Un nouveau traitement contre le cancer du cerveau développé en Israël
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Un nouveau traitement contre le cancer du cerveau développé en Israël

10% des animaux traités avec le SIXAC ont vécu "plus longtemps" et le médicament a également permis de "les guérir de la maladie", a annoncé le Centre médical Sheba

Image d'un patient atteint de cancer et sa perfusion goutte à goutte. (CIPhotos, iStock par Getty Images)
Image d'un patient atteint de cancer et sa perfusion goutte à goutte. (CIPhotos, iStock par Getty Images)

Des neuroscientifiques du centre médical Sheba-Tel Hashomer ont découvert un nouveau médicament qui, disent-ils, a « le potentiel de soigner des patients en phase terminale » d’un glioblastome (GBM), un cancer du cerveau agressif.

Le sénateur de l’Arizona John McCain est récemment mort du cancer, et selon des sources dans l’industrie médicale, il y a plus de 240 000 nouveaux cas de GBM diagnostiqués dans le monde chaque année.

Le Dr. Efrat Shavit-Stein et le professeur Yoav Chapman, neuroscientifiques israéliens, qui travaillent sur le traitement au centre de neurosciences Joseph Sagol, centre médical Sheba, ont publié leur découverte dans le numéro du 17 décembre de Frontières du magazine Neurologie.

On considère que le glioblastome est la tumeur du cerveau la plus courante et la plus mortelle. Malgré de nombreuses recherches dans le domaine, les résultats des traitements actuels sont limités et il n’y a pas de traitement pour la maladie. Il est donc nécessaire de chercher des approches novatrices, a déclaré le centre médical Sheba dans un communiqué.

Mémorial en hommage au sénateur John McCaine, en Arizone, le 30 aoput 2018. (Crédit ! AFP/ Robyn Beck)

Au cours des dernières années, la recherche a mis en évidence que la thrombine, un facteur de coagulation qui est sécrété par les cellules des tumeurs, et PAR1, le récepteur activé par des peptidases jouent un rôle dans la pathologie et la progression du gliobastome.

En se basant sur cette structure chimique, les neuroscientifiques de Sheba ont créé un médicament appelé SIXAC, un nouveau composé basé sur six acides aminés, qui inhibe l’activation de PAR1.

Le professeur Yoav Chapman,un neuroscientifique du Joseph Sagol Neuroscience Center, au centre médical Sheba (Crédit : autorisation)

« Le médicament a montré des résultats étonnants dans le modèle animal de la tumeur et nous espérons que nous pourrons rapidement l’utiliser sur des sujets humains atteints de cette terrible maladie », a déclaré le professeur Chapman dans un communiqué.

Pendant la première phase de tests, l’effet du médicament sur les cultures de cellules tumorales a été examiné. On a mis en évidence qu’il réduisait leur taux de croissance, leur capacité à créer des colonies et des extensions qui pénètrent les tissus du cerveau.

L’effet du médicament a ensuite été testé sur des animaux atteints de tumeurs cérébrales malignes très avancées. Le médicament a été administré par injection directe dans la tumeur du cerveau. Il a permis de prolonger la durée de vie des animaux et a réduit le volume de la tumeur, expliquait le communiqué. Chez 10 % des animaux, le médicament « a significativement augmenté la durée de vie et les a même guéris de la maladie », précisait le communiqué.

« Ces résultats ont renforcé le rôle important de la thrombine/PAR1 dans la progression du glioblastome. Ils suggère que le SIXAC est un nouvel outil thérapeutique pour cette maladie mortelle », ont écrit les chercheurs dans leur article. Les résultats observés chez ces animaux « laissent penser que la SIXAC a pour effet de réduire la croissance de la tumeur, de l’œdème et au final augmente la durée de vie ».

Le docteur Efrat Shavit, neuroscientifique du Joseph Sagol Neuroscience Center, au centre médical Sheba (Autorisation)

« Nos résultats suggèrent que SIXAC constituera un composé très intéressant à la fois pour étudier et moduler le PAR1 en GBM », ont déclaré les chercheurs dans leur étude. Nous espérons que le futur traitement avec le SIXAC pourra constituer une thérapie médicamenteuse qui s’ajoutera  à la radio-chimiothérapie et permettra d’améliorer le taux de survie chez les patients atteints de GBM. Il s’agira aussi d’améliorer leurs conditions de vie en réduisant l’œdème lié à la tumeur ».

L’équipe poursuit le développement du médicament et son administration, avec l’objectif de traiter des humains « dès que possible », a déclaré le docteur Shavit-Stein dans un communiqué. « A partir de maintenant, le progrès et le développement de la recherche dépendront en grande partie de l’investissement financier dans le projet ».

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