Un quotidien belge s’interroge si un élu juif espionne au profit d’Israël
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Un quotidien belge s’interroge si un élu juif espionne au profit d’Israël

Michael Freilich a filmé un échange entre élus belges et représentants d'ONG pro-palestiniennes, "pour de parties tierces intéressées, comme Israël ?", écrit Bart Eeckhout

Michael Freilich, au centre, vêtu d'une kippah, lors d'une réunion avec des députés et des militants pro-Palestiniens à Bruxelles, le 7 novembre 201. (Crédit : Inge Verhelst/Belgian Federal Parliament via JTA)
Michael Freilich, au centre, vêtu d'une kippah, lors d'une réunion avec des députés et des militants pro-Palestiniens à Bruxelles, le 7 novembre 201. (Crédit : Inge Verhelst/Belgian Federal Parliament via JTA)

ANVERS, Belgique (JTA) — Le rédacteur en chef d’un quotidien belge a accusé un député juif d’espionnage pour le compte d’Israël.

Bart Eeckhout s’est exprimé contre Michael Freilich dans un éditorial intitulé « Antisémitisme » qui a été publié samedi dans le quotidien de gauche De Morgen.

Eeckhout a écrit que De Morgen a appris que l’assistant parlementaire de Freilich avait filmé plusieurs minutes d’un échange entre députés belges et représentants d’ONG pro-palestiniennes. Eeckhout a affirmé que les images ont été filmées en secret alors que Freilich a déclaré aux médias locaux que les vidéos en question ont été tournées pour être justement relayées sur les réseaux sociaux.

L’article de De Morgen ne précise pas à quoi étaient destinées les vidéos ni dans quel contexte elles ont été utilisées.

Freilich, ancien rédacteur en chef du magazine juif Joods Actueel, a été élu au Parlement en début d’année sous l’étiquette du parti de centre-droite N-VA. Il est fortement présent sur les réseaux sociaux où il relaie des vidéos et des photos diverses.

Freilich n’est pas citoyen israélien.

Un panel du Parlement a conclu que Freilich n’était pas autorisé à filmer cet échange, qui était supposé être à huis-clos. Freilich n’a pas diffusé les vidéos.

« M. Freilich était-il uniquement en train d’étoffer sa collection privée de films sur les détracteurs d’Israël ou rassemblait-il des informations pour de parties tierces intéressées, comme Israël ? », a écrit Eeckhout. « La première option relèverait de l’amateurisme, la seconde, en revanche, ressemble à de l’espionnage. »

Eeckhout a également écrit que « par coïncidence », la critique « du gouvernement israélien est assimilée à de l’antisémitisme ».

Au début de l’année, Eeckhout avait défendu le texte d’un chroniqueur de De Morgen, attribuée à tort à un chanteur juif, sur les « nez laid « des Juifs. La chronique décrit les Juifs d’Israël comme des voleurs de terre avec un complexe de supériorité religieuse, a été corrigée pour supprimer la mention sur les « nez laids ».

Freilich a déclaré à la Jewish Telegraphic Agency que l’accusation d’espionnage « le trouble ». Il évoque une mentalité « Dreyfus à l’aube de 2020 ». Alfred Dreyfus était un soldat français accusé à tort de trahison en 1894, parce qu’il était Juif.

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