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Une femme juive accuse des policiers de violences antisémites à Créteil

La victime a déposé plainte le 1er février, avec constitution de partie civile, pour violences à caractère sexiste et antisémite par personnes dépositaires de l'autorité publique

Capture d’écran de la vidéo de Mediapart montrant une femme de 67 ans, Juive orthodoxe, au commissariat de Créteil (Val-de-Marne), privée de sa perruque alors qu’elle venait d’être arrêtée pour un refus d’obtempérer. (Crédit : Mediapart / X)
Capture d’écran de la vidéo de Mediapart montrant une femme de 67 ans, Juive orthodoxe, au commissariat de Créteil (Val-de-Marne), privée de sa perruque alors qu’elle venait d’être arrêtée pour un refus d’obtempérer. (Crédit : Mediapart / X)

Une femme juive orthodoxe a déposé une plainte jeudi 1er février pour violences à caractère sexiste et antisémite, indiquant que des policiers du commissariat de Créteil (Val-de-Marne) lui avaient arraché sa perruque, a appris l’AFP lundi auprès de son avocat, confirmant des informations de Mediapart.

Sarah (le prénom a été changé), 67 ans, a raconté au site d’information avoir été conduite au commissariat à la suite d’un contrôle routier durant lequel les policiers l’ont accusée de refus d’obtempérer.

Menottée à un banc, elle explique avoir perdu connaissance. Quand elle a repris conscience, elle a entendu une policière dire à un de ses collègues : « Regarde, elle a une perruque sur la tête, enlève lui », ce qu’il a fait, selon la plainte qu’elle a déposée le 13 juin auprès de l’IGPN, la « police des polices », et que l’AFP a consultée.

Cette plainte a été classée sans suite pour « absence d’infraction caractérisée » fin septembre, a indiqué le parquet de Créteil, sollicité par l’AFP.

« Aucune suite administrative n’a été donnée à ce dossier par l’IGPN », a pour sa part réagi la préfecture de police de Paris.

Sarah doit être jugée le 4 mars après avoir refusé une comparution avec reconnaissance préalable de culpabilité, a ajouté le parquet, sans préciser les chefs de poursuites.

Sarah a ensuite déposé une plainte le 1er février, avec constitution de partie civile, pour violences à caractère sexiste et antisémite par personnes dépositaires de l’autorité publique, une procédure qui provoque quasi systématiquement la saisine d’un juge d’instruction.

Sur des images dévoilées par Mediapart et filmées par la caméra piéton d’un policier au commissariat, Sarah, allongée au sol, le ventre découvert, est maintenue par deux policiers hommes et crie.

« Je suis Juive, je veux qu’on me rende ma perruque », dit-elle à plusieurs reprises. Dans son témoignage à Mediapart, Sarah explique qu’elle porte une perruque depuis son mariage.

Dans sa plainte, elle indique avoir eu un malaise, auquel les policiers ne croient pas : une policière lui a enjoint « d’arrêter la comédie ».

Dans la vidéo, on entend les policiers se moquer d’elle, puis la forcer à s’asseoir pour lui rendre sa perruque qu’un fonctionnaire de police finit par lui glisser sous le bras.

« Ils se moquent d’elle parce qu’elle est Juive, alors qu’elle est dans un état de fragilité extrême », a estimé auprès de l’AFP son avocat, Me Arié Alimi.

Sarah est ensuite prise en charge par les pompiers qui, d’après sa plainte, l’ont conduite aux urgences. Elle quitte l’hôpital une heure après avec son mari, sans avoir été vue par un médecin.

Son médecin traitant, qui l’a examinée le lendemain des faits, constate dans son certificat consulté par l’AFP des « contusions et hématomes » et un « état de choc psychologique ».

« Lui retirer (sa perruque) et en faire un jeu est une atteinte à sa dignité », s’est ému Golem, le collectif juif de gauche contre l’antisémitisme dont fait partie Me Alimi.

« Traitement sexiste et antisémite de fonctionnaires de police qui déshonorent leur fonction avec de tels agissements. Soutien plein et entier à Sarah », a notamment écrit la cheffe des députés LFI Mathilde Panot (Val-de-Marne), appelant à « une enquête et des sanctions » rapides.

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