Un homme libéré sous l’accord Shalit derrière les attentats en Cisjordanie – AP
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Un homme libéré sous l’accord Shalit derrière les attentats en Cisjordanie – AP

Selon des sources palestiniennes Jasser Barghouti a été chargé par ses supérieurs à Gaza d'utiliser ses liens familiaux en Cisjordanie pour monter une cellule terroriste

Illustration: Des membres du Hamas observent un bus transportant des prisonniers palestiniens arriver au point de passage de Rafah avec l'Egypte, dans le sud de la bande de Gaza le 18 octobre 2011. (Abed Rahim Khatib / Flash 90)
Illustration: Des membres du Hamas observent un bus transportant des prisonniers palestiniens arriver au point de passage de Rafah avec l'Egypte, dans le sud de la bande de Gaza le 18 octobre 2011. (Abed Rahim Khatib / Flash 90)

Lundi, des sources proches de l’Autorité palestinienne ont indiqué au site d’information Ynet qu’elles pensaient qu’un chef terroriste du Hamas à Gaza – qui avait été emprisonné en Israël – serait à l’origine de la cellule responsable d’une série d’attentats menés contre des Israéliens dans le secteur de Ramallah.

Selon l’article de Ynet, Jasser Barghouti, terroriste qui avait été libéré dans le cadre d’un échange de prisonniers organisé en 2011 qui avait permis au soldat israélien Gilad Shalit de retrouver la liberté, aurait été à la tête de la cellule terroriste surnommée « groupe de Cisjordanie » et qui serait impliquée, selon les responsables israéliens, dans les fusillades meurtrières qui ont pris pour cible, la semaine dernière, des soldats et des civils en Cisjordanie.

Le neveu de Jasser, Salih Barghouti, aurait été à l’origine de la fusillade commise à proximité de l’implantation d’Ofra qui a fait sept blessés du côté israélien, notamment une femme enceinte dont le bébé a été mis prématurément au monde et qui est mort trois jours plus tard. Salih Barghouti a été tué alors que les forces de sécurité tentaient de le placer en arrestation mercredi dernier. Vingt-quatre heures plus tard, deux soldats ont été mortellement blessés par balles à l’avant-poste voisin de Givat Assaf. Les hommes armés ont pris la fuite et les forces israéliennes sont encore à leur recherche.

Les responsables militaires israéliens pensent que les deux attentats étaient liés et qu’ils avaient été dirigés depuis Gaza.

Jasser Barghouti avait été arrêté en 2003 et condamnés à neuf peines de prison à vie pour sa participation à des attentats terroristes qui avaient fait neuf morts du côté israélien lors de la Seconde Intifada.

Affiche publiée par le Hamas revendiquant l’attentat terroriste du 9 décembre 2108 à Ofra et louant le « martyr » Salih Barghouti, publiée sur le compte Twitter officiel du Hamas, le 12 décembre 2108. (Twitter)

Il avait été libéré et expulsé vers la bande de Gaza en 2011 dans le cadre d’un échange de prisonniers, en 2011. L’Etat juif avait libéré plus de 1 000 détenus sécuritaires palestiniens contre la libération de Gilad Shalit, un soldat israélien qui avait été enlevé par le Hamas le long de la frontière entre Israël et Gaza, en 2006.

Après l’accord, le vice-président du Hamas Saleh al-Arouri avait établi un « quartier-général de Cisjordanie » chargé de recruter les prisonniers originaires de Cisjordanie libérés lors de la mise en oeuvre de l’accord Shalit pour qu’ils établissent une infrastructure terroriste sur le territoire en utilisant leurs liens familiaux étendus.

Les sources de l’AP ont expliqué que Jasser Barghouti travaillait sous les ordres du chef du Hamas en Cisjordanie, Maher Obeid, et qu’il était responsable de la fondation et de la direction des cellules du Hamas dans sa ville natale de Kobar ainsi que dans les villages voisins de Bir Zeit et de Mazra al-Gharbiyya.

Selon l’article, Jasser Barghouti a fait usage de ses relations familiales pour recruter son neveu Salih et ceux qui ont commis la série de fusillades.

Les soldats israéliens opèrent en Cisjordanie (Crédit : Unité du porte-parole de l’armée)

L’accord Shalit, conclu en 2011, alors que Benjamin Netanyahu était Premier ministre, avait été très critiqué pour le nombre élevé de prisonniers sécuritaires et de terroristes palestiniens remis en liberté par Israël. Parmi ces détenus, Mahmoud Kawasme et Yahya Sinwar. Kawasme avait aidé plus tard à financer l’enlèvement et le meurtre de trois adolescents israéliens en 2014 et Sinwar a été élu à la tête du Hamas, à Gaza, en 2017.

L’année dernière, le ministre de la Défense d’alors, Avigdor Liberman, avait expliqué qu’Israël avait ré-arrêté au moins 200 terroristes libérés par l’accord Shalit pour leur implication présumée dans des actes de terrorisme ou pour leurs liens avec des attentats ayant entraîné la mort de sept Israéliens.

Le Hamas, qui a récemment revu à la baisse ses activités violentes dans la bande de Gaza alors que le groupe terroriste tentait de conclure un cessez-le-feu avec Israël, a renforcé ses initiatives en Cisjordanie, selon les responsables israéliens de la Défense.

Sur cette photographie non datée, des soldats israéliens recherchent les terroristes qui ont commis un attentat à l’arrêt d’autobus à l’extérieur de l’implantation d’Ofra, près de Ramallah, le 9 décembre 2018, où sept israéliens, dont une femme enceinte, ont été blessés lors d’une fusillade. (Armée israélienne)

Un officier haut gradé du commandement central de l’armée israélienne a estimé la semaine dernière que le groupe terroriste de Gaza était « le mouvement le plus violent en Cisjordanie, tentant en permanence de commettre des attentats terroristes ».

Dans sa traque des terroristes en fuite et impliqués dans l’attaque de Givat Assaf, l’armée israélienne a envoyé des bataillons d’infanterie supplémentaires en Cisjordanie et créé une unité de commandement qui se consacre à superviser les recherches.

Les militaires ont placé des check-points aux entrées et aux sorties de Ramallah et d’autres villes et villages avoisinants. Ils ont mené des raids d’arrestation extensifs en Cisjordanie, appréhendant environ 37 membres du Hamas, dont des responsables de cellules, et ils ont installé des troupes supplémentaires autour des routes et dans les implantations de la région pour empêcher les attentats et pour répondre de manière plus efficace aux éventuelles agressions.

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