Une cour rabbinique menace d’emprisonner un homme qui refuse de donner le guet
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Une cour rabbinique menace d’emprisonner un homme qui refuse de donner le guet

Le mari a encore 10 jours pour annuler la peine de prison de 5 ans rendue à son encontre

Un homme se tient devant le tribunal rabbinique de Jérusalem. (Crédits : Miriam Alster / Flash 90)
Un homme se tient devant le tribunal rabbinique de Jérusalem. (Crédits : Miriam Alster / Flash 90)

Un tribunal a condamné, jeudi, un homme qui a refusé pendant des années de donner le divorce à sa femme. La haute cour rabbinique à Jérusalem a prononcé sa décision, laquelle est l’une des plus dures imposées ces dernières années à un conjoint récalcitrant, a rapporté le site d’information NRG.

Dans le judaïsme orthodoxe, un mariage ne peut être annulé, sauf si l’homme accepte le guet – le mot hébreu pour désigner l’acte de divorce religieux. Les tribunaux rabbiniques – qui en Israël fonctionnent comme les tribunaux de la famille en tant que partie de l’appareil judiciaire et ont des pouvoirs exécutifs – ne peuvent pas forcer un homme à donner un guet à sa femme mais ils peuvent imposer des punitions sévères envers les hommes dont les juges déterminent qu’ils retiennent injustement le guet, transformant leurs épouses dans ce qui est connu comme étant dans le judaïsme des agounot, ou « femmes enchainées. »

Les rabbins orthodoxes ne permettront pas à une femme enchaînée de se remarier. Tout enfant né d’une agouna, hors mariage, seront à leur tour inadmissibles à un mariage juif orthodoxe.

Au cours des dernières années, le rabbinat israélien a adopté une politique de sanctions rigoureuses contre les maris qui gardent leurs épouses enchaînées ; y compris en publiant leurs noms et d’autres renseignements personnels, notamment leur lieu de travail, avec pour objectif déclaré de leur faire honte pour l’enchainement de leurs épouses.

Dans le cas examiné jeudi, « le mari n’a pas laissé à la cour d’autre alternative » à l’incarcération, a écrit le panel judiciaire composé des rabbins Eliyahu Haishreik, Aharon Katz et Michael Amos.

La peine d’emprisonnement intervient un an après que la cour a décidé que l’homme, qui est Haredi, doit libérer son épouse. Après ne pas s’être conformé à la décision, la Cour a gelé les comptes bancaires de l’individu récalcitrant et émis une interdiction de sortie du territoire israélien, lui ordonnant de remettre son passeport.

Mais l’homme, qui n’a pas été nommé dans l’article de NRG a persisté et juré de ne pas donner le guet à sa femme.

« Je ne lui donnerai jamais le get. Même si elle me donne l’appartement et les autres biens, mon tefillin et mon châle de prière, elle ne recevra pas le guet, » a-t-il déclaré à la cour.

Le tribunal rabbinique a suspendu le mandat d’arrestation pendant 10 jours dans l’espoir que le mari reconsidère sa position et libère son épouse – un scénario qui conduirait la Cour à abandonner la sanction.

« Emprisonner un individu n’est pas facile et est en fait une mesure extraordinaire et dure », ont écrit les juges.

« Mais le mari ne donne à la cour aucune autre alternative l’emportant sur la peine qu’implique une telle condamnation selon la halakha (loi juive) donnée aux sages d’Israël, qui requiert que la cour fasse tout ce qui est possible dans le cadre de ses pouvoirs pour racheter une femme de ses chaines. »

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