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Une femme forcée à changer de siège pour des prières, indemnisée par Israel Railways

Le procès pour discrimination au nom de Maya Melitz a été remporté par le Religious Action Center ; les opérateurs ferroviaires ne pourront plus demander aux femmes de se déplacer

Des hommes juifs orthodoxes portent des châles de prière pendant les offices dans un train, le 4 février 2010. Illustration (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)
Des hommes juifs orthodoxes portent des châles de prière pendant les offices dans un train, le 4 février 2010. Illustration (Crédit : Yaakov Naumi/Flash90)

Israel Railways, la société ferroviaire israélienne, va indemniser une femme qui a intenté un procès pour discrimination sexuelle après qu’un employé des chemins de fer lui a demandé de quitter son siège parce que des hommes organisaient un office de prière dans son wagon.

La compagnie ferroviaire publique a accepté dimanche la suggestion du tribunal de district de Jérusalem de verser à Maya Melitz 16 000 shekels et de ne plus exiger que qui que ce soit se déplace pour les prières des autres.

« Quel bonheur de voir que justice est faite », a écrit Maya Melitz sur Facebook.

Anat Hoffman, directrice générale du Israel Religious Action Center (IRAC), qui a contribué au dépôt de la plainte, a qualifié le résultat de « décision importante, et d’étape supplémentaire vers l’égalité des sexes dans le domaine public. »

« Les femmes ne sont pas une perturbation, et nous devrions être libres de pouvoir nous asseoir où bon nous semble – dans les bus, les avions et les trains », a déclaré Hoffman dans une déclaration de l’IRAC lundi.

Dans le cadre de l’accord, tous les employés ou prestataires de services des chemins de fer israéliens recevront des instructions claires indiquant qu’il leur est interdit de demander à quiconque de changer de siège, même pour la prière.

« Cela signifie qu’aucun wagon ne peut être réquisitionné et transformé en synagogue, empêchant ainsi les autres passagers, en particulier les femmes, de s’asseoir dans ce wagon », précise le communiqué.

L’IRAC, en collaboration avec le Israel Women’s Network, a déposé la plainte au nom de Melitz après l’incident de 2018, lorsqu’un employé a exigé qu’elle change de siège. Les plaignants avaient réclamé 66 969 shekels pour violation de la loi sur l’interdiction de la discrimination.

Les usagers orthodoxes des trains d’Israel Railways organisent fréquemment des offices de prière juifs, parfois même avec un mini-rouleau de Torah.

À l’époque, Meliz avait déclaré avoir été « choquée par la demande de quitter mon siège dans le train ».

« Le choc s’est transformé en offuscation que ma présence, simplement parce que je suis une femme, dérangeait les autres dans leur prière et que la seule solution était que je bouge », a-t-elle déclaré. « Alors que, quelques instants auparavant, j’écoutais avec un certain plaisir la prière tout en m’occupant de mes affaires, voilà que l’employé du chemin de fer tente de m’expliquer que mon existence nuisait à quelqu’un d’autre. »

En 2011, la Cour suprême a décrété que la ségrégation sexuelle forcée dans les bus publics était illégale, générant plusieurs années de lutte acharnée de la part des extrémistes ultra-orthodoxes pour préserver la ségrégation sexuelle sur les lignes de bus desservant leurs communautés.

Dans le passé, la compagnie d’autobus Egged avait mis en service des autobus ségrégués très controversés, connus sous le nom « d’autobus Mehadrin », sur certaines de leurs lignes intra cités traversant des quartiers ultra-orthodoxes.

Les autobus publics contiennent des avis informant les usagers que toute tentative de forcer d’autres passagers à quitter le siège de leur choix est une infraction pénale (à l’exception des places spécifiées pour les personnes handicapées).

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