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Une exposition émouvante sur un enfant juif reporter en herbe à la Maison d’Izieu

Né à Vienne en 1935, Georgy est l’un des enfants de la Colonie d’Izieu ; il a été tué à Auschwitz ; une exposition retrace son parcours

La Maison d’Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés, situé en Auvergne-Rhône-Alpes, propose jusqu’au 30 septembre une exposition émouvante consacrée à Georges Halpern, dit Georgy, un enfant juif reporter en herbe assassiné à Auschwitz.

Ses 24 lettres, photos et dessins inédits, rassemblés par Beate et Serge Klarsfeld, sont ainsi exposés dans la galerie Zlatin du mémorial.

Né à Vienne (Autriche) le 30 octobre 1935, Georgy, au visage souriant et au regard vif, est l’un des enfants de la Colonie d’Izieu. Le petit Viennois est arrivé en France au début de l’année 1939, ses parents fuyant les nazis récemment installés en Autriche.

Dès la déclaration de guerre, la famille a subi les mesures de sécurité touchant les « ressortissants de puissances ennemies », puis les lois antisémites de Vichy.

Georgy a alors été confié à l’Œuvre de Secours aux Enfants (OSE), et a fait partie du premier groupe d’enfants qui s’est installé à la maison d’Izieu en mai 1943. Il avait alors 7 ans.

Reporter en herbe, il a laissé dans les courriers adressés à ses parents des descriptions pleines de vie qui nous racontent le quotidien à la maison d’Izieu, rappelant l’insouciance de l’enfance et les liens indéfectibles des parents à son enfant.

L’enfant a ensuite été déporté à Auschwitz-Birkenau le 13 avril 1944, et a été tué dans une chambre à gaz. Ses parents ont survécu à la Shoah.

Georges Halpern dit Georgy avec sa mère Sérafine et son père Julius. L’enfant a été assassiné à Auschwitz ; ses parents ont eux survécu à la Shoah. (Crédit : Maison d’Izieu / Archives Serge et Beate Klarsfeld)

Grâce au travail remarquable de recherche et de collecte réalisé par Serge et Beate Klarsfeld pour le procès de Klaus Barbie en 1987, les documents privés de la famille Halpern ont pu être sauvés ; ils sont pour l’essentiel rassemblés dans cette exposition.

Défenseur de la cause des déportés juifs de France avec son épouse Beate, Serge Klarsfeld a œuvré à l’arrestation du criminel nazi Klaus Barbie en 1983 en Bolivie. La même année, il a fait paraître le premier ouvrage de référence sur l’histoire des enfants d’Izieu. En 2020, il a confié à la Maison d’Izieu le soin de faire l’inventaire des documents qu’il avait collectés à l’occasion du procès de Klaus Barbie dans les familles des enfants.

La Maison des enfants d’Izieu est à la fois le lieu de l’arrestation des enfants d’Izieu, le 6 avril 1944, un mémorial dédié à leurs mémoires, et un monument historique.

C’est là qu’ont été accueillis, de mai 1943 à avril 1944, plus d’une centaine d’enfants soustraits aux persécutions antisémites.

Le 6 avril 1944, les 44 enfants présents dans la maison et sept éducateurs ont été raflés et déportés sur ordre de Klaus Barbie, le chef de la Gestapo à Lyon. Seule une adulte a survécu.

Les billets simples pour accéder aux expositions permanente et temporaire sont vendus au tarif de 9 euros, et sont disponibles sur le site du mémorial.

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