Un héros national lituanien aurait tué des juifs sous la Shoah
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Un héros national lituanien aurait tué des juifs sous la Shoah

Une enquête de la petite-fille de Jonas Noreika a révélé les atrocités commises par son grand-père, qui était jusqu'ici considéré comme "un héros de guerre combattant les nazis"

Les chercheurs se préparent à scanner une fosse commune en dehors de Vilnius, en Lituanie. (Ezra Wolfinger, NOVA)
Les chercheurs se préparent à scanner une fosse commune en dehors de Vilnius, en Lituanie. (Ezra Wolfinger, NOVA)

Les dirigeants de la communauté juive de Lituanie ont demandé aux autorités de Vilnius de retirer une plaque honorant un combattant anti-soviétique dont la petite-fille a déclaré qu’il avait tué des juifs.

La communauté juive lituanienne a publié la semaine dernière sur son site Web une déclaration appelant à la suppression de la plaque de Jonas Noreika qui est exposée en évidence sur un mur central de la bibliothèque de l’Académie des sciences de Lituanie, dans le centre de Vilnius.

« Nous demandons que la plaque à Noreika soit retirée avant la Journée du souvenir lituanien des victimes juives du génocide, du 23 septembre », indique le communiqué. Il a déclaré : « Des informations sont apparues montrant que Noreika a eu un lien direct et enthousiaste avec la perpétration de l’Holocauste en Lituanie ».

Le Centre Simon Wiesenthal soutient depuis des années que Noreika, décédé en 1947 alors qu’il était détenu par les autorités russes, était un criminel de guerre. Mais il a joui d’un statut de héros en Lituanie, où une école a été nommée en son nom et le président de l’époque, Vytautas Landsbergis, avait assisté à ses funérailles en 2000.

Jonas Noreika (Wikipedia)

La déclaration de la communauté fait suite à la publication, le mois dernier, d’une enquête de la petite-fille de Noreika, Silvia Foti, qui est écrivaine et journaliste.

Foti a recherché l’histoire de son grand-père dans une biographie que sa mère, la fille de Noreika, lui aurait demandé d’écrire, sur lui. Elle a publié ses conclusions le 14 juillet sur le site Internet Salon dans un article intitulé « Mon grand-père n’était pas un héros de guerre combattant les nazis – il était un brutal collaborateur ».

Elle retrace sa découverte selon laquelle son grand-père, qui en 1941, était à la tête du comté de Siauliai sous l’occupation nazie allemande, avait emménagé chez une famille juive après que ses membres ont été tués, vraisemblablement sur son ordre.

Simon Dovidavičius, un historien local spécialisé dans l’étude de la Shoah, a déclaré à Foti que son grand-père, en tant que capitaine, avait appris à ses soldats lituaniens à exterminer efficacement les Juifs: comment les séquestrer, les faire marcher dans les bois, et les pousser dans des fosses après les avoir creusées.

« Mon grand-père était un éducateur maître », écrit-elle.

En trois semaines, 2 000 Juifs ont été tués à Plungė, la moitié de la population de la ville, «et là où mon grand-père a dirigé le opérations», a-t-elle écrit. « A la fin du voyage, j’ai fini par croire que mon grand-père devait comptabiliser les meurtres de 2 000 Juifs à Plungė, 5 500 Juifs à Šiauliai et 7 000 à Telšiai. »

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