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Une « prune pastèque » ? Les fruits hybrides d’un producteur en Israël

Située dans la vallée de Hula, une famille d'agriculteurs utilise des techniques traditionnelles de croisement pour produire des cultures particulières respectueuses du climat

Une variété de "prune de pastèque", l'une des créations de fruits hybrides par un producteur de fruits hybrides dans le moshav de Yesod HaMa'Ala, dans le nord d'Israël, le 21 juillet 2022. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)
Une variété de "prune de pastèque", l'une des créations de fruits hybrides par un producteur de fruits hybrides dans le moshav de Yesod HaMa'Ala, dans le nord d'Israël, le 21 juillet 2022. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

L’une des plus anciennes communautés agricoles d’Israël s’impose aujourd’hui dans l’hybridation de fruits et propose de nouvelles variétés comme les « prunes grenades », les « prunes pastèques » ou les abricots noirs.

Ces fruits sont la création de l’exploitation « Ben-Dor Fruits and Nurseries », situé à Yesud HaMa’ala, dans le nord d’Israël, une localité fondée en 1883, lors de la première vague d’immigration juive dans ce qui était alors l’Empire ottoman.

Les vergers de la famille Ben-Dor, parmi les fondateurs de Yehud HaMa’ala, s’étendent sur les terres fertiles de la vallée de la Hula, dans l’extrême nord de la Galilée.

Mais la production est devenue réellement florissante depuis que son actuel directeur, Sefi Ben-Dor, a pris la relève. Il a créé des variétés uniques de fruits à noyaux, la famille qui comprend les prunes, les pêches et les abricots, en utilisant notamment des méthodes de pollinisation sélective.

Les « prunes grenades » ont la couleur et la forme des grenades mais sont particulièrement sucrées, les « prunes pastèques » sont nommées pour leur peau verte et leur chair rouge. La « Lamoon », est une prune jaune vif en forme de larme inversée, ressemblant à un citron, tout comme son goût légèrement acidulé.

Une variété de « prune de pastèque », l’une des créations de fruits hybrides par un producteur de fruits hybrides dans le moshav de Yesod HaMa’Ala, dans le nord d’Israël, le 21 juillet 2022. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

La production, qui atteint 2 000 à 3 000 tonnes de fruits selon les années, compte aussi des abricots de différentes couleurs, notamment noirs et rouges.

« Nous développons des variétés de fruits depuis 40 ans (…) et nous les exportons depuis 37 ans. Nous avons compris qu’il y avait un potentiel pour le développement des chaînes commerciales si nous créons des fruits qui sont différents de par leur forme ou leur goût ou qui sont consommables en dehors des saisons habituelles », explique Sefi Ben-Dor.

« L’hybridation des fruits est un long processus qui prend 10 à 15 ans », souligne-t-il. Longtemps produits essentiellement pour l’exportation en raison de leurs prix prohibitifs pour le marché israélien, les fruits Ben-Dor sont aujourd’hui avant tout commercialisés sur le marché local.

« Depuis la crise des exportations liée au corona, nous avons recentré notre production sur le marché local mais nos fruits sont produits localement à l’étranger dans 33 pays par des fermes sous licence », explique Ido Ben-Dor, un des fils de Sefi, dont il est le bras droit.

Des abricots hybrides poussant dans une ferme spécialisée du moshav de Yesod HaMa’Ala dans le nord d’Israël, le 21 juillet 2022. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

« Nous ne cessons jamais de développer de nouveaux fruits et d’améliorer les variétés existantes, en les adaptant au changement climatique, notamment aux vagues de chaleur, et en tentant de les rendre plus résistantes aux maladies pour limiter l’utilisation des pesticides », ajoute-t-il.

Le travail de Ben-Dor était une « initiative bienvenue » qui pourrait aider à affronter les changements climatiques, affirme Yoram Kapulnik, ancien directeur du Centre volcanique, de recherche agricole israélien.

M. Kapulnik, actuel directeur du BARD, le Fonds binational israélo-américain de recherche et de développement agricole, estime que l’hybridation « peut créer des atouts relatifs pour le produit qui permettront d’en profiter plus longtemps », le rendre plus résistant à la sécheresse et d’offrir aux agriculteurs la possibilité d’utiliser moins de pesticides.

« Certains des produits (de Ben-Dor) peuvent potentiellement se démarquer des souches existantes et pousser dans des lieux dans lesquels ils ne pouvaient pas se développer auparavant », dit-il.

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