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Un Palestinien qui avait planifié un attentat innocenté

Muatez Beri s'est promené dans Rosh Haayin avec un pistolet pendant deux heures en s’écartant à plusieurs reprises de potentielles victimes, avant d'être arrêté par la police

Début des travaux de construction pour rénover une section de la barrière de sécurité en Cisjordanie, le 21 juin 2022. (Crédit : Ministère de la Défense)
Début des travaux de construction pour rénover une section de la barrière de sécurité en Cisjordanie, le 21 juin 2022. (Crédit : Ministère de la Défense)

Un tribunal israélien a innocenté jeudi un Palestinien qui prévoyait de perpétrer une fusillade dans une ville israélienne après avoir apparemment renoncé au dernier moment.

Selon les documents judiciaires, en septembre 2020, Muatez Beri s’est promené dans la ville de Rosh Haayin avec un pistolet chargé pendant deux heures, s’intéressant à plusieurs victimes mais sans aller plus loin, jusqu’à ce qu’il soit finalement arrêté par la police.

Le juge Rani Amar, du tribunal militaire du Conseil régional de Samarie, a rejeté les charges de tentative de meurtre portée par l’accusation, notant que Beri n’a jamais mis son plan à exécution et citant sa pleine coopération lors de l’enquête et les regrets exprimés.

Amar a ajouté que le fait d’innocenter Beri pour tentative de meurtre enverrait également un message aux autres terroristes potentiels et qu’il « est possible de faire machine arrière, ce qui constitue une défense contre l’un des crimes les plus graves du droit israélien ».

Beri a toutefois été reconnu coupable de charges moins lourdes, notamment de port d’arme, de trafic d’armes, d’entrée illégale en Israël et de jet de pierres.

Selon l’acte d’accusation, Beri, qui travaillait à Rosh Haayin, a acheté une arme à feu pour se défendre contre un entrepreneur juif, en 2019. Un an plus tard, après que sa concubine a été tuée dans un accident de la route, Beri a décidé de se suicider en menant une attaque par balles contre des Israéliens, espérant être abattu dans le processus.

Pénétrant à Rosh Haayin depuis la Cisjordanie via une brèche dans la clôture de sécurité, Beri a d’abord rencontré une mère avec sa jeune fille, mais a réfléchi à deux fois lorsque la fille a appelé sa mère. Une deuxième victime potentielle dans une voiture a été épargnée lorsque Beri a remarqué un bébé sur la banquette arrière.

Illustration : Une arme à feu et des balles (Crédit : Somboon Kaeoboonsong ; iStock by Getty Images)

Il est ensuite tombé sur un groupe d’ouvriers et a pensé à tirer sur l’un d’eux, mais il ne voulait pas blesser des personnes qui essayaient simplement de gagner leur vie. Au bout de deux heures, il a finalement été arrêté par des policiers qui avaient été informés d’un potentiel attentat.

L’accusation a fait valoir que même si Beri n’a pas commis d’attentat, il en avait eu l’intention et n’avait simplement pas trouvé de victime « convenable ».

L’avocate de la défense a avancé qu’il était activement revenu sur sa décision de commettre un attentat. Elle a noté qu’il aurait pu tirer sur les policiers qui l’ont approché mais qu’il ne l’a pas fait.

Des responsables de la sécurité, dont l’identité n’a pas été révélée, ont déclaré à la Douzième chaîne que la décision en faveur de Beri envoyait un « message problématique » et que le tribunal avait accepté de « fausses déclarations » de regret.

« S’il avait réellement regretté, pourquoi n’a-t-il pas déchargé son arme ? Au lieu de cela, il l’a maintenu cachée dans son pantalon », ont déclaré les fonctionnaires.

L’avocate de Beri, Merav Khoury, s’est félicitée de la décision du juge Amar, convenant qu’elle « encouragerait les auteurs d’actes criminels à freiner leurs actions avant de perpétrer un attentat, ce qui pourrait sauver des vies. »

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