Une ONG demande une enquête contre un animateur télé pour incitation à la violence
Rechercher

Une ONG demande une enquête contre un animateur télé pour incitation à la violence

En réaction à l'incident de Qusra, Avri Gilad avait déclaré que "parfois, il n’y a pas d’autre choix que de se montrer présent, voire violemment présent"

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Avri Gilad en 2008. (Crédit : Wikipemida Commons)
Avri Gilad en 2008. (Crédit : Wikipemida Commons)

Le groupe Rabbis for Human Rights a demandé lundi au procureur général Avichai Mandelblit d’ouvrir une enquête pour incitation à la violence sur un animateur télévisé qui a manifesté son soutien aux résidents d’implantation impliqués dans l’affrontement mortel qui a eu lieu au nord de la Cisjordanie.

Dans un courrier, les rabbins ont indiqué qu’Avri Gilad, animateur sur la Treizième chaîne, aurait manifesté son soutien à la violence collective contre les résidents du village de Qusra.

Durant son émission matinale, au lendemain de la mort d’un Palestinien. Les résidents des implantations ont indiqué qu’un groupe de randonneurs s’était fait lyncher. Gilad a manifesté sa sympathie pour les résidents d’implantations, et a affirmé qu’ils n’avaient pas d’autre choix que d’y répondre, même par la violence.

« L’appel à la violence contre les résidents du village est probablement une forme d’incitation, et c’est certainement un appel à faire justice soi-même », ont écrit les rabbins à l’intention de Mandelblit. « Mais, au-delà de cela, l’appel à l’action collective et indiscriminée contre les résidents d’un village est un appel à attaquer des innocents. »

Des soldats de l’armée israélienne s’occupent de Mahmoud Zaal Odeh après qu’il a été blessé par un habitant d’implantation israélien aux abords du village de Qusra le 30 novembre 2017 (Autorisation)

« Dans le contexte actuel, où les extrémistes ont le vent en poupe, l’appel lancé par une personnalité comme Avri Gilad s’apparente à une légitimation de ces actes. »

Durant son émission, Gilad avait déclaré que « de nombreux résidents du village ont pris part à cette histoire, et cela ne peut pas rester sans réponse. Je pense que parfois, il n’y a pas d’autre choix que de se montrer présent, voire violemment présent. »

Quand sa collègue Maya Ziv-Wolf lui a demandé s’il parlait de violence contre les résidents, Gilad a répondu : « Absolument. Je veux dire que nous ne devons pas être le genre de peuple qui va se cacher sous un lit quand on vient le tuer, et espérer que le monde nous sauvera », a-t-il dit.

En réaction au déferlement de réactions à ses propos, Gilad a déclaré que la prochaine fois, il ne tiendrait ces propos que dans sa tête, en route pour aller travailler.

« Je suis content que ce que j’ai dit durant une modeste émission matinale, à six heures et quart, devant des téléspectateurs mal réveillés, a secoué Internet… Je ne suis pas sûr que j’étais assez bien réveillé pour parler de manière plus modérée, plus mesurée et plus empathique, dans le genre politiquement correct », a indiqué Ynet, relayant les propos de l’animateur. « Je comprends qu’il est interdit de dire cela à six heures et quart, et la prochaine fois, je ne le dirais qu’à moi-même, à cinq heures quarante-cinq, en route pour aller travailler. »

Il a également indiqué avoir approuvé la violence, mais ne pas avoir spécifié qu’elle devait être commise à l’encontre des personnes, et qu’il était légitime de mettre le feu aux voitures.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...