Un rapport du COGAT met en lumière les Palestiniens qui, par les attaques, “veulent en réalité se suicider”
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Un rapport du COGAT met en lumière les Palestiniens qui, par les attaques, “veulent en réalité se suicider”

Le rapport examine plusieurs attaques qui auraient été commises en raison de problèmes familiaux, de dépressions, de désespoir ou de maladies mentales

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Une Palestinienne de 16 ans, inculpée de deux tentatives de meurtres pour une attaque au couteau du 23 novembre dans la capitale, devant la cour du district de Jérusalem le 11 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Une Palestinienne de 16 ans, inculpée de deux tentatives de meurtres pour une attaque au couteau du 23 novembre dans la capitale, devant la cour du district de Jérusalem le 11 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un nouveau rapport de l’armée israélienne met en lumière les attaques commises par des Palestiniens pendant les derniers 18 mois qui auraient été motivées, selon l’armée, par un désir de se suicider plutôt que pour des raisons idéologiques.

Le rapport, publié par le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), la branche du ministère de la Défense responsable des affaires civiles palestiniennes, détaille trois aveux de terroristes. Leurs actions violentes ont été le résultat d’une « histoire difficile qui les a poussés à commettre ces tentatives d’attaques suicides. »

Les aveux ont eu lieu pendant l’interrogatoire suivant les attaques, a indiqué le rapport.

Le rapport, intitulé « Derrière le couteau : comment des problèmes domestiques peuvent mener au terrorisme », détaille également trois autres exemples dans lesquels les médias, les membres de la famille ou des responsables palestiniens ont révélé que des problèmes familiaux avaient poussé des individus à commettre des attaques. »

Depuis octobre 2015, 40 Israéliens, deux Américains, un Palestinien et un Erythréen ont été assassinés dans des attaques au couteau, à la voiture bélier et à main armée.

Ahmed Manasra (au premier plan), adolescent palestinien de 14 ans, a été jugé coupable de tentative de meurtre à l'encontre de deux jeunes Israéliens pendant une attaque au couteau en octobre 2015, à sa sortie du tribunal de Jérusalem, le 25 septembre 2016. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Ahmed Manasra (au premier plan), adolescent palestinien de 14 ans, a été jugé coupable de tentative de meurtre à l’encontre de deux jeunes Israéliens lors d’ une attaque au couteau en octobre 2015, à sa sortie du tribunal de Jérusalem, le 25 septembre 2016. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Selon les chiffres de l’AFP, 250 Palestiniens, un Jordanien et un migrant soudanais ont été tués pendant cette période, la plupart d’entre eux pendant qu’ils menaient des attaques, selon Israël, et beaucoup d’autres pendant des affrontements contre les troupes en Cisjordanie et à la frontière de la bande de Gaza, ainsi que pendant des frappes aériennes israéliennes sur Gaza menées en réponse à des tirs de roquettes.

La série d’attaques palestiniennes qui a commencé en octobre 2015 a été surnommée l’intifada des « loups solitaires », car beaucoup des attaques ont été menées par des individus qui n’étaient liés à aucun groupe terroriste.

Deux fidèles musulmanes près du complexe de la mosquée Al-Aqsa, sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 7 novembre 2016. (Crédit : Sebi Berens/Flash90)
Deux fidèles musulmans près du complexe de la mosquée Al-Aqsa, sur le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 7 novembre 2016. (Crédit : Sebi Berens/Flash90)

Les attaques ont d’abord été attribuées aux tensions liées à la crainte qu’Israël ne cherche à changer le statu quo du mont du Temple à Jérusalem. Les dirigeants palestiniens ont affirmé que la cause principale de ces attaques pendant cette période était le désespoir causé par la présence militaire israélienne en Cisjordanie.

Le Hamas, groupe terroriste qui contrôle la bande de Gaza, considère chaque attaque comme liée à « l’intifada de Jérusalem ».

Les responsables de la sécurité israéliennes ont noté une chute importante du nombre d’attaques ces derniers mois.

Le rapport du COGAT affirme que les raisons d’agir des loups solitaires « peuvent dépendre mais ne sont pas limitées » aux « violences domestiques au sein du foyer (avec des membres de la famille comme des frères et des sœurs, des époux, un fiancé, etc.) ; aux critiques sociales pour un acte immoral comme un adultère, à un manque de respect pour la famille, à un échec à des examens etc. ; et des problèmes psychologiques sérieux ancrés dans la dépression, le désespoir et la maladie mentale. »

Selon le rapport, B. O., habitant de 20 ans d’Artas, a été blessé après avoir mené une attaque au couteau à Efrat. Après l’attaque, il a déclaré pendant son interrogatoire qu’il « en avait marre de sa vie et du désespoir présent dans chacun de ses actes. »

J. T., jeune femme de 20 ans de Kiton, a déclaré pendant son interrogatoire qu’elle avait mené une attaque au couteau parce que ses fiançailles avaient été annulées. S. M., 18 ans, elle, a mené une attaque après avoir raté ses examens de fin de lycée.

Scène d'une attaque au couteau à Tel Rumeida, le quartier juif de Hébron, en Cisjordanie, le 17 septembre 2016. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)
Scène d’une attaque au couteau à Tel Rumeida, le quartier juif de Hébron, en Cisjordanie, le 17 septembre 2016. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

Le rapport ajoute qu’un attaquant palestinien, H. Q. de Awarta, a été diagnostiqué schizophrène et hospitalisé pour un long moment après avoir commis une attaque au couteau.

Le rapport détaille également trois histoires où les attaquants auraient été motivés par des problèmes familiaux.

L’une de ces histoires est celle de Rukayya Abu Eid, jeune adolescente de 13 ans, qui, selon le rapport, « a grandi dans un foyer modeste » près du village d’Anata.

D’après le rapport, Abu Eid « a été réveillée un matin par sa mère lui demandant de préparer le petit déjeuner avec ses sœurs. Entre l’épluchage de pommes de terre et le moment où sa mère faisait cuire les pitas, une grosse dispute a éclaté entre Rukayya et ses sœurs. Rukayya a quitté la maison folle de rage et même si sa mère l’a cherchée, elle a pensé que Rukayya était partie dans les champs. »

« Un peu plus tard, elle a appris que Rukayya, très en colère, était arrivée à Anatot et avait tenté de poignarder des soldats, ne leur laissant pas d’autres choix que de lui tirer dessus. Elle a été tuée sur place », ajoute le rapport.

Les membres de la famille de Rukayya, 13 ans, ont témoigné à la télévision palestinienne « que la dispute familiale avait poussé Rukayya à commettre une attaque dans le but de se suicider », selon le rapport.

Le rapport du COGAT affirme que certains jeunes Palestiniens qui commettent des attaques le font afin « d’échapper à leur destin amer et d’obtenir la reconnaissance de ‘martyr’, qui les absoudra de tout comportement inhabituel ou de toute erreur, et la mort pourra fournir à leurs familles un soutien financier, par un dédommagement de l’Autorité palestinienne, et que par conséquent, ils ne seront plus un fardeau pour leurs familles.

Muhammad Nasser Tarayrah, 17 ans, du village palestinien de Bani Naim, est le terroriste qui a tué Hallel Yaffa Ariel, 13 ans, dans sa chambre à Kiryat Arba le 30 juin 2016. (Crédit : Facebook)
Muhammad Nasser Tarayrah, 17 ans, du village palestinien de Bani Naim, est le terroriste qui a tué Hallel Yaffa Ariel, 13 ans, dans sa chambre à Kiryat Arba le 30 juin 2016. (Crédit : Facebook)

L’Autorité palestinienne verse une allocation mensuelle aux familles dont un membre est considéré comme un « martyr », ce qui signifie habituellement qu’il a été tué par un Israélien pendant une attaque ou une tentative d’attaque.

Une enquête du Times of Israël montrait qu’un Palestinien de 17 ans qui a tué atrocement une fillette israélienne de 13 ans dans son lit souhaitait mourir, selon ses posts Facebook.

Dans un rapport publié six mois après le début de la vague d’attaques, le Shin Bet a indiqué que la plupart des attaquants était motivée par des « problèmes personnels », notamment par « une situation financière ou personnelle désastreuse. »

Seule une partie des attaques menées avaient des « mobiles nationalistes », selon le Shin Bet.

A lire : Les adolescents palestiniens se « suicident-ils par soldat » ?

Avi Issacharoff et Judah Ari Gross ont contribué à cet article.

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