Israël en guerre - Jour 148

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Une initiative de l’UE soutenue par Ryad veut encourager la paix israélo-palestinienne

Des acteurs européens, arabes et mondiaux formeront des groupes de travail pour réfléchir à des avantages dont les parties pourront bénéficier si elles concluent un accord

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara rencontrent le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors des funérailles nationales du défunt président israélien Shimon Peres, au Mont Herzl à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara rencontrent le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors des funérailles nationales du défunt président israélien Shimon Peres, au Mont Herzl à Jérusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

L’Arabie saoudite, l’Union européenne (UE), la Ligue arabe et d’autres partenaires internationaux dévoileront lundi une initiative visant à inciter Israël et l’Autorité palestinienne (AP) à conclure un accord de paix.

Le « Peace Day Effort » sera présenté lors d’un événement ministériel en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Les pays participants ont formé trois groupes de travail chargés de proposer un « Peace Supporting Package », qui sera présenté à Israël et à l’AP lors de la signature d’un futur accord de paix, a déclaré au Times of Israel un haut fonctionnaire international au fait de la question.

Un premier groupe de travail définira les mécanismes potentiels de coopération régionale, politique et sécuritaire en temps de paix. Un deuxième groupe de travail élaborera des propositions de coopération économique dans des domaines tels que le commerce, l’investissement, l’innovation, les transports, les ressources naturelles et l’environnement. Enfin, un troisième groupe de travail élaborera des propositions de coopération dans les domaines humanitaire, inter-culturel et de la sécurité humaine.

L’initiative est à l’étude depuis plusieurs années et est présentée comme un effort mené conjointement par l’UE, l’Arabie saoudite et la Ligue arabe, en coopération avec la Jordanie et l’Égypte. Toutefois, des fonctionnaires familiers du projet ont déclaré que le principal moteur de cette initiative était le représentant spécial de l’UE pour le processus de paix au Moyen-Orient, Sven Koopmans.

Les partisans de ce plan affirment qu’ils cherchent à s’appuyer sur l’Initiative de paix arabe, une proposition, qui, en 2002 offrait à Israël des liens diplomatiques avec l’ensemble de la Ligue arabe si celle-ci parvenait à une solution à deux États avec les Palestiniens. Ce cadre a été mis à mal ces dernières années, plusieurs pays arabes ayant accepté de normaliser leurs relations avec Israël sans attendre la création d’un État palestinien. Même l’Arabie saoudite, principal bailleur de fonds de l’Initiative de paix arabe, est en pourparlers avec les États-Unis au sujet de la normalisation des liens avec Israël.

Le « Peace Day Effort » s’appuie également sur une offre faite en 2013 par l’UE qui présentait un « ensemble sans précédent de mesures de soutien politique, sécuritaire et économique » aux deux parties du conflit lorsqu’elles parviendraient à un accord de paix. Les termes de cette offre n’ont jamais été précisés et la formation des groupes de travail donnera aux parties l’occasion de le faire.

Sven Koopmans (Crédit : Tweede Kamer der Staten-Generaal / Wikipedia)

Cette initiative est distincte des négociations de paix, qui ne semblent pas à l’ordre du jour.

Israël est actuellement dirigé par ce qui est largement considéré comme le gouvernement le plus à droite de son histoire, tandis que l’AP a lentement perdu sa légitimité aux yeux des Palestiniens en raison d’allégations de corruption.

Toutefois, les auteurs de l’initiative estiment que les acteurs internationaux peuvent encore agir, dans l’espoir que des mesures incitatives supplémentaires pousseront les parties à s’asseoir à la table des négociations afin de tenter de parvenir à un accord de paix.

Les groupes de travail auront pour objectif de procéder à une première évaluation en décembre avant de présenter le « Peace Supporting Package » d’ici septembre 2024, selon le haut fonctionnaire international.

Des pays et des organisations du monde entier ont été invités à participer à cet effort de paix arabo-européenne, y compris les États-Unis.

L’administration Biden devrait envoyer un représentant à l’événement de lundi, mais n’est pas particulièrement enthousiasmé par ce projet, selon deux sources familières avec le sujet. Ils ont expliqué qu’elle faisait de l’ombre aux efforts américains pour faire avancer un potentiel accord de normalisation israélo-saoudien ainsi qu’au Forum du Néguev, qui comprend des groupes de travail déjà créés visant à faire avancer la coopération régionale dans un grand nombre des mêmes domaines que ceux qui seront discutés lundi.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, et les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays arabes prendront la parole lors de l’événement de lundi.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’adressant aux médias lors d’une visite au bureau de l’ONU à Nairobi, au Kenya, le 3 mai 2023. (Crédit : AP/Khalil Senosi/Dossier)

Les responsables israéliens et palestiniens n’ont pas été invités à l’événement de lundi, car il concerne les contributeurs à l’ensemble des mesures de soutien à la paix. Toutefois, les partisans de l’initiative s’entretiennent avec les deux parties au conflit pour savoir ce qu’elles souhaiteraient voir inclus dans ce Peace Supporting Package, a déclaré le haut fonctionnaire international.

Le responsable de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, discutera de l’initiative avec le ministre israélien des Affaires étrangères, Eli Cohen, et le ministre des Affaires étrangères de l’AP, Riyad al-Maliki, lors de réunions séparées en marge de l’Assemblée générale des Nations unies cette semaine.

Cette initiative est la dernière implication en date de l’Arabie saoudite dans le conflit israélo-palestinien, alors qu’elle négocie avec l’administration Biden un accord potentiel de normalisation avec Israël.

Au début du mois, Ryad a accueilli une délégation de l’AP et a assuré à ses participants que le royaume saoudien « n’abandonnera pas » la cause palestinienne, alors qu’il discute de la normalisation de ses relations avec Israël, ont déclaré la semaine dernière un responsable américain et un responsable arabe au Times of Israel.

Des diplomates se rassemblent lors d’une réunion organisée par l’Arabie saoudite en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York pour discuter de l’initiative de paix arabe, le 20 septembre 2022. (Ministère des affaires étrangères saoudien)

Il y aura des conversations de suivi entre les responsables américains, israéliens, palestiniens et saoudiens en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York au sujet d’un éventuel accord de normalisation, mais Ryad aura probablement besoin de plusieurs mois pour étudier davantage la question avant de soulever des demandes spécifiques liées aux Palestiniens lors de ses discussions avec l’administration Biden, selon les deux responsables.

Le mois dernier, l’ambassadeur d’Arabie saoudite en Jordanie est devenu le premier ambassadeur non résident de Ryad dans les Territoires palestiniens et le premier consul général non résident de Ryad à Jérusalem.

Le responsable arabe a expliqué que Ryad a clairement fait savoir à Ramallah qu’il était prêt à s’écarter de sa position publique de longue date contre la normalisation des liens avec Israël en l’absence d’une solution à deux États au conflit israélo-palestinien, et que l’AP a accepté cette évolution et demande par conséquent des mesures qui ne vont pas jusqu’à l’obtention immédiate du statut d’État.

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