Une nouvelle page du basket s’ouvre pour Israël avec Avdija en NBA
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Une nouvelle page du basket s’ouvre pour Israël avec Avdija en NBA

La nouvelle recrue a déjà fait crisser ses baskets sur un parquet américain, dans le match d'ouverture de Washington qui s'est incliné face à Philadelphie

Deni Avdija s'adresse aux médias après sa sélection par les Washington Wizards de la NBA dans le projet 2020 de la NBA à Tel-Aviv, Israël, le 19 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
Deni Avdija s'adresse aux médias après sa sélection par les Washington Wizards de la NBA dans le projet 2020 de la NBA à Tel-Aviv, Israël, le 19 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Le premier exploit d’Israël au basket remonte à la victoire du Maccabi Tel Aviv au championnat d’Europe de 1977, un match à l’époque si important qu’il avait poussé le Premier ministre Yitzhak Rabin à retarder son discours de démission…

À l’époque, le club israélien était truffé de joueurs américains. Depuis, la popularité du basket-ball n’a fait que bondir en Israël qui voit désormais l’un de ses fils débuter cette semaine sa carrière comme star en devenir avec les Washington Wizards en NBA. Son nom : Deni Avdija.

Le gamin de 19 ans a été choisi le mois dernier au neuvième rang de la draft de la NBA, réalisée cette année par visioconférence en raison de la pandémie de COVID-19.

Avant lui, jamais un Israélien n’avait été drafté aussi haut en NBA. Et un mois à peine après sa sélection, Avdija a déjà fait crisser ses baskets sur un parquet américain, dans le match d’ouverture de Washington qui s’est incliné mercredi soir face à Philadelphie (113-107).

Omri Casspi (photo credit: Howard Blas/Times of Israel)
Omri Casspi (Crédit : Howard Blas/Times of Israel)

« Très haut niveau »

Né dans le kibboutz de Beit Zera, au pied du Lac de Tibériade, Avdija n’est pas le premier Israélien en NBA, un hnneur qui appartient à Omri Casspi, qui avait fait ses débuts en 2009 avec les Sacramento Kings et qui a joué une décennie en Amérique du Nord, cumulant une moyenne de 7,9 points par match.

Mais Deni Avdija est le premier Israélien à véritablement aspirer au titre de future star de la NBA. « C’est l’un des meilleurs joueurs de son groupe d’âge », note Brad Greenberg, ancien entraîneur des New York Knicks et des Los Angeles Clippers, en NBA, qui officie aujourd’hui pour le club israélien de Nes Ziona.

Avdija « a le potentiel de jouer à un très haut niveau », dit à l’AFP cette sommité du basket qui, en tant que manager général des Philadelphia 76ers, avait d’ailleurs drafté la star Allen Iverson.

« Deni est spécial », renchérit Oded Kattash, l’un des meilleurs joueurs de la jeune histoire du basket israélien désormais entraîneur du Hapoel Jérusalem, en première division locale.

« Qu’il ait grandi en Serbie, en Croatie, en Allemagne, aux Etats-Unis ou en Israël, cela n’aurait rien changé, il aurait réussi », dit-il à propos du talent d’Avdija.

L’attaquant des Washington Wizards, Deni Avdija (à gauche), se dirige vers le deuxième quart d’un match de basket de pré-saison de la NBA à New York, le 13 décembre 2020. (Crédit : AP Photo/Kathy Willens)

Ce diamant brut a réussi à se polir en Israël, ce qui est un tout nouveau phénomène, dit-il.

« Il y a encore cinq ou six années, les gens auraient dit que les jeunes joueurs israéliens sont précieux et paresseux. Mais les choses se sont améliorées. (…) De nombreux clubs locaux investissent et prêtent maintenant attention au développement des jeunes joueurs », dit-il à l’AFP.

De Kippour à la NBA

Pour le cinéaste israélien Dani Menkin, qui a réalisé un documentaire sur le triomphe du Maccabi Tel Aviv en 1977, il faut remonter à ce titre israélien pour expliquer l’ascension de Deni Avdija.

« Cette victoire en 1977 a absolument tout changé », explique le réalisateur dont le film « On the map » défend l’idée que ce triomphe de Tel Aviv avait inoculé une dose de confiance à une jeunesse qui tentait de se remettre de la guerre de Yom Kippour quatre ans plus tôt.

Les supporters du Maccabi célèbrent la victoire de l’équipe de basket-ball du Maccabi Tel Aviv et la victoire de la coupe d’Europe 1977. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Cette victoire a poussé une génération de jeunes Israéliens à se lancer à corps perdu dans le basket. « Aujourd’hui, nous exportons nos joueurs en NBA, c’est fantastique », dit-il à l’AFP, comparant la situation avec les années 70 où les clubs israéliens importaient des joueurs des Etats-Unis.

Le développement de jeunes joueurs est parfois hasardeux, mais les débuts, à 19 ans seulement, d’Avdija pour Washington demeurent en soi un exploit. Et la question que plusieurs se posent est de savoir si ce n’est que le début d’une vague israélienne en NBA.

Déjà, Yam Madar, originaire de la petite ville de Beit Dagan, a suivi Avdija dans la dernière draft, étant sélectionné au 47e rang par Boston. Leurs succès pourraient convaincre d’autres jeunes Israéliens d’entrevoir leur avenir sur les parquets.

« Nous avons vu l’influence que Yao Ming a eue sur le basketball chinois », fait valoir Oded Kattash, en référence au géant de 2,29 mètres dont les succès en NBA ont déclenché une passion du basket en Chine.

« J’entrevois un brillant avenir pour le basketball israélien », dit-il. « Nous ne serons jamais les plus grands, nous ne serons jamais les plus forts, mais nous avons vraiment du talent ici. »

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