Le grand rabbin éthiopien prolongé de 6 mois avant d’être licencié
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Le grand rabbin éthiopien prolongé de 6 mois avant d’être licencié

Le ministère des Affaires religieuses annonce que Yosef Hadane restera en poste jusqu’en février, mais sa position doit toujours être discutée

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le grand rabbin israélien éthiopien Yosef Hadane, pendant un débat de la commission de l'Immigration et de l'Intégration de la Knesset, le 27 juillet 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le grand rabbin israélien éthiopien Yosef Hadane, pendant un débat de la commission de l'Immigration et de l'Intégration de la Knesset, le 27 juillet 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministère des Affaires religieuses a temporairement étendu mardi le contrat du grand rabbin de la communauté éthiopienne d’Israël, après qu’il ait été dit qu’il était renvoyé pour avoir protesté contre la discrimination raciale présumée du grand-rabbinat à l’encontre des juifs d’origine éthiopienne.

Le directeur général du ministère des Affaires religieuses, Oded Fluss, a écrit au rabbin Yosef Hadane pour lui dire que, en accord avec le souhait du ministre des Affaires religieuses David Azoulay, il continuerait à occuper son poste de directeur du département éthiopien pour six mois de plus, jusqu’au 28 février 2017, a annoncé la radio militaire.

Fluss a souligné que ce sursis permettrait d’assurer la continuité du service du département, et qu’une autre réunion serait organisée pour étudier « les évènements des derniers jours », en référence aux articles sur les circonstances de la retraite forcée d’Hadane.

Le ministre de l’Education avait appelé sur Twitter à une résolution de la situation.

David Azoulay, ministre des Affaires religieuses, pendant une réunion du parti Shas à la Knesset, le 8  juin 2015. (Crédit: Miriam Alster/Flash90)
David Azoulay, ministre des Affaires religieuses, pendant une réunion du parti Shas à la Knesset, le 8 juin 2015. (Crédit: Miriam Alster/Flash90)

« J’ai parlé hier soir avec le rabbin Hadane, le rabbin de la communauté éthiopienne en Israël, a-t-il écrit. J’appelle toutes les parties à rapidement trouver une solution et à ne pas, que Dieu l’empêche, autoriser l’éviction d’un rabbin en raison de sa campagne au nom de sa communauté. »

De hauts responsables du ministère des Affaires religieuses avaient déclaré que la décision était une réponse aux critiques qu’Hadane a exprimé à l’encontre du rabbinat au sujet des difficultés d’enregistrement pour les mariages rencontrées par les couples éthiopiens à Petah Tikva, une ville du centre du pays, avait annoncé lundi la radio militaire.

Le timing est ostensiblement lié à l’âge d’Hadane, qui a atteint les 67 ans, âge de la retraite. D’autres rabbins ont cependant automatiquement obtenu des extensions quand ils ont eu 67 ans, et beaucoup de rabbins municipaux employés par le ministère des Affaires religieuses ont travaillé jusqu’à plus de 80 ans.

Tzohar, une organisation dont le but est de rapprocher les juifs en Israël et de proposer une alternative orthodoxe plus libérale au rabbinat, a déclaré être « profondément perturbée » par la décision de ne pas étendre le contrat d’Hadane.

« Apparemment, sa seule transgression a été sa décision courageuse de défendre les juifs éthiopiens qui se voyaient refuser le droit de se marier selon la halacha [loi juive] par le rabbinat de Petah Tikva », a déclaré l’association dans un communiqué.

« Il est inconcevable qu’un rabbin puisse être destitué par des figures politiques et bureaucratiques, et Tzohar exhorte par conséquent respectueusement le ministère à reconsidérer sa décision, qui est en opposition à l’éthique fondamentale et aux valeurs juives », a ajouté l’association.

Un mariage juif éthiopien dans la Vieille Ville de Jérusalem. Illustration. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Un mariage juif éthiopien dans la Vieille Ville de Jérusalem. Illustration. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Les Israéliens éthiopiens de Petah Tikva affirment être régulièrement privés de permis de mariage par le rabbinat de la ville, où les rabbins remettent en cause leur judéité.

Sous les auspices du grand rabbin sépharade de Petah Tikva, Binyamin Atias, des membres de la communauté éthiopienne forte de 10 000 personnes de la ville affirment que les autorités rabbiniques leur demandent régulièrement de produire papiers prouvant leur conversion, des assurances d’un rabbin qu’ils pratiquent le judaïsme orthodoxe, et enquêtent sur l’histoire du couple avant de finalement leur dire d’aller s’enregistrer ailleurs.

Alors que les immigrants juifs éthiopiens de la communauté Beta Israël sont reconnus comme pleinement juifs et n’ont pas besoin de se convertir en arrivant en Israël, les immigrants d’Ethiopie appartenant à la communauté Falash Mura, qui s’est convertie du judaïsme au christianisme au 19e siècle, doivent pratiquer une conversion orthodoxe après avoir immigré.

En 2014, les Israéliens Ethiopiens de Petah Tikva avaient soulevé des plaintes similaires de discrimination contre le rabbinat de la ville et Attias.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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