Un prêt de 400 millions de shekels sera proposé à El Al pour la sauver
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Un prêt de 400 millions de shekels sera proposé à El Al pour la sauver

Le ministère des Finances aurait conditionné cette aide à la mise en œuvre de réformes ; si les propriétaires en rejettent les termes, la compagnie risque d'être démantelée

Un Boeing 787 Dreamliner de la compagnie El Al à l'aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv le 23 août 2017 (Tomer Neuberg/Flash90).
Un Boeing 787 Dreamliner de la compagnie El Al à l'aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv le 23 août 2017 (Tomer Neuberg/Flash90).

Le ministre des Finances Moshe Kahlon a décidé dimanche d’offrir au transporteur national El Al, très éprouvé par la crise du coronavirus, une garantie de prêt soutenue par l’État d’un montant de 400 millions de dollars à condition que la compagnie aérienne accepte une série de réformes, a rapporté la Douzième chaîne.

Si la compagnie refuse l’offre et ses conditions, elle sera probablement démantelée, et en partie vendue. Comme d’autres compagnies aériennes dans le monde entier, El Al a subi d’importantes pertes en raison de la pandémie de coronavirus. Ces pertes se chiffreraient en centaines de millions de dollars.

Selon le reportage, le prêt est conditionné à l’investissement, par les propriétaires, de 100 millions de shekels dans la société, et à la mise en œuvre d’une restructuration qui permettrait de réduire les coûts annuels d’au moins 50 millions de dollars.

La compagnie devra également rembourser le gouvernement si sa valeur augmente après la crise, a précisé le reportage, tout en soulignant que le syndicat des travailleurs, lesquels sont susceptibles d’être les premiers touchés par cette restructuration, doit également approuver ces conditions.

La Treizième chaîne a rapporté vendredi que les banques estiment qu’allouer un prêt à la compagnie serait trop risqué. La part de marché d’El Al sur les liaisons vers l’Europe a été dévorée par les transporteurs low-cost, ce qui a fragilisé sa situation financière avant même l’apparition de l’épidémie.

La semaine dernière, la Treizième chaîne avait rapporté que le ministère des Finances proposera aux compagnies aériennes Israir et Arkia 100 millions de shekels (25 millions d’euros) de garanties de prêts de l’État afin d’aider les transporteurs à éviter l’effondrement à la suite de la pandémie.

Un avion Arkia à l’aéroport Ben Gourion, photo d’illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Le ministère a mis de côté un fonds pour garantir les prêts à Israir et Arkia, qui assurent des liaisons vers l’Europe principalement. Son montant ne sera pas divulgué afin de ne pas révéler les estimations de l’État concernant le risque qu’ils ne remboursent pas les prêts, selon le reportage.

Le sauvetage de ces deux petites compagnies aériennes permettrait de garantir qu’à la réouverture du trafic aérien, au moins 14 avions opérationnels quitteraient Israël – et ce quoi qu’il advienne de la situation de la compagnie El Al.

Les déplacements aériens internationaux se sont pratiquement effondrés à travers le monde en raison de la pandémie de coronavirus. Un rapport publié fin avril par l’Association internationale du transport aérien a annoncé une réduction de 80 % et prédit des pertes de plus de 300 milliards de dollars pour le secteur en raison de la crise.

Seule une poignée de vols hebdomadaires est organisée en Israël, dont une liaison quotidienne vers New York et son aéroport de Newark, dans le New Jersey, assurée par United Airlines.

Le virus a commencé à sévir alors qu’El Al s’apprêtait à inaugurer des nouveaux vols vers le Japon et l’Australie. Ces projets ont été reportés.

En réaction à ces informations, le syndicat des travailleurs d’El Al a annoncé une série de manifestations, notamment une mardi devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, pour exiger qu’il tienne sa promesse de sauver la compagnie.

La plupart des employés de la compagnie aérienne ont été placés en congés sans soldes ou remerciés.

La semaine dernière, des proches de Netanyahu, non identifiés, ont déclaré à Ynet qu’il « ne laissera pas El Al s’effondrer ».

Un agent de sécurité porte un masque de protection par crainte du coronavirus à l’aéroport international Ben Gurion, le 11 mars 2020? (Flash90)

Dimanche, un tribunal a donné le feu vert à la compagnie pour qu’elle retire 105 millions de shekels (26 millions d’euros) de son fonds de pension et d’indemnisation des employés afin de l’aider à couvrir ses coûts et à éviter la faillite.

Le tribunal a statué que le montant n’était pas dû aux employés, et qu’il pouvait donc être utilisé dans l’urgence actuelle de l’entreprise.

El Al avait initialement demandé que 354 millions de shekels (88,5 millions d’euros) de son fonds de 413 millions de shekels (103 millions d’euros) soient dégagés pour être utilisés.

Le montant final est le résultat d’un compromis entre El Al, le ministère des Finances et la Histadrout, le principal syndicat de travailleurs israéliens.

La semaine dernière, le transporteur avait informé la bourse de Tel Aviv qu’elle reportait la date de reprise des vols commerciaux, initialement prévue le 16 mai, au 30 mai.

En mars, la compagnie avait indiqué à la bourse qu’elle s’attendait à ce que son chiffre d’affaires baisse de 140 à 160 millions de dollars pour la période de janvier à avril 2020, en raison de la pandémie.

El Al a déclaré que la baisse des recettes pour le premier trimestre s’élèverait à 80-90 millions de dollars, alors qu’il s’attendait à des pertes pour la même période de 70-90 millions de dollars. Les pertes enregistrées de janvier à avril devraient s’élever à 80-90 millions de dollars et seraient compensées dans une certaine mesure par des réductions des dépenses d’exploitation, selon la compagnie aérienne.

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