Un groupe juif Facebook de rencontres tente de propager le virus de l’amour
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Un groupe juif Facebook de rencontres tente de propager le virus de l’amour

Même une pandémie mondiale ne peut pas arrêter une vie amoureuse, car comme le dit CoronaCrush : "Ne craignez pas la quarantaine... trouvez un rencard-antaine"

Yaakov Schwartz est le rédacteur adjoint de la section Le monde juif du Times of Israël

L'image de profil du groupe Facebook CoronaCrush. (Facebook)
L'image de profil du groupe Facebook CoronaCrush. (Facebook)

Rencontrer l’amour quand on est un Juif ou une Juive célibataire peut être difficile même en temps normal – mais dans une période d’isolement social due à l’épidémie de Covid-19, rencontrer Mme ou M. Parfait peut sembler carrément impossible.

Heureusement, les échappatoires créatives sont une spécialité juive. Après la migration en ligne des cours de Torah, de l’allumage des bougies de Shabbat, et même de la prière, voici venue une solution de rencontre amoureuse virtuelle pour satisfaire à la fois les célibataires et les fonctionnaires du ministère de la Santé. CoronaCrush – Creating Jewish Couples in Quarantine est un nouveau groupe Facebook privé qui tire le meilleur parti d’une situation difficile en encourageant avec humour ses membres à se présenter, ou à présenter un ami. Comme le dit la page du groupe, « Ne craignez pas la quarantaine… trouvez un rencard-antaine » [« Don’t isolate… it’s time to iso-date »].

Après avoir publié des photos et une courte description du ou de la célibataire disponible, les membres n’ont plus qu’à attendre que les messages privés arrivent. S’il y a connexion, ils peuvent alors se donner rencard sur Zoom, la plateforme de chat vidéo très populaire qui a pris son essor depuis que les directives de distanciation sociale ont été mises en place dans le monde entier.

Un peu plus d’une semaine après sa création, CoronaCrush rassemble plus de 3 500 membres et a généré d’innombrables messages, avec des centaines de nouvelles demandes d’inscriptions chaque jour.

Le groupe a été créé par six amis vivant à Tel Aviv et New York. La distance, il va sans dire, n’a pas été un facteur dissuasif.

Dans le sens des aiguilles d’une montre : les fondateurs du groupe CoronaCrush Ian Mark, Ben Lang, Bracha Rappaport, Nicky Hakimi, Bracha Katsoff et Josh Benjamin lors d’une réunion Zoom. (Autorisation)

« Nous sommes tombés sur différents groupes axés sur la socialisation et nous avons pensé qu’il serait bien de faire quelque chose pour les rencontres dans un format plus virtuel », a déclaré Ben Lang, 26 ans, l’un des cofondateurs du groupe qui vit actuellement à Tel Aviv.

« Nous avons créé ce groupe Facebook, invité quelques amis et demandé aux gens de commencer à se présenter », explique-t-il. « Les gens semblent vraiment apprécier. Il y a beaucoup de membres d’Israël, de New York, de la côte ouest, de France, de Londres – c’est assez mondial. »

« Pour nous, si deux personnes en ressortent avec des perspectives sérieuses, je pense que ce sera un succès, étant donné qu’on a commencé juste pour s’amuser », commente Ben Lang.

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Suivant l’exemple des administrateurs, les membres n’ont pas laissé la situation leur refroidir le moral, et les publications ont tendance à être créatives et souvent humoristiques. De nombreux amis et parents en profitent pour se moquer de leurs proches, même s’ils font de la publicité en leur nom. Après qu’une heureuse élue a attiré son attention, un utilisateur a tourné une vidéo satirique montrant le meilleur (et le pire) de lui-même pour tenter de la courtiser. « Un Roméo des temps modernes », a-t-elle réagi en commentaire de la vidéo.

Selon Ben Lang, le groupe est un mélange de personnes d’âges, de milieux, de lieux et de niveaux de religiosité différents – même si, CoronaCrush fonctionnant généralement par le bouche-à-oreille, la plupart des membres ont naturellement entre 24 et 34 ans.

« Beaucoup de gens sont plus seuls que d’habitude, et ne sachant pas combien de temps cela va durer, je pense qu’il y a certainement un besoin de différentes façons pour les gens de se connecter », estime-t-il. « J’ai l’impression que je commence déjà à oublier ce que c’est que de sortir dans la vraie vie – tout ce que je faisais avant, je le fais maintenant sur Zoom. »

tout ce que je faisais avant, je le fais maintenant sur Zoom

Alors que Ben Lang, qui travaille pour une startup, dit qu’il n’a pas encore participé à des rencards Zoom, d’autres membres fondateurs l’ont fait – bien qu’il ne soit pas sûr que les rendez-vous se soient bien passés.

Quant aux autres réussites, « Nous connaissons un couple qui s’est donné rendez-vous sur Zoom et qui en a eu deux autres », rapporte-t-il. « Étant donné que le groupe existe depuis une semaine, c’est assez impressionnant. »

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