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Une start-up israélienne s’associe à l’université Tufts pour cultiver du poisson

Wanda Fish, fondée fin 2021, va développer des « filets de poisson écologiques, savoureux et cultivés en laboratoire »

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Du poisson cultivé en laboratoire, produit par la start-up israélienne Wanda Fish.(Crédit : Marcomit)
Du poisson cultivé en laboratoire, produit par la start-up israélienne Wanda Fish.(Crédit : Marcomit)

Wanda Fish, une nouvelle start-up israélienne de technologie alimentaire fondée il y a quelques mois à peine, s’associe à l’université Tufts pour des recherches approfondies sur la culture de poisson à des fins alimentaires.

La société a déclaré lundi souhaiter tirer parti des recherches du Dr David Kaplan, professeur de génie biomédical à Tufts et expert dans le domaine de l’agriculture cellulaire (la production de produits d’origine animale à partir de cultures cellulaires), qui a développé la propriété intellectuelle (PI) dans la culture de cellules de poisson.

L’accord conclu entre Wanda Fish et Tufts accordera à la start-up israélienne des droits exclusifs sur la propriété intellectuelle, et un accord complémentaire soutiendra les recherches du professeur en matière de production de tissus de poisson par l’agriculture cellulaire.

La cofondatrice et PDG de Wanda Fish, la docteure Daphna Heffetz, a déclaré au Times of Israël par courrier électronique que la société, créée à la fin de l’année dernière, avait recruté une solide équipe de R & D pour établir « l’infrastructure requise » de cette toute jeune entreprise, précisant que les accords l’aideraient à
« cibler … des produits haut de gamme – des filets de poisson plus épais avec des tissus musculaires natifs et des tissus adipeux naturels provenant directement de l’animal » et « dynamiser le rythme de développement, avec deux équipes de R&D en complète synergie ».

L’équipe de R&D de la start-up israélienne est dirigée par le Dr Malkiel Cohen, expert en cellules souches et en ingénierie du génome dans les domaines biomédical et agtech (technologie agricole).

Wanda Fish n’est pas une référence au film à succès de 1988 « A Fish Called Wanda », a précisé Heffetz.

« Nous cherchions un nom original pour l’entreprise et nous avons choisi le mot « Wandā », qui veut dire « merveille » en japonais. Nous nous sommes dits que c’était exactement ce qu’il nous fallait », a-t-elle expliqué.

L’accord avec Tufts « va grandement stimuler les efforts de Wanda Fish pour produire des filets de poisson écologiques, savoureux et cultivés », a déclaré la société, qui cherche également à développer « un substrat exclusif sans OGM pour la production de filets de poisson sans nageoires à base de cellules de différentes espèces, sans peser sur l’océan ni la force vitale qu’il recèle ».

La cofondatrice et PDG de Wanda Fish, la Dre Daphna Heffetz, deuxième à partir de la droite, et le Dr Malkiel Cohen, directeur de la R-D, avec le reste de l’équipe.
(Crédit : Autorisation)

Heffetz a précisé que la technologie développée par la société pour les poissons d’élevage pourrait être appliquée et adaptée « à d’autres espèces de poissons ».

« Nous testons plusieurs espèces de poissons, à la fois sur le plan commercial et technologique. Dans les prochains mois, je choisirai le type de poisson qui sera notre tout premier produit », a-t-elle déclaré.

La société a d’ores et déjà bien avancé, avec un premier prototype de filet de poisson obtenu à partir de cellules de poisson, a-t-elle noté.

« Notre plateforme de production comprend un substrat de culture sans produits animaux, un savoir-faire unique dans la production de tissus musculaires et adipeux natifs et des bioréacteurs spécialement étudiés pour nous permettre d’augmenter la production et, à terme, d’amener nos produits de poisson d’élevage à parité avec nos homologues issus de la pêche », a déclaré Heffetz.

« En intégrant des applications exclusives et innovantes issues de disciplines diverses, comme la culture cellulaire, la biotechnologie, la technologie alimentaire et la conception culinaire, nous produirons une gamme polyvalente d’espèces de poissons pour satisfaire toutes les préférences, à des prix abordables et avec une qualité sans compromis », a déclaré la PDG.

Heffetz est une professionnelle de la biotechnologie avec plus de 20 ans d’expérience, précédemment cadre supérieur dans des sociétés telles que PhytoTech Therapeutics, TransPharma Medical, Alon MedTech Ventures et Savyon Diagnostics.

Kaplan a expliqué dans un communiqué de la société Wanda Fish commençait « avec un échantillon de véritables muscles et tissus adipeux issus de poisson indigènes. Ensuite, la croissance biologique du poisson était soutenue par les apports nutritionnels requis -notamment la teneur en protéines et en oméga-3-, avec une attention aux propriétés aromatiques et de texture. »

« Le résultat est un poisson sain et sûr, exempt de micro-plastiques, mercure ou autres toxiques chimiques que l’on trouve couramment dans certaines prises sauvages », a déclaré Kaplan.

La biodiversité marine, a ajouté Heffetz, « est essentielle à la survie des populations et de notre planète. La surpêche, comme la pollution de l’eau, endommagent le vaste écosystème océanique, qui est vital. De nombreuses populations de poissons sauvages sont malheureusement en déclin. »

Protéines alternatives et poissons d’élevage

Wanda Fish est l’une des quelque 40 startups israéliennes du secteur des protéines alternatives. Elle a connu une croissance d’environ 450 % en 2021, selon le dernier rapport du Good Food Institute (GFI) Israël publié cette semaine.

Le secteur des protéines alternatives est un sous-segment de l’industrie de la technologie alimentaire, qui comprend également la nutrition, l’emballage, la sécurité alimentaire, les systèmes de transformation et les nouveaux ingrédients. Il comprend des substituts à base de plantes pour la viande, les produits laitiers et les œufs, mais aussi les produits laitiers, viandes et fruits de mer cultivés, les protéines d’insectes et enfin les produits et procédés de fermentation.

La société d’études de marché IMARC Group a indiqué que les entreprises développant des produits alternatifs aux poissons et fruits de mer avaient augmenté de 30 % entre 2017 et 2020, avec un sursaut de croissance attendu dans les toute prochaines années, à mesure que les préoccupations concernant l’épuisement des approvisionnements et la surpêche augmenteront et qu’un nombre croissant d’entreprises passeront en phase commerciale.

Wanda Fish a été créée avec le soutien financier et technique de The Kitchen FoodTech Hub, un incubateur de startups du groupe Strauss, en collaboration avec l’Autorité israélienne de l’innovation (IIA).

La start-up a levé 3 millions de dollars lors d’un cycle de financement de pré-amorçage dirigé par le Kitchen FoodTech Hub, avec la participation de CPT Capital, société d’investissement déjà impliquée dans le soutien à des entreprises de technologie alimentaire comme Beyond Meat et Impossible Foods, ainsi que des sociétés israéliennes Peregrine Ventures, Pico Partners et MOREVC (anciennement connue sous le nom d’Israel Cleantech Ventures).

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