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Un missile anti-aérien syrien explose dans le nord d’Israël

Le tir a déclenché des alertes à Umm al-Fahm et dans le nord de la Cisjordanie ; La Syrie affirme que les défenses aériennes ont engagé des "cibles hostiles" ; Tsahal riposte

Un missile anti-aérien syrien est tiré près de Damas lors d'une frappe aérienne israélienne présumée, le 9 février 2022. Un missile anti-aérien avait plus tôt explosé au-dessus du nord d'Israël (SANA)
Un missile anti-aérien syrien est tiré près de Damas lors d'une frappe aérienne israélienne présumée, le 9 février 2022. Un missile anti-aérien avait plus tôt explosé au-dessus du nord d'Israël (SANA)

Un missile antiaérien tiré depuis la Syrie a explosé dans le ciel au nord d’Israël tôt mercredi matin, déclenchant des sirènes d’alerte dans la ville d’Umm al-Fahm et dans les communautés du nord de la Cisjordanie, a annoncé l’armée.

Les résidents ont rapporté avoir entendu une forte explosion dans le secteur. Aucune victime n’a été signalée.

« Un tir a été identifié depuis le territoire syrien vers Israël. Le missile a explosé dans les airs, il n’était pas nécessaire de procéder à une interception », a déclaré Tsahal.

Des éclats d’obus ont atterri près de l’avant-poste illégal de Homesh, provoquant un petit départ d’incendie, selon Sauveteurs sans frontières, un service d’urgence juif opérant en Cisjordanie

Le missile antiaérien avait apparemment été tiré en réponse à une frappe aérienne israélienne sur des sites près de Damas. Le média d’Etat syrien SANA a déclaré que les défenses aériennes du pays « faisaient face à une agression israélienne » près de Damas. Les cibles de la frappe israélienne n’ont pas été précisées.

L’armée israélienne a déclaré qu’en réponse au missile antiaérien syrien entrant dans l’espace aérien israélien, Israël a frappé plusieurs batteries de défense aérienne syriennes à l’intérieur de la Syrie, y compris les « radars syriens et les batteries antiaériennes qui ont lancé des missiles sur les avions de l’armée de l’air israélienne ».

« Tsahal continuera à protéger l’espace aérien et la sécurité d’Israël », a déclaré le communiqué de l’armée.

Une information ultérieure de l’agence de presse SANA, citant des sources militaires, a déclaré qu’un soldat avait été tué et qu’il y avait eu cinq blessés dans les frappes israéliennes.

Il a déclaré qu’Israël avait mené deux frappes distinctes, des avions israéliens tirant des missiles depuis le sud-est de Beyrouth au Liban voisin. Environ 15 minutes plus tard, un deuxième barrage de roquettes sol-sol a été tiré depuis le plateau du Golan vers des cibles dans la région de Damas, selon SANA.

« Nos défenses aériennes ont affronté les missiles de l’agresseur et abattu certains d’entre eux », indique l’agence, ajoutant qu’en plus des victimes, les frappes ont causé des « dégâts matériels ».

Les analystes considèrent sans aucun fondement ces affirmations syriennes émises après chaque frappe aérienne, que des missiles israéliens auraient été abattus.

Des informations en provenance du Liban ont indiqué que des avions israéliens avaient été vus dans le ciel au moment de l’incident.

Il n’y a eu aucun commentaire de la part de Tsahal sur les frappes initiales présumées, conformément à sa politique d’ambiguïté concernant ses activités en Syrie.

Tsahal a réalisé des centaines de frappes aériennes en Syrie au cours de la dernière décennie en réponse aux efforts de l’Iran pour y établir un front contre Israël, et pour transférer des armes à travers le pays à ses mandataires dans la région, en particulier le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.

La Syrie, à son tour, a tiré des milliers de missiles antiaériens sur les avions israéliens et les missiles entrants, la plupart des missiles syriens explosant en vol, ou s’écrasant en mer.

L’armée de l’air israélienne prend en compte la probabilité de tirs anti-aériens intensifs lors de la planification de ses raids, dirigeant des attaques sous des angles qui empêcheraient les missiles syriens de se diriger vers Israël.

Toutefois, il est arrivé que des missiles antiaériens syriens errants n’ont pas explosé, ou de gros fragments sont retombés vers des zones peuplées en Israël ou dans les pays voisins, déclenchant des sirènes d’alerte et causant parfois des dommages légers.

En effet, de tels missiles ont déjà frappé Israël, et d’autres ont atterri au Liban et en Jordanie, causant des dégâts. L’un d’eux a même atterri une fois à Chypre, où il a provoqué un incendie de forêt.

En avril dernier, un missile syrien a explosé dans les airs après avoir traversé une grande partie de l’espace aérien israélien et finalement des fragments se sont écrasés, certains d’entre eux notamment dans la communauté d’Ashalim, à environ 40 kilomètres du réacteur nucléaire de Dimona, sans faire de blessés ou de dommages importants.

Une tentative de Tsahal d’intercepter ce missile avait échoué.

Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, et le Premier ministre Naftali Bennett lors de leur réunion à Sotchi, en Russie, le 22 octobre 2021. (Crédit : Evgeny Biyatov, Spoutnik, Kremlin Pool Photo via AP)

L’utilisation présumée par Israël de missiles sol-sol – au lieu des munitions tirées depuis des avions – est liée à une récente réunion entre le Premier ministre Naftali Bennett et le président russe Vladimir Poutine, l’un des principaux alliés du dictateur syrien Bashar Assad, qui a fourni une grande partie du système de défense aérienne de Damas. Pour éviter d’embarrasser la Russie et sa technologie militaire, Israël aurait accepté de moins utiliser de frappes aériennes, qui ont déjoué à plusieurs reprises les batteries russes.

Israël a opéré des centaines de frappes sur des cibles contrôlées par le gouvernement syrien, au fil des ans, mais a rarement reconnu ou commenté de telles opérations.

De nombreuses frappes dans le passé avaient visé le principal aéroport de la capitale Damas, par lequel l’Iran serait également soupçonné de transférer des armes de précision à ses mandataires.

Israël a reconnu qu’il cible les bases des forces iraniennes et des groupes terroristes alliés à l’Iran, en particulier le long de la frontière du Golan, comme le Hezbollah libanais, qui a des combattants déployés dans le sud de la Syrie, ainsi que des cargaisons d’armes censées être destinées à ces groupes.

Le Hezbollah se bat aux côtés des forces d’Assad dans la guerre civile qui dure depuis dix ans dans son pays.

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