Une interdiction sur la viande réfrigérée menace la vie juive d’Irlande du Nord
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Une interdiction sur la viande réfrigérée menace la vie juive d’Irlande du Nord

La communauté juive tire la sonnette d'alarme quant à l'accès à la nourriture casher, le Brexit prévoyant l'interdiction des importations de viandes réfrigérées de Grande-Bretagne

Illustration : Le grand rabbin Ephraim Mirvis prononce un discours alors qu'il assiste à une cérémonie de la Journée de commémoration de l'Holocauste au Central Hall Westminster, le 27 janvier 2015. (Crédit : AP/Chris Jackson)
Illustration : Le grand rabbin Ephraim Mirvis prononce un discours alors qu'il assiste à une cérémonie de la Journée de commémoration de l'Holocauste au Central Hall Westminster, le 27 janvier 2015. (Crédit : AP/Chris Jackson)

Le grand rabbin du Royaume-Uni Ephraim Mirvis a averti qu’il pourrait devenir « non viable » pour les Juifs de vivre en Irlande du Nord en raison d’une prochaine interdiction des importations de viandes réfrigérées en provenance de Grande-Bretagne, dans le cadre de l’accord de Brexit du pays avec l’Union européenne.

L’interdiction ne prévoit pas d’exemption pour la viande casher, ce qui, selon le chef religieux de la communauté juive d’Irlande du Nord, pourrait entraîner la « mort complète » de la communauté, a rapporté la BBC vendredi.

Dans le cadre de l’accord en vertu duquel le Royaume-Uni a quitté l’UE, l’Irlande du Nord doit continuer à respecter les normes de production de l’Union, notamment l’interdiction d’importer des viandes réfrigérées, telles que des saucisses ou de la viande hachée, en provenance d’États non membres comme le Royaume-Uni.

L’interdiction devait prendre effet le 30 juin, mais sa mise en œuvre a été reportée à la fin du mois de septembre.

Bien que la communauté de moins de 100 Juifs puisse importer de la viande réfrigérée casher d’Irlande, membre de l’UE, elle estime que cela est trop coûteux, selon le radiodiffuseur. En attendant, l’interdiction les empêchera d’acquérir la viande ailleurs au Royaume-Uni, en raison de la barrière commerciale créée avec l’Irlande du Nord dans le cadre du Brexit.

Le rapport cite une déclaration du grand rabbin décrivant la situation comme « un dommage collatéral involontaire découlant des différences commerciales actuelles entre la Grande-Bretagne et l’UE. » Il a appelé à une solution pour « cette précieuse et historique communauté juive, lui permettant d’apporter des provisions alimentaires essentielles et des articles nécessaires à l’observation des fêtes ».

Il a ajouté : « Ce sont des préoccupations existentielles, car il y a un risque croissant que la vie communautaire ne soit plus viable. »

Une photo de l’ancienne synagogue de Belfast. (Northern Ireland Friends of Israel via JTA)

Le rabbin a également exprimé sa reconnaissance envers le secrétaire britannique à l’Irlande du Nord, Brandon Lewis, qui s’est engagé à travailler avec l’UE pour trouver une solution.

David Kale, le chef religieux de la communauté juive d’Irlande du Nord, s’est dit inquiet pour l’avenir et a demandé une dérogation religieuse à l’interdiction d’importer de la viande casher provenant d’États non membres de l’UE.

« Notre religion nous oblige à manger casher et, malheureusement, personne ne peut vivre sans manger », a-t-il déclaré à la BBC.

M. Kale a également déclaré que les membres de la communauté juive qui vivent dans des maisons de retraite ou qui sont hospitalisés comptent sur les repas casher à domicile qui proviennent de Grande-Bretagne – Angleterre, Écosse et Pays de Galles.

S’exprimant devant la Chambre des communes mercredi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a prévenu que l’effet de l’interdiction d’importer de la viande casher de Grande-Bretagne pourrait provoquer un « exode » des Juifs d’Irlande du Nord.

« Nous voulons faire tout ce que nous pouvons pour éviter cela », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que la question était « loin d’être réglée ».

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