Venezuela : Guaido dit œuvrer à la restauration des liens avec Israël
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Venezuela : Guaido dit œuvrer à la restauration des liens avec Israël

Le dirigeant auto-proclamé déclare dans un journal israélien que les négociations sont "à leur apogée" et n'exclue pas une ambassade à Jérusalem

Le président auto-proclamé du Venezuela, Juan Guaido, arrive pour une rencontre avec des étudiants à la Central University du Venezuela, à Caracas, le 8 février 2019. (AP Photo/Ariana Cubillos)
Le président auto-proclamé du Venezuela, Juan Guaido, arrive pour une rencontre avec des étudiants à la Central University du Venezuela, à Caracas, le 8 février 2019. (AP Photo/Ariana Cubillos)

Le leader venezuelien auto-proclamé Juan Guaido a annoncé mardi qu’il travaillait avec l’Etat juif pour renouer les relations diplomatiques entre les deux pays, qui avaient été rompues en solidarité avec les Palestiniens suite à la guerre de Gaza, en 2008.

« Je suis très heureux d’annoncer que le processus de stabilisation des relations avec Israël est à son apogée », a dit Guaido au quotidien Israel Hayom. « C’est très important pour nous ».

Il a indiqué que l’annonce de la reprise des liens surviendrait « au moment approprié ».

Le mois dernier, l’Etat juif a reconnu, aux côtés des Etats-Unis, Guaido comme président par intérim du Venezuela alors qu’il défie la gouvernance de Nicolas Maduro dans un contexte de crise humanitaire croissante, attisée par les prix du pétrole en chute libre et une mauvaise gestion gouvernementale.

L’ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, s’est immédiatement félicité de cette annonce et a salué l’État juif pour avoir « soutenu le peuple du Venezuela et les forces de la liberté et de la démocratie ». L’administration du président américain Donald Trump a fait pression pour que la communauté internationale – y compris Israël – soutienne l’éviction du président Nicolas Maduro.

Le président venezuelien de l’époque, Hugo Chavez, avait rompu ses liens avec Israël en 2009 après l’opération Plomb durci menée à Gaza. Chavez et son successeur, Maduro, ont tous deux été des critiques virulents à l’égard d’Israël, et certains dirigeants de la communauté juive ont exprimé leur crainte que le gouvernement n’alimente l’antisémitisme.

Mardi, le quotidien Israel Hayom a publié une courte interview de M. Guaido, qui a indiqué que son gouvernement adopterait une position très différente de celle de son prédécesseur envers l’Etat juif.

« Nous avons commencé à travailler au rétablissement des relations, et je suis très heureux d’annoncer que le processus de stabilisation des relations avec Israël est à son apogée », a déclaré M. Guaido.

« C’est très important pour nous », a-t-il poursuivi. « Nous allons d’abord rétablir les relations, puis nous annoncerons la nomination d’un ambassadeur en Israël, et nous espérons vraiment qu’un envoyé d’Israël viendra ici ».

Contacté par le Times of Israel, le ministère des Affaires étrangères n’a fait aucun commentaire sur cette publication.

Le Venezuela et Israël entretiennent de solides relations bilatérales depuis la création de l’État juif et, jusqu’en 1980, ont eu leur ambassade à Jérusalem. Elle a ensuite été transférée à Tel Aviv avec d’autres missions diplomatiques, puis fermée en 2009.

Nicolas Maduro, (à droite), suit le président vénézuélien de l’époque, Hugo Chavez, lors d’une cérémonie de proclamation de son élection présidentielle au Conseil électoral de Caracas, au Venezuela, le 10 octobre 2012. (AP Photo/Ariana Cubillos)

Lorsqu’on lui a demandé s’il comptait ramener l’ambassade du Venezuela à Jérusalem, où elle a siégé jusqu’en 1980, Guaido a répondu : « C’est l’une des questions dont nous discutons. En temps voulu, j’annoncerai le rétablissement des relations et l’emplacement de l’ambassade ».

Jérusalem aurait hésité à apporter son soutien à Guaido, craignant que le régime maduro ne réagisse par des mesures susceptibles de mettre en danger les membres de la communauté juive venezuelienne.

Alors que le Venezuela comptait autrefois l’une des plus grandes communautés juives de la région, avec quelque 25 000 membres en 1999, on estime qu’il ne reste plus que 6 000 Juifs environ dans le pays, dont beaucoup ont fui vers Israël, le Canada, les États-Unis et ailleurs.

« Il y a beaucoup de Venezueliens en Israël et beaucoup de Juifs au Venezuela, a dit M. Guaido. « C’est une communauté très active et prospère, qui a beaucoup contribué à notre société. Je suppose qu’ils sont heureux que nous rétablissions les relations avec Israël ».

Le grand rabbin du Venezuela, Isaac Cohen, a déclaré plus tôt ce mois-ci que sa communauté « accepte » la reconnaissance par Israël de la proclamation par Guaido de son accession au pouvoir.

Le soutien à Maduro, critique virulent d’Israël, n’est pas très élevé au sein de la communauté juive de la classe moyenne du Venezuela. Mais tout au long des troubles, la communauté juive s’était astreinte à une stricte neutralité.

Répondant à l’hésitation de la communauté juive à le soutenir publiquement, Guaido a ajouté : « Je n’ai aucun doute que les Juifs ont peur. Beaucoup de militaires ont également peur d’exprimer leur opinion. Ce régime ne respecte pas le droit le plus fondamental : le droit de vivre ».

« De nombreux pays occidentaux ont promis d’envoyer une aide humanitaire au Venezuela. Je suis sûr qu’Israël nous aidera aussi ».

Le président auto-proclamé du Venezuela, Juan Guaido, lève le pouce en montant dans une voiture après une rencontre avec des étudiants à la Central University of Venezuela, à Caracas, au Venezuela, le 8 février 2019. (AP Photo/Ariana Cubillos)

Dans un contexte d’inflation sauvage et de graves pénuries de produits de base sous Maduro, un socialiste d’extrême gauche, des manifestations ont éclaté au Venezuela. Les forces de sécurité ont réagi par des raids qui ont fait des dizaines de morts.

La décision de Guaido a été le défi le plus direct à la domination de Maduro malgré des années de protestations dans le pays et les efforts internationaux pour isoler le régime dans un contexte de crise humanitaire croissante alimentée par la chute des prix du pétrole et la mauvaise gestion du gouvernement.

Raphael Ahren et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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