Un père au policier de Meron : « Vous avez sauvé mon fils, et sauvé le monde »
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Un père au policier de Meron : « Vous avez sauvé mon fils, et sauvé le monde »

"Rami n'a pas demandé à quel parti j'appartenais ou si j'étais bédouin ou arabe. Rami nous a sauvés", a dit Avigdor Hayut, dont le fils aîné Yedidia a été tué dans la catastrophe

L'officier de police Rami Alwan étreint Shmuel Hayut, qu'il a sauvé à Meron. Le père Avigdor Hayut se trouve à gauche, dans leur maison à Bnei Brak, le 3 mai 2021. (Flash90)
L'officier de police Rami Alwan étreint Shmuel Hayut, qu'il a sauvé à Meron. Le père Avigdor Hayut se trouve à gauche, dans leur maison à Bnei Brak, le 3 mai 2021. (Flash90)

Lundi, un homme a pu revoir l’officier de police qui l’a sauvé, lui et son fils, la semaine dernière au mont Meron. L’officier s’est rendu à leur domicile de Bnei Brak, où ils pleuraient un deuxième fils tué dans la tragédie.

Avigdor Hayut a dit à Rami Alwan qu’il voulait le remercier du fond du cœur pour avoir sauvé son enfant, paraphrasant la phrase talmudique selon laquelle « celui qui sauve une vie, sauve le monde ».

« Rami ne m’a pas demandé à quel parti j’appartenais, à quel courant [du judaïsme] j’appartenais, ou si j’étais bédouin ou arabe. Rami nous a sauvés », a déclaré Hayut.

« Quiconque sauve une âme en Israël, c’est comme s’il sauvait le monde entier. Rami, tu as sauvé mon enfant, et pour moi tu as sauvé le monde entier », a-t-il dit.

Le rabbin Avigdor Hayut (centre) et son fils Shmuel (droite) rencontrent l’officier de police Rami Alwan (gauche) qui leur a sauvé la vie au mont Meron, à leur domicile à Bnei Brak, le 3 mai 2021. (Flash90)

Hayut se souvient du moment, au milieu de tout ce chaos, où Alwan l’a repéré et a réussi à sauver son fils Shmuel.

« J’étais au sol avec toute la masse de gens qui étaient au-dessus de nous. Mon fils était à ma droite et mon fils aîné était à quelques mètres de nous », a déclaré Hayut. « J’ai vu Alwan et il m’a crié : ‘Donne-moi la main, je vais te sortir de là’. Mais je lui ai dit : ‘Sauve le garçon’. »

Alwan a déclaré que la scène de la catastrophe de Meron était difficile à décrire et qu’aucune formation n’aurait pu le préparer à cette tragédie.

Yedidia Hayut, 13 ans originaire de Bnei Brak, tué dans la bousculade meurtrière du mont Méron, le 30 avril. (Autorisation)

« Il est difficile d’expliquer avec des mots ce qui s’est passé là-bas. Au milieu de tous les cris, je me suis approché d’Avigdor et il m’a dit : ‘Sauve mon enfant' », a raconté Alwan.

« J’ai essayé de les sortir tous les deux, puis un autre officier est arrivé. Nous les avons sortis ensemble et nous avons réussi à les sauver. Tout le monde criait et c’était le chaos. »

Hayut était sur le site du pèlerinage de Lag BaOmer avec ses fils Shmuel et Yedidia, 13 ans, et l’ami de son fils Moshe Levy, 14 ans.

Yedidia et Moshe ont tous deux été tués dans l’accident qui a coûté la vie à 45 personnes tôt vendredi matin. Parmi les victimes de la catastrophe de Lag BaOmer figuraient au moins une douzaine d’enfants et d’adolescents, dont deux frères, ainsi que de jeunes pères de famille et des rabbins.

« Nous avons été entraînés dans la foule », se souvient Hayut à Kan. « J’ai vu qu’il y avait extrêmement de monde et que les choses devenaient incontrôlables, alors j’ai pris la décision de partir avec les enfants. »

Moshe Levy, 14 ans, mort dans la bousculade meurtrière du mont Meron. (Autorisation)

Hayut a déclaré que lui et ses trois enfants ont été rapidement « aspirés par la foule. À un moment donné, mon fils cadet et moi avons été projetés au sol. C’est alors que nous avons perdu Yedidia et Moshe. Tous ceux qui étaient derrière nous sont tombés les uns après les autres. Je ne pouvais plus respirer. J’ai entendu mon fils crier : « ‘Papa, je meurs’. J’essayais de l’encourager, même si je sentais que la fin était proche et que je perdais toute sensation dans mon corps. »

Hayut a déclaré qu’alors qu’il était allongé sur le sol, incapable de bouger, il ne savait pas ce qui était arrivé à Shmuel, Yedidia ou Moshe. Une fois amené à l’hôpital, Hayut a continué à chercher frénétiquement des informations sur les enfants.

Alors que Shmuel a été emmené à l’hôpital avec seulement des blessures physiques mineures, Hayut n’a pas pu retrouver Yedidia ni Moshe.

« Ce n’est que vendredi après-midi, lorsque mon frère a identifié son corps à l’Institut médico-légal d’Abu Kabir, que nous avons su ce qui s’était passé », a-t-il déclaré.

Yedidia a été enterré à Bnei Brak samedi soir, et Hayut a pu quitter l’hôpital pour y assister. Moshe a été enterré vendredi à Petah Tikva.

Des personnes en deuil se rassemblent autour de la tombe lors des funérailles de Yedidia Hayut dans un cimetière de Petah Tikva, le 2 mai 2021. (AP Photo/Sebastian Scheiner)

Hayut et David, le père de Moshe Levy, se sont rencontrés dimanche à Bnei Brak pour partager leur douleur.

« Nous avons perdu deux fils. J’ai fait ce que j’ai pu », a dit Hayut en sanglotant à Levy alors qu’ils se rencontraient pour la première fois depuis la tragédie, lorsque Hayut est venu faire une visite de shiva à la famille Levy à Bnei Brak.

Le rabbin Avigdor Hayut, à gauche, et le rabbini David Levy, à droite, ont tous les deux perdu leur fils lors de la tragédie du mont Meron en Israël. (Capture d’écran)

« Nous nous sommes tenus la main tout le temps, jusqu’à ce que nous tombions et soyons jetés au sol », a raconté Hayut, qui enseigne à la yeshiva où les deux garçons étudiaient. « Moshe et Yedidia ont été séparés de nous. Je les ai perdus. Il était comme mon fils », a déclaré Hayut, qui est arrivé au foyer des Levy en fauteuil roulant en raison de ses blessures dues à l’incident.

David Levy a déclaré au radiodiffuseur public Kan que son fils avait supplié pendant des années d’être autorisé à assister aux festivités de Meron pour Lag BaOmer, et qu’il y est allé cette année en récompense de ses excellents résultats scolaires. « C’était un bon garçon. Un ange. Tout le monde l’aimait, ses amis l’aimaient. »

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