Un juif hassidique, accusé de violence sur enfants, a fui Israël en plein procès
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Un juif hassidique, accusé de violence sur enfants, a fui Israël en plein procès

Elazar Rompler, accusé d'avoir frappé des enfants quand il était directeur de l'école Lev Tahor au Canada, s'est enfui au Guatemala, malgré une interdiction de quitter le pays

Elazar Rompler, de la communauté hassidique de Lev Tahor, arrive au tribunal de district de Jérusalem pour une audience, le 26 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Elazar Rompler, de la communauté hassidique de Lev Tahor, arrive au tribunal de district de Jérusalem pour une audience, le 26 mai 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Un membre de la communauté hassidique Lev Tahor s’est échappé d’Israël pour se rendre au Guatemala, a déclaré son avocat mardi, six mois après avoir été inculpé pour comportement violent envers des enfants âgés de 9 à 10 ans.

Le rabbin Elazar Rompler, 46 ans, a été accusé en mai au tribunal de district de Jérusalem d’avoir agressé et maltraité des enfants psychologiquement et physiquement en 2009-2011, alors qu’il était directeur d’une école appartenant à la communauté marginale au Canada.

Un ancien membre de la communauté religieuse a déclaré que Rompler, qui était responsable de la casheroute, aurait affamé les enfants en leur interdisant de manger presque tout. Il aurait également interdit à certains de prendre des médicaments – même en cas de besoin urgent – sans son accord écrit.

Dans un cas, selon l’acte d’accusation, Rompler a fait déshabiller, attacher et battre un enfant pendant plusieurs heures parce qu’il était soupçonné d’avoir volé de l’argent dans une tsedaka.

Dans un autre cas, il est accusé d’avoir demandé à d’autres enseignants de maintenir un enfant au sol et de l’avoir battu à plusieurs reprises pour avoir prétendument menti sur le fait qu’il avait besoin de lunettes.

M. Rompler a laissé une lettre de 17 pages à son avocat, Gabriel Tronisoili, qui a informé le tribunal de l’évolution de la situation mardi, peu avant une audience qui avait été prévue dans cette affaire.

On ne sait pas exactement comment Rompler a réussi à quitter Israël.

Lev Tahor, qui compte environ 230 membres, a souvent déménagé pour échapper à des accusations pénales.

En 2014, l’organisation a quitté le Canada pour le Guatemala à la suite d’allégations de mauvais traitements infligés à ses enfants, notamment des sévices et des mariages d’enfants. En 2017, ses membres auraient traversé la frontière mexicaine, mais seraient depuis rentrés au Guatemala.

Des filles de la communauté hassidique Lev Tahor, à Chatham, en Ontario, en décembre 2013. (Capture d’écran : YouTube)

Rompler a été arrêté en décembre 2019 après son arrivée en Israël pour des raisons non précisées.

Mais malgré une injonction l’empêchant de quitter Israël, Rompler a réussi à se rendre au Guatemala, affirmant qu’il ne bénéficierait pas d’un procès équitable et qu’il voulait voir sa famille.

« Il a souligné que ce n’est pas par manque de respect pour le tribunal, mais parce qu’il a le sentiment qu’en raison de la pression exercée sur lui et sur tout ce qui concerne Lev Tahor, il ne bénéficiera pas d’un procès équitable et sera contraint de subir une longue procédure judiciaire alors qu’il est sous des conditions restrictives et ne pourra pas voir sa femme et ses enfants », a écrit M. Tronisoili dans un document remis au tribunal.

Tronisoili a demandé au tribunal de reporter l’audience. Les procureurs ont demandé un délai de 30 jours pour examiner l’affaire.

D’autres membres de Lev Tahor ont déjà été inculpés aux États-Unis pour sévices à enfant, notamment des enlèvements et des mariages de mineurs. Les mariages arrangés entre des adolescents et des personnes plus âgées seraient fréquents. Les membres de ce groupe fuient la technologie et les femmes portent des robes noires de la tête aux pieds, ne laissant apparaître que leur visage. Ils rejettent également l’État d’Israël, affirmant que la nation juive ne peut être restaurée que par Dieu, et non par les hommes.

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