Israël en guerre - Jour 251

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Un meurtrier palestinien reconnu comme fou, et donc pas comme un terroriste

La décision en lien avec l'assassinat d'Adiel Kolman, du procureur général, pourrait avoir des répercussions pour les agressions dont l'assaillant plaide la folie

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Adiel Kolman, qui a été tué lors d'une attaque au couteau dans la Vieille Ville de Jérusalem le 19 mars 2018 (Autorisation).
Adiel Kolman, qui a été tué lors d'une attaque au couteau dans la Vieille Ville de Jérusalem le 19 mars 2018 (Autorisation).

Le ministère de la Justice a décidé lundi qu’un agresseur palestinien ayant poignardé un Israélien à mort à Jérusalem plus tôt cette année n’était pas un terroriste parce qu’il était atteint de maladie mentale.

La décision s’appuyait sur un avis juridique rendu par le procureur général Avichai Mandelblit lors d’une réunion à huis clos de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset en novembre. Un avocat représentant la famille d’Adiel Kolman – qui a été poignardé à mort en mars par Abd al-Rahman Bani Fadel dans la Vieille Ville de Jérusalem – a obtenu cet avis grâce à une demande d’accès et de divulgation des informations.

Mandelblit a écrit qu’“il est important de clarifier et de souligner que la déficience mentale d’une personne crée des difficultés pour déterminer que ses actions sont motivées par le nationalisme”.

L’évaluation du procureur général a été donnée dans le cadre d’une délibération sur l’opportunité de démolir la maison de Fadel dans le village d’Aqraba, au nord de la Cisjordanie. L’agresseur, âgé de 28 ans, a été abattu par des policiers alors qu’il tentait de fuir les lieux. Soutenant que leur fils n’était pas responsable de ses actes, les parents de Fadel ont plus tard fourni aux autorités des dossiers documentant ses antécédents médicaux complexes.

Les soldats de Tsahal inspectent la maison du terroriste palestinien Abd al-Rahman Bani Fadel avant sa démolition dans le village d’Aqraba, au nord de la Cisjordanie, le 19 mars 2018. (Armée israélienne)

« En conséquence, la base sur laquelle repose l’exercice de la démolition, dont le but est de dissuader d’autres personnes d’agir en raison de motivations similaires… a été abandonnée », écrit Mandelblit.

Israël a eu fréquemment recours à la démolition d’habitations jusqu’en 2005, date à laquelle le gouvernement a décidé de cesser d’appliquer cette mesure. Cependant, en 2014, elle a été réintroduite. Les analystes de la sécurité et les responsables de la sécurité ne s’entendent pas sur l’utilité des démolitions de maisons dans la lutte contre le terrorisme, certains y voyant un moyen de dissuasion efficace contre les attaques terroristes et d’autres une forme inefficace de châtiment collectif.

La décision rendue lundi par le ministère de la Justice constituait la première fois que l’État a déclaré que l’attentat qui a tué Kolman, un père de quatre enfants de 32 ans, n’avait aucune motivation nationaliste et, par extension, n’était pas un attentat terroriste.

Michael Litwack, l’avocat de l’association des familles endeuillées de B’tzalmo, représentant la famille Kolman, a déclaré au Times of Israel que cette décision pourrait avoir des conséquences durables dans les cas futurs où un agresseur prétend être atteint de maladie mentale.

Le procureur général Avichai Mandelblit assiste à une réunion de la commission de contrôle de l’État à la Knesset, le 3 décembre 2018. (Miriam Alster/Flash90)

De plus, a-t-il affirmé, Fadel avait spécifiquement évité de cibler un Palestinien lors de son attaque.

« La seule maladie dont il souffre est la haine des Juifs », a dit M. Liwack, ajoutant que les autorités avaient jusqu’à présent refusé de transmettre les documents des parents de Fadel qui attestent ses antécédents psychiatriques.

La famille Kolman a publié un communiqué disant que l’opinion de Mandelblit était comme un autre coup porté à Adiel.

« L’État d’Israël se bat pour protéger la réputation du terroriste », a déclaré la famille.

Devant le tollé général suscité par la fuite de sa décision, le ministère de la Justice a publié un communiqué affirmant que l’Etat ne peut pas procéder à une démolition « dans le cas d’une personne non responsable de ses actes ».

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