Un policier palestinien condamné pour le lynchage en 2000 à Ramallah a été libéré
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Un policier palestinien condamné pour le lynchage en 2000 à Ramallah a été libéré

Une cour militaire a réduit sa peine après avoir reconnu des problèmes sur les preuves ayant permis de condamner Hatam Faiz Khalil Magari, qui a été déporté à Gaza

Un Palestinien célébrant sur le toit d'une voiture brûlée le lynchage de deux soldats israéliens à Ramallah, le 12 octobre 2000. (Crédit : Flash90)
Un Palestinien célébrant sur le toit d'une voiture brûlée le lynchage de deux soldats israéliens à Ramallah, le 12 octobre 2000. (Crédit : Flash90)

Un policier palestinien condamné à la prison à perpétuité pour son rôle dans le lynchage de deux soldats israéliens il y a 17 ans a été libéré mercredi, après que de nouvelles preuves ont convaincu une cour militaire de réduire sa peine.

Le meurtre féroce de deux soldats dans les premières semaines de la seconde Intifada avait profondément bouleversé la société israélienne, et l’image d’un Palestinien montrant fièrement ses mains trempées de sang à la foule était devenu un funeste emblème de la longue histoire du violent conflit israélo-palestinien.

Hatam Faiz Khalil Magari avait été condamné à la prison à vie en 2004 pour avoir délibérément causé la mort de Yosef Abrahami, qui avait été battu à mort avec un autre soldat, Vadim Norzhich, pendant un atroce lynchage filmé par une équipe de télévision italienne.

Après avoir accepté que les preuves qui avaient permis l’identification de Magari comme l’un des tueurs posaient problème, la cour militaire a conclu un accord avec Magari, qui a permis de modifier le chef d’accusation initial de meurtre et autres crimes pour une condamnation pour attaque d’un soldat et échec à empêcher un crime.

Hatam Magari (Crédit : Facebook/Club des prisonniers palestiniens)
Hatam Magari (Crédit : Facebook/Club des prisonniers palestiniens)

La cour l’a ensuite condamné à 11,5 ans de prison.

Comme il a déjà purgé plus de 15 ans de prison, il a été libéré et envoyé vers la bande de Gaza.

Les deux soldats, qui s’étaient trompés de chemin en octobre 2000 et étaient arrivés à Ramallah, ville de Cisjordanie contrôlée par l’Autorité palestinienne, au début de la seconde Intifada.

Les deux hommes avaient été battus à mort, et leurs corps mutilés.

Magari avait été jugé coupable sur la base du témoignage de l’un des participants au lynchage, Bassam Hassin A-Luah, selon le quotidien Haaretz. A-Luah avait également accusé sept autres personnes.

Deux d’entre elles avaient avoué être impliquées dans les meurtres, mais aucune n’avait accusé Magari.

De plus, deux autres personnes accusées par A-Luah n’avaient jamais été poursuivies, un fait qui devait jeter le doute sur sa propre condamnation, avait affirmé Magari.

Magari, qui avait perdu un premier appel de sa condamnation et demandé un autre jugement par la suite, a également déclaré que les informations pertinentes d’autres hommes qui auraient pu modifier la décision de la cour n’avaient pas été présentées pendant son procès.

Aziz Salha waving his bloody hands after the lynch of 2 IDF reservists in Ramallah in 2000 (photo credit: screen capture, YouTube)
Aziz Salha, les mains sanglantes après le lynchage de deux réservistes de l’armée israélienne à Ramallah, en 2000. (Crédit : capture d’écran YouTube)

L’un des autres hommes impliqués dans le lynchage, Aziz Salha, est devenu connu en se tenant à une fenêtre et en montrant à la foule ses mains remplies de sang.

Il a été condamné en 2004 à la prison à vie pour son rôle dans le meurtre de Norzhich, mais a été libéré en 2011 dans le cadre de l’accord Shalit.

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