Un footballeur condamné pour le délit de fuite qui a coûté la vie à Ari Nesher
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Un footballeur condamné pour le délit de fuite qui a coûté la vie à Ari Nesher

L’acte d’inculpation ne mentionne pas – fait significatif – sa responsabilité dans la mort du jeune ado ; Yitzhak Asefa est aussi coupable d'obstruction à la justice

Le footballeur israélien Itzhak Asefa est conduit devant le tribunal de Tel Aviv, soupçonné d’être impliqué dans une collision qui a tué un adolescent de 17 ans à Tel Aviv le 24 septembre 2018. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
Le footballeur israélien Itzhak Asefa est conduit devant le tribunal de Tel Aviv, soupçonné d’être impliqué dans une collision qui a tué un adolescent de 17 ans à Tel Aviv le 24 septembre 2018. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Le tribunal de district de Tel Aviv a condamné mardi un footballeur israélien pour délit de fuite et obstruction après une enquête sur un délit de fuite qui a causé la mort du jeune Ari Nesher et blessé un autre ado l’an dernier.

Yitzhak Asefa, joueur de football de l’équipe de première division israélienne du F.C. Ashdod, a été acquitté des chefs d’accusation de conduite en état d’ébriété et d’excès de vitesse en raison d’un doute raisonnable, parce que les preuves n’ont été réunies que deux heures après l’accident. L’acte d’inculpation ne mentionne pas – fait significatif – sa responsabilité dans la mort d’Ari Nesher.

En janvier, le bureau du procureur du district de Tel Aviv a déclaré qu’il avait l’intention de mettre le footballeur en examen pour homicide d’un adolescent qui conduisait un vélo électrique au moment de l’accident, sous réserve d’une audience.

La police a par ailleurs accusé un jeune homme de 16 ans, dont le nom n’a pas été diffusé, d’avoir transporté Ari Nesher comme passager sur son vélo et d’avoir dévié sur l’itinéraire emprunté par la voiture. Ari Nesher ne portait pas de casque.

Asefa a percuté les deux jeunes avec son véhicule et les a laissés sur la route avant de tenter de dissimuler son implication dans la collision en réparant les dégâts sur la voiture et en mentant à la police.

Ari Nesher, 17 ans, fils du réalisateur israélien Avi Nesher, avait été grièvement blessé lors de l’accident survenu le 24 septembre dernier et avait succombé à ses blessures quatre jours plus tard.

Le réalisateur Avi Nesher, à gauche, avec son fils Ari et son épouse, Iris. Ari Nesher est mort le jeudi 27 septembre après avoir été grièvement blessé lors d’un accident suivi d’un délit de fuite survenu le 24 septembre 2018 (Autorisation : Rafi Delouya)

Selon l’acte d’accusation, Asefa, âgé de 20 ans, avait commencé la soirée au Lighthouse club de Tel Aviv où il célébrait l’anniversaire d’un ami. Avec trois autres personnes, il a consommé trois bouteilles de vodka avant que le groupe ne parte pour une autre soirée.

A environ 3 heures 35, le footballeur, qui était seul dans sa voiture, circulait le long du boulevard Rokach à la vitesse de 75 km/heure, une artère où la vitesse est limitée à 50 km/heure.

Nesher et son ami circulaient à environ 25 km/heure. Alors que la voiture d’Asefa s’est retrouvée à environ 15 mètres derrière eux, le vélo a fait une embardée, et le véhicule les a renversés. La force de la collision a projeté Avi Nesher 23 mètres plus loin sur la route, ont expliqué les procureurs.

« Après l’accident et malgré ce qui s’était passé, l’accusé a continué son parcours et, quelques secondes plus tard, il s’est arrêté avant le carrefour entre Rokach et Ibn Gabirol », indique l’acte d’inculpation.

Le joueur a attendu quelques minutes, puis a commencé à rouler lentement. Il s’est ensuite arrêté une nouvelle fois et est reparti « sans réaliser les conséquences de l’accident et sans apporter aucune aide au défunt ni au mineur qui étaient allongés sur la route, blessés », continue le document.

Au volant de sa voiture, Asefa aurait téléphoné à un ami à quatre reprises, lui disant qu’il pensait qu’il avait un problème de roue, qu’il avait
« renversé quelqu’un et continué à conduire ».

Capture d’écran d’une vidéo d’un accident mortel suivi d’un délit de fuite à Tel Aviv, le 24 septembre 2018 (Crédit : YouTube)

Plus tard encore dans la nuit, Asefa a demandé à son ami d’appeler la compagnie de location de voitures Eldan et de dire que la Kia avait eu un accident, demandant qu’un camion de dépannage vienne l’emmener dans un garage pour qu’elle soit réparée « avec l’intention d’empêcher ou d’obstruer une procédure judiciaire », ont écrit les procureurs.

A un moment dans la nuit, il est retourné sur les lieux de l’accident avec un ami et a vu la police sur place examiner des débris provenant de la carrosserie de la voiture qui jonchaient le sol.

« Malgré cela, l’accusé ne s’est pas approché de la police sur la scène de l’accident », retournant attendre le camion de dépannage dans la rue Ibn Gabirol, où était stationnée la voiture.

A 5 heures 20 du matin, la police est venue chercher le véhicule, qui avait été remarqué lorsqu’il a quitté les lieux de l’accident. Lorsqu’ils ont constaté les dégâts sur la voiture d’Asefa, les agents ont demandé à ce dernier de leur expliquer ce qui s’était passé. Il a alors menti, leur disant que la Kia avait été endommagée alors qu’elle était garée rue Ibn Gabirol et que lui-même se trouvait dans une discothèque. Il a même affirmé qu’un ami à lui l’avait conduite, a fait savoir l’acte d’inculpation.

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