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« Unité palestinienne » : Shtayyeh invite les factions à Moscou la semaine prochaine

Le Premier ministre de l'AP déclare que le monde doit "cesser de se focaliser sur le 7 octobre" ; la Russie invite les factions palestiniennes à discuter d'un rapprochement

Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, s'exprimant lors d'une réunion publique dans le cadre de la 60e Conférence de Munich sur la sécurité, à Munich, en Allemagne, le 18 février 2024. (Crédit : Thomas Kienzle/AFP)
Le Premier ministre de l'Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh, s'exprimant lors d'une réunion publique dans le cadre de la 60e Conférence de Munich sur la sécurité, à Munich, en Allemagne, le 18 février 2024. (Crédit : Thomas Kienzle/AFP)

L’Autorité palestinienne (AP) cherche toujours à s’unir avec le Hamas et pourrait organiser des pourparlers avec le groupe terroriste palestinien à Moscou le 26 février, a déclaré dimanche le Premier ministre de l’AP, Mohammed Shtayyeh, ajoutant que le monde devait cesser de se « focaliser » sur le massacre du 7 octobre.

« La Russie a invité toutes les factions palestiniennes à se réunir le 26 février à Moscou. Nous verrons si le Hamas est prêt à s’engager sur le terrain avec nous », a déclaré Shtayyeh lors de la soixantième édition de la Conférence de Munich sur la sécurité.

« Nous sommes prêts à nous engager. Si le Hamas ne l’est pas, c’est une autre histoire. Nous avons besoin de l’unité palestinienne », a-t-il affirmé, ajoutant que pour faire partie de cette unité, le Hamas devait remplir certaines conditions préalables.

« Pour que le Hamas soit membre de l’OLP [Organisation de libération de la Palestine], il doit accepter certaines conditions préalables : la plate-forme politique de l’OLP, un accord sur la question de la résistance [nom que se donnent les groupes terroristes islamistes anti-Israël] et nous appelons à la résistance populaire, rien d’autre », a-t-il déclaré.

Interrogé sur le fait de faire cause commune avec un groupe qui a perpétré des meurtres, des viols et des enlèvements le 7 octobre, principalement contre des civils israéliens, Shtayyeh a répondu « qu’il ne faut pas continuer à se focaliser sur le 7 octobre ».

La guerre a éclaté avec le massacre du 7 octobre, au cours duquel près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées par des terroristes du Hamas qui se sont déchaînés dans le sud d’Israël, au cours d’actes horribles de brutalité et d’agression sexuelle. 253 autres personnes, également des civils pour la plupart, ont été enlevées et emmenées à Gaza, où 130 d’entre elles se trouvent toujours.

Le Hamas a toujours salué les efforts de réconciliation de la Russie. Ses dirigeants se sont rendus à maintes reprises à Moscou, qui entretient de bonnes relations avec le groupe terroriste.

De gauche à droite : Ali Bagheri Kani, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères et envoyé spécial de Poutine au Moyen-Orient, et Moussa Abu Marzouk, responsable des relations internationales du Hamas, lors d’une réunion trilatérale, à Moscou, le 26 octobre 2023. (Crédit : Chaîne Telegram du Hamas)

Le Hamas et l’AP n’ont pas réussi à mettre fin à leurs dissensions en termes de pouvoir depuis 2007. Le Hamas et le groupe terroriste plus restreint du Jihad islamique palestinien demandent à rejoindre l’OLP mais affirment que celle-ci devrait être réformée, car les deux factions refusent de reconnaître Israël ou de respecter l’engagement de l’OLP à l’égard des accords de paix signés.

Shtayyeh a évité les questions concernant les réformes de l’AP demandées par l’Occident, bien qu’il ait annoncé un programme de réforme complet à la fin du mois de janvier.

« Il n’est pas question de réforme, ni de quoi que ce soit d’autre », a-t-il affirmé. « Il s’agit pour les Palestiniens de mettre fin à l’occupation. »

Le programme de réformes, qui comprend la nomination de nouveaux gouverneurs régionaux, des changements dans le mode de recrutement des forces de sécurité, la libéralisation du marché des médias et une restructuration du secteur de la santé, s’accompagne d’un appel à la tenue d’élections générales ouvertes à toutes les factions.

Depuis le début de la guerre, plusieurs responsables de l’AP ont appelé à l’intégration de la branche politique du Hamas dans un futur gouvernement palestinien, affirmant qu’il s’agit d’une composante essentielle de la société palestinienne.

Les élections sont considérées par de nombreux membres de la communauté internationale comme une étape clé dans la réforme et la renaissance de l’AP, un organe perçu comme corrompu et inefficace, afin de renforcer sa légitimité et de lui permettre éventuellement de prendre le contrôle de la bande de Gaza après la guerre.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken (à gauche) et le président de l’AP Mahmoud Abbas se serrant la main lors de leur rencontre, à Ramallah, en Cisjordanie, le 7 février 2024. (Crédit : Mark Schiefelbein/AP Photo/Pool)

Selon un sondage d’opinion réalisé en décembre en temps de guerre, 88 % des Palestiniens estiment qu’Abbas doit démissionner. Dans le même temps, 44 % des habitants de la Cisjordanie ont déclaré soutenir le Hamas, contre seulement 12 % en septembre. À Gaza, le groupe terroriste bénéficie d’un soutien de 42 %, contre 38 % il y a trois mois.

« La Palestine est prête. Nous avons les institutions, les capacités, mais notre grave problème est que nous sommes sous occupation », a déclaré Shtayyeh. « Nous sommes sous occupation israélienne et nous devons y mettre fin. »

La semaine dernière, Abbas a appelé le Hamas à se hâter de conclure un accord avec Israël afin de sauver la bande de Gaza de l’opération militaire israélienne, lancée le 7 octobre dans le but d’éradiquer le groupe terroriste et de restituer tous les otages.

« Nous appelons le Hamas à conclure rapidement l’accord sur les prisonniers, pour épargner à notre peuple palestinien une autre catastrophe, non moins dangereuse que la Nakba de 1948, et éviter une attaque de l’occupation contre Rafah qui entraînerait des milliers de victimes et un exode de notre peuple », a dit Abbas, cité par l’agence palestinienne Wafa.

La Nakba, ou « catastrophe », est un terme arabe qui fait référence au déplacement des Arabes lors de la création de l’État d’Israël et de la Guerre d’Indépendance.

130 des 253 otages enlevés par le Hamas lors de l’assaut du 7 octobre sont encore à Gaza – mais certains ne sont plus en vie – après que 105 civils ont été libérés de la captivité du Hamas lors d’une trêve d’une semaine fin novembre, et que cinq otages ont été libérées avant cela.

Quatre otages ont été libérées avant cela, et trois ont été secourus par les troupes. Les corps de huit otages ont également été retrouvés et trois otages ont été tués par erreur par l’armée.

Des terroristes du Hamas et du Jihad islamique se saluant après avoir remis des otages à la Croix-Rouge, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 28 novembre 2023. (Crédit : AFP)

Les médiateurs travaillent depuis des semaines sur un accord qui verrait le Hamas libérer les otages restants par étapes en échange d’une trêve. Le groupe terroriste palestinien a toutefois refusé tout accord qui ne garantirait pas la fin de la guerre, tandis qu’Israël estime qu’il est impossible de mettre fin à la guerre avant que le Hamas ne soit vaincu.

Les remarques du chef de l’AP la semaine dernière ont été saluées par le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, qui a déclaré que les membres de la communauté internationale n’étaient pas assez nombreux à adresser leurs appels au Hamas et qu’ils faisaient porter le fardeau exclusivement à Israël.

« Le Hamas doit également rendre des comptes. Le Hamas se cache parmi les civils (…) d’une manière qui les met également en danger, et c’est pourquoi certaines des questions et des pressions de la communauté internationale devraient être dirigées vers le Hamas », a déclaré Sullivan lors d’un point de presse à la Maison Blanche.

Gianluca Pacchiani a contribué à cet article.

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