Une version yiddish d’une chanson emblématique émeut aux larmes sa compositrice israélienne
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Une version yiddish d’une chanson emblématique émeut aux larmes sa compositrice israélienne

Le duo improbable formé par Corinne Allal et le chanteur hassidique Lipa Schmeltzer présente une nouvelle interprétation de “Ein Li Eretz Acheret”

Le chanteur hassidique Lipa Schmeltzer et la compositrice israélienne Corinne Allal (Crédit : capture d'écran YouTube)
Le chanteur hassidique Lipa Schmeltzer et la compositrice israélienne Corinne Allal (Crédit : capture d'écran YouTube)

JTA – Un hymne non officiel et réconfortant qui a été adopté (ou coopté, selon votre point de vue) par tous les partis du spectre israélien a à nouveau servi de pont, cette fois entre une star haredi ashkénaze et une musicienne israélienne séfarade et lesbienne qui a écrit la musique.

Ecrite en 1982 quand le gouvernement Likud de droite menait une guerre controversée au Liban, « Je n’ai pas d’autre pays » (Ein Li Eretz Acheret en hébreu) parle de l’amour de l’auteur Ehud Manor pour l’hébreu mais comprend un serment de « ne pas rester silencieux et de chanter » à un pays qui « a changé son visage ».

La veuve de Manor, Ofra Fuchs, a déclaré l’année dernière que cette chanson devait être une chanson de protestation de gauche.

Et pourtant, comme le « Born in the USA » de Bruce Springsteen, la chanson de Manor a eu un tel attrait qu’elle a transcendé ses opinions politiques et a été adoptée par tous les partis, dont des résidents d’implantations qui ont utilisé la chanson comme hymne contre le retrait de Gaza en 2005.

La semaine dernière, le chanteur haredi de New York Lipa Schmeltzer l’a chantée en yiddish, accompagné à la guitare par la compositrice originelle de la chanson, la musicienne israélienne Corinne Allal.

« Vous avez touché mon cœur », a dit à Allal Schmeltzer, qui portait une kippa à pois, des peot décolorées et des épaisses lunettes asymétriques. Elle a été émue aux larmes par son yiddish mélancolique et l’interprétation en anglais de la chanson.

« Des rencontres comme celles-ci, de personnes de deux pôles différents, peuvent vraiment apporter de l’unité », a déclaré Schmeltzer, dont les costumes farfelus et les attitudes progressives l’ont transformé en phénomène de sensation dans certains cercles haredi, et en paria dans d’autres.

Le concert spontané a eu lieu dans une salle de conférences de New York pendant une visite d’Allal aux Etats-Unis dans le cadre d’une initiative de l’Institut Gesher Leadership et du ministère israélien des Affaires de la Diaspora.

Leur projet a pour objectif de connecter les juifs israéliens à leurs co-religionnaires à l’étranger sur la base de « point commun et de larges valeurs partagées concernant le peuple juif et l’Etat d’Israël », comme l’a expliqué Dvir Kahana, le directeur du ministère.

« C’est notre devoir de trouver tous les moyens de renforcer la paix entre nous, le peuple juif », a déclaré Schmeltzer.

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