USA : Israël a des « détails nouveaux et convaincants » sur le nucléaire iranien
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USA : Israël a des « détails nouveaux et convaincants » sur le nucléaire iranien

Washington avait connaissance des renseignements sur l'Iran livrés par Netanyahu et les examine "minutieusement" ; le Secrétaire d'État confirme l'authenticité des documents

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le président américain Donald Trump durant une conférence de presse dans la roseraie de la Maison Blanche, le 30 avril 2018 (Crédit :  AFP PHOTO / SAUL LOEB)
Le président américain Donald Trump durant une conférence de presse dans la roseraie de la Maison Blanche, le 30 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAUL LOEB)

WASHINGTON — La Maison Blanche a indiqué lundi en fin d’après-midi que les informations rendues publiques dans la matinée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu « offrent des détails nouveaux et convaincants sur les efforts livrés par l’Iran pour développer des armes nucléaires susceptibles de convoyer des missiles ».

Pour sa part, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo qui était, jusqu’à la semaine dernière, le directeur de la CIA, a confirmé l’authenticité des documents et a déclaré qu’une grande partie d’entre eux était jusqu’alors inconnue des experts américains.

Cette déclaration est survenue après la diffusion d’une conférence de presse de Netanyahu dans laquelle le Premier ministre a révélé que l’Etat juif avait obtenu 100 000 documents iraniens secrets en liaison avec ce programme.

« Les Etats-Unis ont connaissance des informations qui viennent d’être rendues publiques par Israël et nous continuons à les examiner minutieusement », a fait savoir la Maison Blanche.

« Ces informations offrent des détails nouveaux et convaincants sur les efforts de l’Iran visant à développer des armes nucléaires susceptibles de convoyer des missiles », a-t-elle ajouté. « Les faits correspondent à ce que les Etats-Unis savent depuis longtemps : « L’Iran a un solide programme d’armes nucléaires clandestin qu’il a essayé, en vain, de cacher au monde et à son propre peuple ».

« Le régime iranien a montré qu’il utiliserait des armes de destruction contre ses voisins et autres. L’Iran ne doit jamais acquérir l’arme nucléaire ».

Pompeo a rencontré dimanche Netanyahu au quartier-général militaire israélien et a été informé sur les documents, qui ont été rendus publics alors que le nouveau haut-diplomate américain retournait aux Etats-Unis.

« On avait connaissance de ce matériel depuis un certain temps et on en a bien entendu discuté hier lorsque nous étions ensemble », a-t-il expliqué.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyauh et le Secrétaire d’État à la Défense Mike Pompeo, à Tel Aviv, le 29 avril 2018. (Crédit : Haim Zach / GPO)

« Je sais qu’il y a des gens qui disent que ces documents ne sont pas authentiques. Je peux vous confirmer, pour vous, que ces documents sont réels, qu’ils sont authentiques », a-t-il dit à la presse à bord de l’avion.

Prié de dire si les Etats-Unis étaient au courant depuis de nombreuses années de l’existence de ce programme, appelé « Amad », Mike Pompeo a répondu: « C’est en partie vrai. L’existence du programme Amad a pris fin vers décembre 2003, janvier 2004 », et « il est vrai qu’on en a eu connaissance depuis un certain temps ».

« Il est juste de dire qu’on savait ce qu’il se passait, qu’on savait les faits, depuis quelques temps mais il y a des milliers de nouveaux documents et de nouvelles informations. Nous sommes encore en train de les analyser, il y a encore beaucoup de travail à faire pour évaluer la portée et l’étendue de cela », a-t-il ajouté.

« Nous sommes encore en train de passer les informations en revue mais il y a encore beaucoup à faire pour découvrir la portée et l’ampleur de ces renseignements. Mais c’est vrai qu’il y a de nouvelles informations sur ce programme. »

Les responsables américains, y compris Mike Pompeo lors de son audition de confirmation comme secrétaire d’Etat par les sénateurs, reconnaissent pourtant régulièrement que l’Iran respecte, au moins techniquement, les termes de l’accord conclu en 2015 avec les grandes puissances pour l’empêcher de se doter de la bombe atomique.

Mais lundi, le chef de la diplomatie américaine a refusé de réitérer cette position selon laquelle Téhéran ne viole pas l’accord. « Je vais laisser cela aux juristes », a-t-il dit, sans répondre non plus à une question sur l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui a constamment certifié le respect iranien de l’accord.

Pompeo a par ailleurs assuré ne pas savoir si l’annonce de Netanyahu à moins de deux semaines de l’expiration de cet ultimatum était un moyen de mettre la pression aux Européens, expliquant que les négociations avec ces derniers se poursuivaient.

« Je pense que nous continuerons à avoir de bonnes relations avec nos partenaires européens même si le président choisit de se retirer », a-t-il dit.

En début de soirée, le président américain Donald Trump a expliqué que « ce que nous avons appris a vraiment révélé que j’ai eu 100 % raison ».

« Ce n’est tout simplement pas une situation acceptable, et j’ai toujours dit que c’était en train d’arriver », a-t-il commenté alors qu’il se trouvait dans la roseraie de la Maison Blanche aux côtés du président nigérian Muhammadu Buhari. « Ils ne restent pas les bras croisés à ne rien faire, ils construisent des missiles qui, selon eux, sont pour la télévision ? Je n’y crois pas ».

Le leader américain a également refusé de dire s’il était décidé à se retirer de l’accord historique le 12 mai – date limite établie pour la levée des sanctions contre l’Iran sous les termes du pacte. Trump a signé de telles dispenses au mois de janvier mais a indiqué qu’il ne le referait plus si des amendements n’étaient pas apportés à la convention par le Congrès et les alliés européens des Etats-Unis.

« On verra ce qu’il va se passer », a-t-il dit. « Je ne suis pas en train de vous dire ce que je vais faire mais beaucoup de gens croient le savoir à l’avance. Le 12, ou avant, nous prendrons une décision. Ce qui ne signifie pas que nous n’allons pas négocier un vrai accord. Vous savez, c’est un accord qui n’a pas été approuvé par tant de gens que ça, et c’est un accord horrible pour les Etats-Unis, notamment le fait… que nous avons donné à l’Iran 150 milliards de dollars et 1,8 milliards en liquidités ».

« Vous savez ce qu’on a obtenu de ça ? », a continué Trump. « Nous n’avons rien obtenu. Ce qui ne veut pas dire que je ne négocierai pas un nouvel accord, on verra ce qu’il se passera ».

La conférence de presse de Trump a eu lieu moins d’une heure après que le Premier ministre israélien a fait un discours qui, selon les observateurs, a livré des informations spectaculaires sur le programme nucléaire de l’Iran.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu désigner les archives du programme nucléaire iranien qu’Israël s’est procuré et qui, selon lui, prouvent que l’Iran a menti sur ses activités, le 30 avril 2018. (Crédit : Bureau du Premier ministre)

S’exprimant en anglais depuis le ministère de la Défense de Tel Aviv, Netanyahu a présenté des copies de documents obtenus récemment par Israël auprès d’une structure hautement secrète en Iran détaillant les ambitions nucléaires nourries depuis longtemps par la république islamique.

« l’Iran a menti, et sacrément ! », a dit Netanyahu.

Les documents obtenus par le Mossad israélien, a-t-il ajouté, équivalent à une demi-tonne de matériel, et comprennent des « documents incriminants, des chartes incriminantes, des présentations incriminantes, des plans incriminants, des photos incriminantes, des vidéos incriminantes et plus encore », a-t-il poursuivi.

« Nous avons partagé ces contenus et les Etats-Unis peuvent répondre de leur authenticité », a-t-il continué.

Trump, durant sa conférence de presse, a déclaré aux journalistes qu’il ne pensait pas que le retrait des Etats-Unis de l’accord passé sous l’administration Obama nuirait à la crédibilité des Américains dans ses négociations sur le programme nucléaire nord-coréen.

Des critiques ont estimé que si les Etats-Unis ne maintenaient pas leur engagement avec l’Iran, la Corée du nord ne saurait leur faire confiance lors d’une convention portant sur le contrôle de ses armes.

« Je pense que cela envoie le bon message », a dit Trump. « Dans sept ans, cet accord aura expiré et l’Iran sera libre d’avancer pour créer de nouvelles armes nucléaires. Ce n’est pas acceptable. Sept ans, c’est demain. Ce n’est pas acceptable ».

L’AFP a contribué à cet article.

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