Une hausse des amendes pour les écoles qui rouvrent, enfreignant les règles ?
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Une hausse des amendes pour les écoles qui rouvrent, enfreignant les règles ?

Les responsables de l'Education et de la Santé discutent de la reprise des cours - le 1er novembre pour les CE2 et CM1- mais les parties ne sont pas d'accord pour les CP et CE1

Photo d'illustration : Une classe vide dans une école de Mevaseret Zion, en Israël, le 27 août 2019 (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Photo d'illustration : Une classe vide dans une école de Mevaseret Zion, en Israël, le 27 août 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé jeudi qu’il proposerait, la semaine prochaine, d’augmenter le montant des amendes sanctionnant les institutions éducatives qui ouvrent leurs portes en contrevenant aux mesures de confinement induites par l’épidémie de coronavirus, après la reprise des cours dans certaines écoles ultra-orthodoxes et yeshivot.

Même si les établissements scolaires de tout le pays sont officiellement fermés en raison des restrictions imposées pour limiter la propagation du virus, des écoles élémentaires haredim et des yeshivot ont accueilli les élèves – même dans des secteurs marqués par un taux d’infection élevé – en enfreignant la loi et sur l’ordre d’un éminent rabbin. Un grand nombre de responsables ultra-orthodoxes ont justifié cette initiative et la police n’a fait appliquer la loi qu’occasionnellement face à cette violation des limitations.

Les crèches et les garderies avaient eu l’autorisation de rouvrir dans la journée de dimanche.

Le montant des amendes pour les contrevenants est au cœur des débats depuis le début de la pandémie et Netanyahu n’a pas donné de détails spécifiques sur sa proposition. Le responsable de la lutte contre le coronavirus dans le pays, Ronni Gamzu, prône des amendes allant jusqu’à 50 000 shekels, mais les hauts-responsables de la police auraient déclaré, mardi, qu’il n’était pas raisonnable d’attendre des agents qu’ils distribuent des amendes d’un tel montant dans la mesure où ce serait, pour eux, difficile de le faire d’un point de vue émotionnel.

La Douzième chaîne a noté que, face à l’opposition des forces de l’ordre, le ministre de la Santé Yuli Edelstein avait proposé d’abaisser le montant des amendes à 10 000 shekels pour sanctionner les rassemblements, que ce soit lors des mariages ou dans les écoles. Les récidivistes, pour leur part, pourraient écoper d’une amende allant jusqu’à 50 000 shekels.

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, le Premier ministre a remercié les Israéliens pour leur respect des règles et pour leur démonstration de solidarité dans la lutte contre la COVID-19, tout en ajoutant que « tout le monde ne coopère pas ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le 22 octobre 2020. (Capture d’écran/Facebook)

« C’est pour cela que la semaine prochaine, au cabinet, je vais présenter un plus grand nombre d’initiatives à prendre à l’encontre de ceux qui contreviennent aux directives, avec notamment des amendes lourdes qui viendront sanctionner les institutions d’éducation qui ouvrent sans approbation préalable », a-t-il dit.

« Cette mesure n’est dirigée contre personne en particulier mais elle vise bien quelque chose de précis : la lutte contre le virus et contre la maladie. J’attends de tous, sans exception, de la coopération », a-t-il ajouté, sans désigner explicitement la communauté ultra-orthodoxe.

Cette mise en garde de Netanyahu survient alors que les responsables de la santé et de l’éducation se sont rencontrés pour s’entretenir de la réouverture des écoles élémentaires, qui sont fermées depuis plus d’un mois dans le contexte de la deuxième vague de la pandémie.

S’exprimant auprès du site d’information Ynet, Edelstein a indiqué qu’il était favorable au retour des élèves de CE2 et de CM1 en date du 1er novembre, si les chiffres de l’épidémie de coronavirus continuent à baisser dans l’intervalle.

Il a indiqué qu’accueillir les élèves de CP et CE1 serait plus compliqué, ajoutant que le ministère de l’Education devra présenter un plan garantissant la sécurité des élèves.

Ynet a fait savoir que les responsables de l’Education étaient prêts à accueillir les enfants, dans ces classes, en « capsules » – par petits groupes d’élèves – mais que ce plan nécessitait un budget supplémentaire de 5,3 milliards de shekels, cinq semaines de préparation et le recrutement de 13 000 instituteurs.

Un plan similaire de « capsules » est prêt pour les CE2 et CM1 et un budget pour ce programme est d’ores et déjà existant, a noté le site d’information, qui a ajouté que le ministère de l’Education avait, dans un premier temps, jugé l’enseignement en petits groupes non-indispensable pour les CP et les CE1. La volte-face du ministère de la Santé à ce sujet a pris le ministère de l’Education par surprise, et absolument pas préparé.

Des enfants ultra-orthodoxes du mouvement hassidique Kretshnif portent le masque en écoutant leur professeur dans une classe de la ville de Rehovot, le 10 septembre 2020. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Les discussions sur la réouverture des écoles s’intensifient alors que les chiffres de l’épidémie de coronavirus continuent à chuter dans le pays.

Selon le ministère de la Santé, qui s’est exprimé jeudi soir, il n’y a eu que 650 nouveaux cas de coronavirus enregistrés dans la journée. Mercredi, ce chiffre était de 1 099.

Si le nombre de cas actifs était de 19 344 jeudi matin, il est retombé à 17 590 dans la soirée, marquant une chute significative.

Sept personnes ont succombé à une forme grave de la maladie jeudi, portant le nombre total des décès depuis le début de l’épidémie au sein de l’Etat juif à 2 319.

Le taux de positivité des tests était de 2,7 % jeudi soir – sans changement depuis mercredi – ce qui est le chiffre le plus bas depuis le début de la deuxième vague. Au mois de septembre, le taux de positivité avait atteint les 15 %. Le nombre de tests de dépistage a augmenté ces derniers jours, avec 41 072 tests qui ont été effectués mercredi.

Une femme se fait tester au coronavirus dans un centre de dépistage à la maladie sur un terrain de basket à Ramat Gan, en Israël, le 20 octobre 2020. (Crédit : AP/Oded Balilty)

Un groupe de travail militaire a noté, dans son rapport quotidien, que l’Etat juif continuait à reprendre le contrôle de l’épidémie, ajoutant toutefois qu’en nombre absolu, le taux de morbidité était encore très élevé.

Dimanche, le confinement a commencé à être allégé et les garderies et crèches ont eu l’autorisation d’accueillir à nouveau les jeunes élèves. L’interdiction faite aux Israéliens de se déplacer au-delà d’un périmètre d’un kilomètre pour les besoins non-essentiels a été levée et les restaurants ont obtenu l’autorisation de proposer de la vente à emporter au lieu de se limiter aux livraisons.

Le cabinet dit « du coronavirus » s’est rassemblé mercredi pour évoquer la réouverture des commerces et la reprise des cours dans certains établissements scolaires, mais a reporté d’éventuelles prises de décision à la semaine prochaine. Il devrait se réunir dimanche et prendre des décisions finales dans la journée de lundi.

Au cours de la rencontre de mercredi, Netanyahu a demandé que le plan en neuf phases mis au point par le ministère de la Santé soit réagencé en cinq phases, mais les officiels de la santé ont exprimé leurs inquiétudes sur un potentiel raccourcissement de la réouverture du pays.

Suite au confinement initial induit par la première vague de coronavirus, au printemps, les responsables de la santé avaient abandonné leur plan en plusieurs phases dans un contexte de pressions exercées par les ministres et avaient rouvert presque toutes les écoles et les entreprises en une seule fois, au mois de mai. Cette gestion de sortie de crise a été considérée comme responsable, en partie, des taux d’infection qui ont grimpé en flèche dans le pays pendant la période estivale et qui ont entraîné le deuxième confinement national.

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