Uri Ariel rejette les ouvertures de paix de Netanyahu
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Entretien

Uri Ariel rejette les ouvertures de paix de Netanyahu

Le ministre propose d'annexer la zone C et d'injecter 10 milliards de shekels dans les autres zones de Cisjordanie

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Uri Ariel  à Jérusalem, le 22 septembre 2014. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)
Uri Ariel à Jérusalem, le 22 septembre 2014. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)

MOSCOU – La droite israélienne n’est pas préoccupée pas les dernières ouvertures de paix du Premier ministre Benjamin Netanyahu, car elles n’aboutiront à rien, a déclaré mardi le ministre de l’Agriculture Uri Ariel. Dans le même temps, Netanyahu, invoquant son désir d’une solution à 2 Etats alimente l’idée partagée par beaucoup d’Israéliens que l’Etat palestinien est inévitable, a-t-il confié au Times of Israel.
 
Ariel propose d’annexer la zone C – la partie de la Cisjordanie contrôlée par Israël – et d’injecter 10 milliards de shekels dans les autres zones palestiniennes pour améliorer considérablement la qualité de vie de la population locale.
 
« Je ne suis pas tellement inquiet, même s’il y a des surprises dans la vie », a déclaré Ariel au Times of Israel, faisant référence à Netanyahu qui a affirmé à plusieurs reprises son désir de parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens et son adoption partielle de l’Initiative de paix arabe, qui appelle à un retrait israélien aux lignes d’avant 1967 et à une solution « juste » et « convenue » à la question des réfugiés.
 
« En fin de compte les Arabes refuseront le fait qu’il n’y a pas de droit au retour – ils veulent retourner à l’endroit où ils veulent, » a dit Ariel, un membre de l’aile droite du parti HaBayit HaYehudi.

« En Israël, tout le monde est d’accord – même l’Union sioniste [de centre-gauche], pour dire qu’il n’y aura pas de droit au retour. Et il y a d’autres questions qui pour eux ne sont pas négociables ».
 
Cependant, a continué Ariel, « il y a une attaque en cours sur la conscience israélienne autour de la justesse de notre chemin ». Netanyahu et d’autres qui ont fait serment d’allégeance à l’idée d’un Etat palestinien contribuent à une perception du public qu’abandonner des parties de la patrie juive est inévitable.
 
« Des expressions comme ‘2 Etats pour 2 peuples’ poussent ceux qui résident à Sion [les Juifs] à mettre en doute notre cause », a déclaré le ministre. Même ceux qui croient au droit d’Israël à l’intégralité de la Terre Sainte commencent à affirmer qu’il n’y a pas d’autre choix parce que le monde insiste sur la création d’un Etat palestinien.
 
Ariel est le chef du parti Tekuma d’extrême droite, qui fait partie du groupe parlementaire HaBayit HaYehudi de la Knesset. Il a affirmé être d’accord avec le chef du parti Naftali Bennett, qui a menacé de quitter la coalition si le gouvernement devait faire des concessions territoriales.
 
« Il est hors de question que nous restions dans le gouvernement qui prend le territoire de la Terre d’Israël et le donne à d’autres – le terme ‘rendre’ ne convient pas, c’est à nous, pas à eux », dit-il. Nous avons été là pendant 49 ans. 50 ans, par rapport aux 19 ans où les Jordaniens [ont contrôlé la Cisjordanie], il ne peut y avoir aucune comparaison. C’est absurde. »
 
Cependant, Ariel a fait remarquer qu’il n’a pas discuté du processus de paix ou des sujets connexes lors de ses récents entretiens avec Netanyahu. En allant à Moscou – où il a signé un protocole d’entente sur la coopération dans l’agriculture, l’industrie laitière et la technologie laitière de pointe avec son homologue russe, Alexander Tkachev – il a voyagé dans l’avion du Premier ministre.
 
« On n’a pas parlé de ce sujet, pas même un seul mot. Nous avons parlé d’autres questions importantes. Il y a d’autres questions importantes », a-t-il confié.
 
Parlant au Times of Israel en marge d’une exposition sur le thème d’Israël près du Kremlin, Ariel a dit que le gouvernement devrait lancer une « paix économique de grande échelle » avec les Palestiniens vivant en Cisjordanie. « Apporter du gaz à Naplouse et de l’eau à Hébron et construire des routes et des hôpitaux et tout ce dont ils ont besoin. Ceci est possible, et est nécessaire ».
 
Plus précisément, le gouvernement devrait consacrer 10 milliards de shekels au cours des 10 prochaines années pour « investir dans des projets économiques qui profitent à la population », propose-t-il. Les grands projets devraient être lancés unilatéralement, a-t-il ajouté.

« Pour poser un gazoduc jusqu’à Hébron on n’a besoin de l’accord de personne. Just do it » (Agissons, simplement), a-t-il dit.

« Ce n’est pas une chose à laquelle l’Etat d’Israël ne peut pas faire face. Si vous le faites unilatéralement, dites au monde ce que nous faisons, je pense que les portes s’ouvriront d’une manière que nous ne connaissons pas aujourd’hui ».
 
En plus de ces mesures économiques pour les zones A et B, Ariel a appelé à l’annexion de la zone C, en faisant valoir que le très petit nombre d’Arabes qui y vivent pourront facilement être évacués. « Il n’y a pas d’Arabes du tout. Nous en évacuerons quelques milliers, ils ne représentent pas un facteur numérique ».
 
Il est faux de prétendre que l’annexion israélienne de grandes parties de la Cisjordanie est impossible en raison de l’objection internationale universelle à une telle démarche, a-t-il soutenu. « Ils ont dit que cela n’arriverait pas, puis c’est arrivé. Ils ont dit qu’il n’y aurait pas d’Etat juif, et il a été créé » a-t-il ajouté. L’annexion de Jérusalem-Est, l’intégration d’un million de Juifs russes, l’évacuation de milliers de Juifs israéliens de Gaza et d’autres événements que les gens ont refusé de croire prouvent que l’on ne peut jamais dire jamais, a-t-il conclu. « En Israël, la chose la plus attendue est que tous les 10 ans un méga-événement inattendu se produit ».

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