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Un juge de Haïfa blanchit le policier hors service qui avait tué Solomon Tekah, 19 ans, en 2019

Tekah, un jeune issu de la communauté éthiopienne d'Israël, avait été tué par une balle tirée par l'agent, qui avait ricoché sur le sol pendant un incident violent survenu à Haïfa

Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Des proches et des sympathisants assistent à une cérémonie à la mémoire de Solomon Tekah, 19 ans, éthiopien et israélien, tué par balle par un policier en dehors de ses heures de services à Kiryat Haim, le 10 juillet 2019. (Photo : Flash90)
Des proches et des sympathisants assistent à une cérémonie à la mémoire de Solomon Tekah, 19 ans, éthiopien et israélien, tué par balle par un policier en dehors de ses heures de services à Kiryat Haim, le 10 juillet 2019. (Photo : Flash90)

Le policier hors-service qui était accusé d’homicide par négligence dans l’affaire de la mort de Solomon Tekah, en 2019 – il avait tiré des coups de semonce en direction du sol et non pas en l’air – a été reconnu non-coupable par la Cour des magistrats de Haïfa.

Tekah, un jeune homme de 19 ans issu de la communauté éthiopienne d’Israël, avait été tué par une balle tirée par l’agent – une balle qui avait ricoché sur le sol, à la suite d’une violente attaque au cours de laquelle Tekah et quatre autres jeunes ont jeté des pierres sur le policier, a estimé le tribunal.

Le juge Zaid Falah a estimé que les preuves, y compris l’analyse médico-légale des échantillons d’ADN prélevés lors de l’incident, démontraient que la vie de l’officier de police était en danger lors de l’attaque dont il a fait l’objet, de même que la vie de sa femme et de ses trois enfants qui se trouvaient avec lui à ce moment-là, et que le coup de semonce qu’il a tiré constituait une décision raisonnable.

Il a également jugé que même si le risque causé par le tir de sommation n’avait pas été raisonnable, les critères de la légitime défense étaient remplis dans les circonstances de l’affaire et que l’officier de police aurait donc été justifié de prendre des mesures plus sévères.

La mort du jeune homme avait entraîné de nouvelles accusations de violences policières et de discrimination à l’encontre de la communauté éthiopienne israélienne, avec de graves émeutes qui avaient eu lieu dans le pays.

Le nom du policier impliqué a été placé sous embargo par la justice.

La famille de Tekah a critiqué la décision du tribunal, sa mère ayant déclaré aux médias à l’extérieur du tribunal que justice n’avait pas été rendue. Le Département des enquêtes internes de la police (DIPI), qui a déposé l’acte d’accusation contre le policier, a indiqué qu’il envisagerait de faire appel de la décision.

Des membres de la famille de Solomon Tekah devant le tribunal de Haïfa après la décision du tribunal acquittant le policier qui lui a tiré dessus d’homicide involontaire par négligence, le 2 avril 2024. (Crédit : Flash90)

Avant de lire le jugement, le juge a établi les détails factuels de l’affaire. Quatre des jeunes impliqués, hormis Tekah, se sont disputés pour une question d’argent, ce qui a conduit le policier à s’approcher du groupe et à se présenter comme un policier qui n’était pas en service.

Tekah s’est présenté, et les jeunes, âgés de 16, 15, 14 et 13 ans, ont commencé à agresser verbalement et à se moquer de l’officier de police, qui s’est alors éloigné de la scène et est retourné vers sa famille, avec laquelle il a ensuite cherché à quitter le secteur.

Les jeunes, dont Tekah, ont cependant suivi le policier et ont commencé à lui jeter des pierres, qui l’ont atteint sur plusieurs parties du corps, y compris la nuque, a déclaré Falah.

Le policier a appelé la numéro 100 des services d’urgence et a demandé à ce qu’une voiture de police soit dépêchée sur les lieux. Au cours de cet appel, on peut entendre l’un des jeunes menacer de lancer un parpaing sur le policier.

À ce stade, le policier a sorti son arme de poing et l’a braquée sur les jeunes, les sommant de reculer. Comme ils ne l’ont pas fait, et alors que Tekah tenait toujours une pierre dans sa main et s’avançait vers le policier, « l’accusé a senti que sa vie et celle de sa femme et de ses enfants étaient en danger et a donc tiré une balle sur le côté du défunt, et le cœur de la balle a ricoché du bitume vers le corps du défunt et a causé sa mort », a déclaré le juge.

Falah a noté que les résultats des tests médico-légaux ont révélé que Tekah présentait de l’alcool et du THC, le composant actif du cannabis, dans son corps au moment de l’incident.

L’ADN de Tekah et de l’agent de police a été retrouvé sur quatre des neuf pierres analysées lors de l’enquête, ce qui, selon le juge, prouve que Tekah a manipulé les pierres et que l’agent de police a été blessé par les pierres qui lui ont été lancées.

Falah a également noté qu’un expert médical avait déclaré que la pierre qui avait touché le policier à la nuque aurait pu le tuer.

Le policier accusé d’avoir tué Solomon Tekah à Kiryat Haim arrive pour une audience au tribunal de Haïfa, le 2 avril 2024. (Crédit : Gideon Markowicz/Pool)

Il a ajouté qu’il jugeait peu fiables les dépositions des témoins oculaires des jeunes impliqués dans l’incident, affirmant qu’ils s’étaient contredits dans leurs déclarations à la police et que les éléments de preuve dans l’affaire contredisaient leurs dépositions.

« Je suis convaincu que l’accusé se trouvait dans une situation qui mettait sa vie en danger et qu’il courait un risque réel, concret et immédiat d’atteinte à son intégrité physique, de sorte que, malgré les conséquences graves de ses actes, il a sauvé sa propre vie et celle de sa famille », a déclaré Falah en lisant le verdict au tribunal.

« Je suis donc convaincu que le coup de feu tiré par l’accusé était justifié, en raison de cette menace réelle. Le risque pris par l’accusé en tirant sur le disparu n’était pas déraisonnable et était nécessaire, compte tenu des circonstances », a poursuivi le juge.

« J’ai conclu que les critères de la légitime défense étaient réunis dans cet incident. Après que l’accusé a été blessé, le défunt et ses amis n’ont pas cessé de l’attaquer et, au moment du tir, ils continuaient à tenir des pierres et n’ont pas écouté les avertissements de l’accusé qui leur demandait de reculer.’

« Le coup de semonce visait à neutraliser le danger, à éloigner les agresseurs et à les empêcher de mettre à exécution la menace qui pesait sur sa vie, son corps et celui de sa famille ».

Le juge a déclaré qu’il acquittait donc le policier de l’accusation d’homicide involontaire par négligence, car cette accusation exige que le suspect ait pris un risque déraisonnable pour la vie de la victime, ce qui, selon le juge Falah, n’était pas le cas.

Il a estimé que, quoi qu’il en soit, les critères de la légitime défense étaient remplis dans l’incident, ce qui signifie qu’une action entraînant un risque élevé pour la victime aurait de toute façon été justifiée.

S’adressant à la famille de Tekah, Falah a reconnu qu’il pourrait être difficile pour elle d’accepter sa décision et que celle-ci pourrait la mettre en colère et lui donner un sentiment d’injustice.

Le juge Zaid Falah du tribunal de Haïfa arrive pour prononcer le verdict dans le procès d’un officier de police accusé de l’homicide involontaire par négligence de Solomon Tekah en 2019, le 2 avril 2024. (Crédit : Gideon Markowicz/Pool)

« La justice n’agit pas d’un seul côté, mais des deux côtés, en ce sens que la justice peut conduire à la condamnation de l’accusé, mais la même justice peut aussi conduire à son acquittement, comme cela s’est produit dans ce cas », a toutefois déclaré le magistrat.

« J’exprime à nouveau mes plus sincères condoléances à la suite de la perte de votre fils, tout en précisant que sa mort n’a pas été causée par un crime. »

« Justice n’a pas été rendue », selon la mère de Tekah

Après l’annonce de l’acquittement du policier par Falah, la mère de Tekah a qualifié la décision de « très douloureuse » et décevante.

« Nous avions un petit espoir et il a été anéanti. Il n’y a pas de justice », a-t-elle déclaré selon la Treizième chaîne

À la suite de la décision, la DIPI a déclaré qu’elle allait « étudier la décision » et évaluer nos options », laissant entendre un éventuel appel de la décision.

Le DIPI a souligné dans sa réponse que l’acte d’accusation contre le policier était lié au fait qu’il avait tiré au sol, près des pieds de Tekah, ce qui, selon lui, était « en totale violation des règlements et procédures de la police qui autorisent dans de telles circonstances des tirs d’avertissement en l’air tout au plus ».

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