Une Arabe israélienne retrouvée morte 4 jours après sa disparition
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Une Arabe israélienne retrouvée morte 4 jours après sa disparition

Arrestation du mari de Susan Watad, 39 ans ; un groupe de défense des droits des femmes associe l'affaire à l'inaction du gouvernement dans la lutte contre les violences familiales

Susan Watad. (Autorisation)
Susan Watad. (Autorisation)

Une Arabe israélienne a été retrouvée morte samedi soir après avoir disparu quatre jours plus tôt. Son mari a été arrêté par la police pour son implication présumée dans son décès.

Susan Watad, 39 ans, originaire de la ville arabe de Baqa al-Gharbiya, dans le nord du pays, a été portée disparue mardi dans une affaire que la police a qualifiée de meurtre présumé.

Son mari a été arrêté lors de l’enquête, avant que son corps ne soit retrouvé à l’extérieur de la communauté juive voisine de Harish, et a été placé en détention provisoire jusqu’à lundi. Il est resté silencieux tout au long de son interrogatoire.

L’une des raisons de son arrestation provient du fait qu’il a donné à la police des versions contradictoires concernant la dernière fois qu’il a vu sa femme. Un jour, il a dit qu’elle avait quitté la maison pour se rendre à pied à une clinique, alors qu’il a expliqué plus tard qu’il l’avait conduite à la clinique.

Des membres de la famille ont dit aux médias en hébreu que Watad subvenait aux besoins du foyer – elle a une fille de 16 ans – tandis que son mari était au chômage. « Nous sommes sûrs que quelqu’un lui a fait du mal, » disaient-ils avant que le corps ne soit retrouvé.

Des militants manifestent contre la violence contre les femmes, près de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 16 décembre 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’Israel Women’s Network a établi un lien entre cette affaire et une tendance plus large de femmes israéliennes – notamment dans la communauté arabe – assassinées par leurs conjoints ou d’autres hommes de leur entourage.

« Susan Watad a été assassinée cette semaine parce qu’un homme proche d’elle a décidé de mettre fin à ses jours, » a déclaré l’ONG de défense des droits des femmes dans un communiqué. « Le meurtre des femmes n’est pas une fatalité. Elle est affectée par la politique et les priorités. »

En novembre, les meurtres distincts de deux adolescentes, qui auraient été commis par des hommes qu’elles connaissaient, ont provoqué un tollé public au sujet de l’inaction du gouvernement face aux violences faites aux femmes. Le 4 décembre, des milliers de femmes de tout le pays se sont mises en grève et ont procédé à des marches et des manifestations de protestation tout au long de la journée et la semaine suivante.

« Une semaine et demie avant les élections, il est temps pour notre sécurité – 51 % de la population – d’être aussi à l’ordre du jour », a déclaré le Women’s Network. « Les partis qui ne s’engagent pas à combattre la violence contre les femmes sont indignes de notre vote. »

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