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Une pétition contre la proposition de résolution de la Nupes sur Israël

La pétition, appelant les députés signataires de la proposition à "recouvrer la raison et l’honneur", a déjà été signée par plus de 6 500 personnes

La proposition de résolution de la Nupes contre « l’apartheid » en Israël.
La proposition de résolution de la Nupes contre « l’apartheid » en Israël.

Suite aux nombreuses indignations en fin de semaine dernière contre la proposition de résolution de la Nupes contre « l’apartheid » en Israël, une pétition initiée par le journaliste Yves Azeroual et le militant Gil Taieb (CRIF, FSJU) a été lancée sur le site Change.org.

« Apartheid ? Cela signifie l’exclusion d’une population fondée sur le concept de supériorité raciale », écrivent-ils. « Cela suppose l’interdiction de relations sexuelles interraciales, l’interdiction faite aux Noirs de vivre dans des quartiers réservés aux Blancs, de prendre les mêmes moyens de transport qu’eux. Près de deux millions de Palestiniens vivent sur le même sol que les Israéliens : ils sont évidemment libres de toutes relations sexuelles – mêmes homosexuelles –, libres de donner ou recevoir du sang et des organes les uns des autres, libres de fréquenter dans une totale mixité ethnique les universités. »

« Les prisonniers n’y sont pas condamnés aux travaux forcés comme jadis Mandela. Même face à la maladie, Blancs et Noirs n’étaient pas égaux. Arabes d’Israël et Palestiniens ne connaissent aucune de ces ignominies. Ils ont le droit à la meilleure médecine de la région. Du temps de l’apartheid, les Noirs ne bénéficiaient d’aucun droit du travail. »

« En Israël, les salaires et les avantages sociaux des travailleurs arabes et israéliens sont les mêmes. Ils peuvent aller à l’école et à l’université. Les Noirs d’Afrique du Sud dénonçaient le système d’apartheid, pas la présence blanche. Les Palestiniens dans leur majorité veulent une Palestine sans Juifs. »

« En Israël, pas de plages séparées, de cinémas exclusifs, de places réservées à l’arrière des autobus comme aux pires jours de l’apartheid. Des Arabes israéliens occupent des postes élevés dans l’administration, la politique, la haute fonction publique. L’arabe comme l’hébreu est langue officielle. »

« L’accès aux Lieux saints est garanti à tous. Les colons blancs de l’Afrique du Sud se sont installés dans un pays où vivait déjà un autre peuple. Les sionistes, eux, sont revenus dans un pays dont leurs ancêtres avaient été chassés. Les sionistes n’exploitent pas les Arabes de Palestine comme le faisaient leurs frères arabes, grands propriétaires terriens. Quelle Palestine fantasmez-vous ? Gaza tenue par le Hamas ou l’AP au pouvoir sans élections depuis plus de 10 ans ? Anéantis en Europe, les Juifs sont revenus sur leur terre ancestrale. Nous osons affirmer qu’il est préférable d’être Palestinien en Israël que naguère Juif en certaines terres d’Islam ! »

« Vous, député(e)s #LFI #EELV #PC #PS devriez méditer cette pensée de Vladimir Jankélévitch : ‘L’antisionisme est une incroyable aubaine, car il nous donne la permission – et même le droit, et même le devoir – d’être antisémite au nom de la démocratie ! L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. . Il est la permission d’être démocratiquement antisémite…’ »

« Nous, citoyens français, athées, juifs, musulmans, chrétiens, amis d’Israël, appelons les député(e)s signataires de la ‘Proposition de résolution condamnant l’institutionnalisation par Israël d’un régime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien’ à y renoncer. Il est encore temps pour eux de recouvrer la raison et l’honneur. »

Ce lundi matin, la pétition avait été signée par plus de 6 500 personnes.

L’assemblée nationale, à Paris, le 7 décembre 2021. (Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP)

La proposition de résolution condamnant le « régime d’apartheid institutionnalisé » par Israël contre les Palestiniens a été signée par une quarantaine de députés de gauche, en majorité communistes. Elle s’est attirée depuis vendredi une condamnation d’associations et de responsables juifs français qui parlent « d’antisémitisme ».

Le texte accuse Israël d’avoir « mis en place un régime institutionnalisé d’oppression et de domination systématique par un seul groupe racial ».

« Depuis sa création en 1948, Israël mène une politique visant à instituer et entretenir une hégémonie démographique juive », est-il encore écrit.

Le texte soutient une solution au conflit israélo-palestinien fondée sur « la coexistence de deux États sur la base des frontières de 1967 » (avant la guerre des Six-Jours et la prise de la Cisjordanie et Jérusalem-Est notamment, Ndlr).

Pour aider à y parvenir les signataires invitent le gouvernement français à « reconnaître l’État de Palestine » mais aussi, à appeler à l’ONU à un embargo sur les fournitures d’armes à Israël, et à imposer des « sanctions ciblées » contre les responsables israéliens « les plus impliqués dans le crime d’apartheid ».

Enfin, ils demandent la levée des entraves instituées en France aux appels au boycott des produits israéliens.

Le texte déposé par le communiste Jean-Paul Lecoq est signé par une vingtaine d’élus de son groupe, dont l’ancien candidat à la présidentielle Fabien Roussel, ainsi que par des élus de La France insoumise (LFI, gauche radicale) comme Adrien Quatennens, la socialiste Christine Pires-Beaune, ou les écologistes Aurélien Taché et Sabrina Sebaihi.

Pour être débattu à l’Assemblée nationale, il faudrait qu’il soit inscrit à l’ordre du jour par le groupe communiste à l’occasion d’une journée réservée à ses textes.

Le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a vivement réagi en dénonçant une tentative « violente et mensongère » de « délégitimer » l’État d’Israël.

« Cette stigmatisation est le reflet d’un antisémitisme qui s’affuble du masque de l’antisionisme », estime le CRIF, pour qui cela contribue à « attiser la haine » en France « au mépris de la sécurité des Français juifs ».

« Nous ne laisserons pas s’exprimer cet antisémitisme obsessionnel d’une certaine ‘gauche’, qui déshonore la République et cherche à enflammer l’opinion », a aussi tweeté la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA).

Le député socialiste Jerôme Guedj s’est lui aussi élevé contre cette initiative.

« La résolution soutient qu’Israël est un régime d’apartheid, demande la légalisation du boycott des produits israéliens et plaide pour la reconnaissance officielle de la Palestine. Si je peux défendre ce dernier point, les 2 premiers sont inacceptables. Je les condamne », a-t-il écrit sur Twitter.

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