Une Arabe israélienne transgenre gagne un concours de beauté à Tel Aviv
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Une Arabe israélienne transgenre gagne un concours de beauté à Tel Aviv

Taalin Abu Hanna, 21 ans, est "fière d’être arabe israélienne" ; "dans n’importe quel autre pays arabe, je pourrais être en prison ou assassinée"

Une ballerine arabe israélienne chrétienne a gagné le premier concours de beauté transgenre d’Israël.

Taalin Abu Hanna, 21 ans, a été nommée « Miss Trans Israël » vendredi à Tel Aviv.

Abu Hanna a déclaré aux journalistes qu’elle est « fière d’être arabe israélienne », soulignant que « si je n’avais pas été en Israël et avais été ailleurs – en Palestine ou dans n’importe quel autre pays arabe – je pourrais être opprimée, ou être en prison ou assassinée ».

La résidente de Nazareth représentera Israël au concours Miss TransStar International qui se déroulera en septembre à Barcelone. Ce sera la première participation israélienne.

Elle a également gagné 15 000 dollars de bons pour des traitements de chirurgie plastique d’un hôpital de Thaïlande, plus les frais pour les voyages et le séjour à l’hôtel pendant le traitement et sa convalescence.

Taalin Abu Hanna après sa victoire au titre de Miss Trans Israël, le 27 mai 2016. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)
Taalin Abu Hanna après sa victoire au titre de Miss Trans Israël, le 27 mai 2016. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Abu Hanna a battu 11 autres finalistes, un groupe varié couvrant la diversité géographique, ethnique et religieuse d’Israël, comprenant une Russe, des musulmanes, des habitantes de Beer Sheva, de Haïfa, de Jérusalem et de Tel Aviv. Au moins une des finalistes a grandi dans la communauté juive orthodoxe haredi.

Plusieurs finalistes ont déclaré aux journalistes avoir lutté contre la désapprobation de leur famille, certaines étant finalement acceptées et pas d’autres. Caroline Khouri, de la ville arabe de Tamra, a déclaré à NBC News que les hommes de sa famille avaient essayé de l’assassiner après avoir appris ses projets de transition d’homme à femme.

« Mes cousins, mon père, mon beau-frère sont venus et m’ont battue et m’ont emportée de force et m’ont coupée les cheveux, ils m’ont attachée au lit et m’y ont laissée pendant trois jours sans nourriture », a-t-elle dit. Sauvée par la police, la jeune femme de 24 ans a déclaré qu’elle restait une étrangère pour sa famille.

Maya Smadja, finaliste de Miss Trans Israël, se prépare pour le concours à Tel Aviv, le 27 mai 2016. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)
Maya Smadja, finaliste de Miss Trans Israël, se prépare pour le concours à Tel Aviv, le 27 mai 2016. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Une concurrente ancienne orthodoxe haredi, Aylin Ben-Zaken, a déclaré qu’elle « ressemblait à un rabbin » avant sa transition, et qu’elle avait fui de chez elle à 15 ans. Mais beaucoup de membres de sa famille l’acceptent à présent, a-t-elle dit.

« Il y a trois ans, je ne parlais pas à ma mère. Maintenant elle m’aime, et je vais aux repas de Shabbat », a déclaré la jeune femme de 27 ans à NBC News.

La plupart des candidates sont danseuses ou designers.

Le concours de vendredi comprenait un défilé en maillots de bain, deux défilés en tenues de soirée et une session de questions/réponses.

Taalin Abu Hanna après sa victoire au titre de Miss Trans Israël, le 27 mai 2016. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)
Taalin Abu Hanna après sa victoire au titre de Miss Trans Israël, le 27 mai 2016. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Interrogée sur le pinkwashing, un terme utilisé pour accuser Israël d’exploiter les droits LGBT en communiquant dessus pour cacher ses abus présumés contre les Palestiniens, l’organisatrice du concours Yisraela Stephani Lev a déclaré, : « Ecoutez, il n’y a pas de propagande ici. Nous vivons à Tel Aviv, en Israël, le seul pays sain de la région, où l’on peut être homosexuel ou transgenre et où personne ne va nous jeter d’un toit ou nous assassiner. C’est simplement la réalité ici. Ce n’est pas un genre de lavage de cerveau ou de pinkwashing ou je ne sais quoi. »

Lev a déclaré que des centaines de femmes transgenres l’avaient contactée, « de Dan à Eilat, musulmanes, juives, chrétiennes, bédouines », et que trois auditions avaient été organisées en mars pour sélectionner les finalistes. Les critères ne comprennent pas que la beauté physique mais une « sorte de coexistence et de diversité », a déclaré Lev, ajoutant que « nous cherchons la coexistence, parce que c’est le début de la paix. »

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