Un rabbin du mouvement Habad interdit d’entrée dans la synagogue principale de Lituanie
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Un rabbin du mouvement Habad interdit d’entrée dans la synagogue principale de Lituanie

Au cours de la querelle qui les oppose depuis plus de 10 ans, Sholem Ber Krinsky aurait manqué de respect à l’égard du rabbin de la synagogue

L'arche dans la synagogue chorale de Vilnius, en Lituanie. (Crédit : capture d'écran YouTube)
L'arche dans la synagogue chorale de Vilnius, en Lituanie. (Crédit : capture d'écran YouTube)

La querelle qui a opposé les juifs lituaniens à l’émissaire du mouvement Habad dans ce pays a dégénéra, et ce rabbin est désormais persona non grata dans la synagogue principale de la ville.

Le rabbin Sholem Ber Krinksy, qui a vécu à Vilnius pendant 22 ans, a été informé par e-mail de la part du président de la Communauté juive religieuse de Vilnius, qu’il ne devait pas remettre les pieds dans la Synagogue chorale de Vilnius jusqu’à ce qu’il se soumette par écrit aux « us et coutumes » de la synagogue.

Cette mesure fait suite à une brève période de réconciliation, après laquelle des gardes ont été employés par la communauté pour empêcher Krinsky d’entrer dans la synagogue.

« Vous ne tenez pas compte des demandes faites par oral et à l’écrit, vous enjoignant de vous plier aux règles de notre synagogue », a écrit Shmuel Levin, président de communauté, dans l’e-mail adressé à Krinsky, relayé lundi par le site Defending History about Lituanian Jewry.

Levin a déclaré : « vous n’avez pas l’autorisation d’entrer dans la synagogue parce que vous ne vous pliez pas à ses règles, et notamment en manquant de respect de la synagogue. »

L’e-mail n’a pas spécifié les accusations portées à l’encontre de Krinsky.

Selon Defending History, un membre de la communauté a affirmé publiquement durant l’office du vendredi soir que les dirigeants de la communauté ont donné ordre de ne pas laisser Krinsky s’approcher de la bimah (l’estrade).

Jewish Museum of Vilnius (photo credit: Michal Shmulovich)
Musée Juif de Vilnius (Crédit: Michal Shmulovich)

En 2004, Krinsky était impliqué dans une dispute similaire, quand ses partisans et ceux de Chaim Burshtein, qui était employé par la communauté, en sont venus aux mains. Cette dispute à Vilnius fait écho aux multiples querelles qui ont opposé les émissaires Habad et les rabbins non-Habad en Europe de l’Est.

Les détracteurs du mouvement Habad s’oppose à ce qu’ils perçoivent comme du fondamentalisme. Ils estiment également que les rabbins Habad divisent inutilement les communautés déjà pauvres en effectifs. Cependant, ces dernières années, ce sentiment s’est résorbé pour laisser place à davantage de coopération et de meilleures relations entre les communautés.

Monument aux victimes juives du massacre de Poneriai, à Vilnius le 16 février 2016). 7 000 juifs ont té tués par les nazis durant la Shoah. (Crédit : AFP / Petras Malukas)
Monument aux victimes juives du massacre de Poneriai, à Vilnius le 16 février 2016). 7 000 juifs ont té tués par les nazis durant la Shoah. (Crédit : AFP / Petras Malukas)

Burshtein et Krinsky sont parvenus à un modus vivendi.

Mais la communauté juive de Lituanie a remercié Burshtein en 2015, suite à ses objections au plan gouvernemental qui visait à construire sur un ancien cimetière juif. Il a accusé Faina Kukliansky, présidente de la communauté d’autoritarisme excessif, ce qu’elle a nié.

Environ 6 000 juifs vivent actuellement en Lituanie, un pays qui comptait près de 250 000 juifs avant la Shoah.

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