald Trump, assurant que « la libération des Américains emprisonnés à l’étranger » faisait partie des « priorités » de son gouvernement.

Aux Etats-Unis, une campagne s’est organisée pour le défendre, notamment à l’initiative de la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen qui s’est réjouie dans un communiqué de sa libération.

« Des dizaines de Libanais associés à la prison de Khiam ont été condamnés pour torture et d’autres crimes, mais le nom de Fakhoury n’a jamais été mentionné », a renchéri un haut-responsable du Secrétariat d’Etat, David Schenker, dans un échange avec des journalistes.

Quant à sa peine pour collaboration avec Israël, elle est prescrite selon M. Schenker.

« C’est un jeu politique qui a été manipulé, peut-être pour servir dans un éventuel échange de prisonniers », a-t-il ajouté.

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