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Un journaliste juif américain condamné à 11 ans de prison au Myanmar

Danny Fenster a été arrêté par la junte militaire début 2021 ; les groupes de défense des droits de l'homme qualifient la décision de "parodie de justice dans un tribunal fantoche"

Danny Fenster, à droite, avec son frère Bryan lors du mariage d'un ami à Cracovie, en Pologne, en septembre 2019. (Crédit : Bryan Fenster via JTA)
Danny Fenster, à droite, avec son frère Bryan lors du mariage d'un ami à Cracovie, en Pologne, en septembre 2019. (Crédit : Bryan Fenster via JTA)

JTA – Danny Fenster, un journaliste juif américain emprisonné au Myanmar depuis mai, a été condamné à une peine de 11 ans vendredi dans ce que les groupes de défense des droits de l’homme ont appelé « une parodie de justice dans un tribunal fantoche. »

Fenster a été reconnu coupable d’association illégale avec un groupe illégal, d’encouragement à la dissidence et de violation de visa.

La peine de prison était la peine maximale possible, a déclaré à la presse son avocat, U Than Zaw Aung. Fenster a été reconnu coupable de trois chefs d’accusation, tous liés à son travail de journaliste pour des medias d’information de langue anglaise dans le pays.

Than Zaw Aung a déclaré au New York Times que Fenster, qui a fondu en larmes en entendant la sentence, ne ferait pas appel de la décision parce que les militaires du Myanmar, qui ont pris le pouvoir lors d’un coup d’État en février, contrôlent les tribunaux, et « qu’il importe peu qu’il fasse appel ou non ».

Dans leurs accusations contre Fenster, qui vit et travaille au Myanmar depuis 2019, les militaires ont déclaré à tort qu’il continue de travailler pour le site d’information interdit Myanmar Now ; en réalité, il est le rédacteur en chef de Frontier Myanmar.

Fenster, petit-fils de survivants de la Shoah, est détenu à la prison d’Insein à Yangon. Cette prison est réputée pour ses conditions de détention difficiles, notamment pour les prisonniers politiques. L’armée a déposé cette semaine deux autres chefs d’accusation contre lui, chacun étant assorti d’une peine maximale de 20 ans.

Depuis l’arrestation de Fenster il y a six mois, alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour rendre visite à sa famille, sa ville natale de Huntington Woods, dans le Michigan, est devenue un point de ralliement central pour sa libération. De nombreuses maisons de la banlieue de Détroit affichent des panneaux « Free Fenster » sur leur pelouse, et sa famille a organisé des rassemblements auxquels a participé Andy Levin, membre du Congrès local. Un groupe Facebook créé par la famille Fenster, intitulé « Bring Danny Home », compte près de 6 000 membres et fait régulièrement le point sur sa situation.

Le département d’État américain affirme qu’il continue de travailler à la libération de Fenster. Un ancien diplomate américain, Bill Richardson, s’est récemment rendu au Myanmar et a rencontré le chef de la junte pour négocier la libération d’un autre prisonnier politique. Cette visite a été critiquée par les groupes de défense des droits de l’homme, qui ont estimé qu’elle légitimait le pouvoir de la junte. M. Richardson a déclaré que les États-Unis lui avaient demandé de ne pas tenter de négocier la libération de Fenster.

Dans un récent message posté sur le groupe Facebook « Bring Danny Home », on peut lire : « Nous souhaitons plus que tout que Danny soit ramené à la maison auprès de cette communauté qui l’aime tant ».

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