Un journaliste irlandais s’excuse après son article jugé « antisémite »
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Un journaliste irlandais s’excuse après son article jugé « antisémite »

Kevin Myers dit que sa carrière est probablement terminée mais qu'il éprouve un "remords sincère" après la rubrique écrite au sujet de stars juives de la télévision

Le journaliste limogé Kevin Myers s'exprime sur les ondes de la station de radio RTÉ Today irlandaise, le 1er août 2017 (Capture d'écran :  RTÉ news)
Le journaliste limogé Kevin Myers s'exprime sur les ondes de la station de radio RTÉ Today irlandaise, le 1er août 2017 (Capture d'écran : RTÉ news)

Un journaliste irlandais a présenté des excuses mardi après avoir été renvoyé pour avoir écrit un éditorial perçu comme antisémite et sexiste, affirmant que sa carrière est dorénavant terminée.

Le Sunday Times a limogé Kevin Myers après que ce dernier a suggéré que les présentatrices de la BBC Vanessa Feltz et Claudia Winkleman étaient parvenues à négocier des salaires plus élevés parce qu’elles étaient juives.

Dans la rubrique incriminée, intitulée « Désolé mesdames – l’égalité salariale doit être méritée », Myers a écrit : « les Juifs ne sont pas habituellement remarqués pour leur insistance à vendre leurs talents au prix le plus bas possible ».

Myers a déclaré à la chaîne d’information irlandaise RTE news qu’il avait présenté ses plus sincères excuses à Felt et à Winkleman.

« Je suis vraiment, vraiment désolé d’avoir pu les offenser ainsi et je leur dois des excuses pour aucune autre raison que le remords sincère du mal que j’ai pu leur faire, mais j’ai prononcé ces mots par respect pour la religion qui est la leur », a dit Myers.

« Et pour cette religion pour laquelle j’éprouve encore beaucoup de respect, particulièrement pour les membres irlandais de cette région qui n’ont généralement jamais mâché leurs mots pour prendre ma défense », a-t-il ajouté.

Lundi, le Conseil Représentatif Juif d’Irlande a déclaré que qualifier Myers d’antisémite ou de négationniste était « une déformation absolue des faits ».

« Plus que n’importe quel journaliste irlandais, il a écrit des articles sur les détails de l’Holocauste pendant les trente dernières années et tous ces éléments n’auraient autrement pas été connus par une partie importante du public irlandais », a déclaré le président du Conseil Maurice Cohen dans un communiqué, selon The Irish Times.

Vanessa Feltz (Crédit : capture d'écran YouTube)
Vanessa Feltz (Crédit : capture d’écran YouTube)

Cohen a insisté que Myers n’était pas antisémite, mais avec son « style grincheux et particulier » il « s’est pris les pieds par inadvertance dans une rhétorique antisémite ».

Myers avait écrit un article dans le passé dans le journal Irish Independent affirmant que l’Holocauste n’avait pas existé pour protester contre les lois européennes sanctionnant le déni de la Shoah. Cet article a été supprimé lundi du site internet du journal après que Myers a suscité l’indignation en raison de sa rubrique dans le Sunday Times.

 Claudia Winkleman (Capture d'écran : Youtube)
Claudia Winkleman (Capture d’écran : Youtube)

Dans ses excuses, Myers a estimé qu’il avait fait une erreur en utilisant la religion dans son dernier article.

« Je me suis bêtement référé à leur religion comme étant une motivation. En fait, il y aurait un bon article à faire à ce sujet mais il ne devrait pas être réfléchi à partir d’une ligne désinvolte qui ne peut pas être comprise », a-t-il dit. « Cela a été stupide de ma part, l’enrobage d’une question si complexe dans une seule phrase… L’un de mes défauts est de traiter de sujets majeurs avec une écriture désinvolte ».

Il a malgré tout nié une motivation antisémite et a affirmé être un admirateur du peuple juif.

« Mon public juif comprendra que je suis un grand admirateur du peuple juif et je pense que ce sont les esprits les plus doués qui n’ont jamais existé sur cette planète et que la civilisation a une dette immense envers eux ».

Myers a endossé l’entière responsabilité de son article, admettant qu’il ne pourra probablement plus jamais retravailler dans le journalisme.

Il a indiqué que même si cinq ou six personnes avaient relu l’article avant sa publication, il ne voulait pas que qui que ce soit d’autre ne perde son emploi en raison de l’incident.

Un rédacteur de l’édition irlandaise du Sunday Times a présenté ses excuses pour l’article dimanche, disant qu’il assumait toute la responsabilité de sa publication.

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