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Un officier de Tsahal condamné pour avoir secrètement filmé des soldates

Le lieutenant Rom Abergil a été rétrogradé au rang de soldat ; il a plaidé coupable pour 45 chefs d'accusation d'actes indécents et de tentative de harcèlement sexuel

Le lieutenant Rom Abergil est vu lors d'une audience devant un tribunal militaire, le 27 janvier 2022. (Capture d'écran/Ynet)
Le lieutenant Rom Abergil est vu lors d'une audience devant un tribunal militaire, le 27 janvier 2022. (Capture d'écran/Ynet)

Jeudi, un tribunal militaire a condamné un officier de Tsahal à 18 mois de prison pour avoir secrètement filmé des dizaines de femmes soldates dans des situations intimes sur une période de deux ans.

Le lieutenant Rom Abergil a plaidé coupable de 45 chefs d’accusation d’actes indécents et de tentative de harcèlement sexuel. Au moins 30 victimes ont été identifiées dans l’enquête, révélée pour la première fois par le site d’information Ynet l’année dernière.

De plus, le tribunal, dirigé par le juge colonel Shachar Greenberg, a rétrogradé Abergil au rang de soldat.

Selon Ynet, les procureurs avaient initialement requis une peine de trois ans de prison.

Lors du procès de jeudi, Abergil a présenté ses excuses à ses victimes, affirmant qu’il n’avait jamais fait circuler ou eu l’intention de faire circuler aucune des plus de 1 000 images et vidéos trouvées sur ses appareils au cours de l’enquête.

« J’ai créé un monde parallèle et déformé et je ne savais pas faire la distinction entre le bien et le mal », aurait-il déclaré.

Abergil avait initialement été accusé de 81 chefs d’actes indécents et de tentative de harcèlement sexuel, mais cela a été réduit dans le cadre d’une négociation de plaidoyer.

Bien que la peine a été plus légère que ce que les procureurs avaient demandé, Greenberg a déclaré que la dissuasion était nécessaire au milieu de cas similaires observés dans l’armée au cours de la dernière année.

« Une sanction dissuasive est justifiée compte tenu de la prévalence du phénomène et de la possibilité d’accomplir les actes par toute personne en possession d’un téléphone », a déclaré Greenberg.

Illustration : Femmes soldats du bataillon Bardales lors d’un entraînement, le 13 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Abergil a été accusé d’avoir méticuleusement planifié les prises de photographies secrètes de femmes soldats nues ou peu vêtues « en utilisant une application qui permet de prendre des photos sur le téléphone alors qu’il semble éteint », a déclaré Greenberg.

L’enquête initiale a révélé qu’Abergil avait édité les vidéos et les photos qu’il avait prises en secret et les avait conservées dans des dossiers organisés.

La condamnation d’Abergil fait suite à deux incidents très médiatisés d’infractions sexuelles présumées contre des femmes soldats.

Le lieutenant-colonel Dan Sharoni a été inculpé en décembre pour 79 chefs d’accusation liés au fait qu’il aurait filmé des dizaines de ses subordonnées, alors qu’elles étaient nues, à leur insu, et collecté des images sexuelles de soldates, ainsi que de civiles, au cours de huit ans au moins.

Enfin, en décembre, un officier d’une unité d’élite de la marine a été inculpé de trois chefs d’accusation de viol sur une soldate, dans une affaire qui a ébranlé le service.

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