Violences entre gangs arabes : 3 personnes tuées en quelques heures
Un père et son fils abattus à Nazareth ; un barbier assassiné à Kafr Qara ; Isaac Herzog dénonce un "fléau national". ; le bilan pour 2026 s'élève déjà à 7 morts

Des fusillades entre gangs ont coûté la vie à trois personnes en l’espace de quelques heures, lundi, dans la communauté arabe israélienne, un phénomène que le président Isaac Herzog a qualifié de « fléau national ».
Cinq jours seulement après le début de l’année, ces homicides portent à sept le nombre de morts dus à des crimes violents dans la société arabe, poursuivant une vague de meurtres qui a vu l’année 2025 se terminer avec un triste record de 252 morts.
Les violences ont commencé en début de soirée lorsqu’un père et son fils ont été abattus à Nazareth dans ce qui semble être un règlement de comptes entre gangs qui les visait par erreur.
Les deux victimes ont été identifiées par les médias israéliens comme étant Adham Nasser, 38 ans, et son fils Nadim, 15 ans, résidents de la ville arabe de Turan, dans le nord du pays.
La police israélienne a déclaré que ces coups de feu étaient liés au milieu criminel et a exclu toute implication terroriste. Elle a ajouté qu’elle enquêtait sur le mobile du crime.
Les secouristes ont trouvé les victimes inconscientes et sans vie, toutes deux présentant plusieurs blessures par balle.
L’adolescent a été déclaré mort sur place par les secouristes, tandis que son père a été transporté d’urgence à l’hôpital italien de la ville, mais a succombé à ses blessures pendant le trajet.
Selon certaines informations, les deux hommes installaient des caméras de sécurité dans une maison de Nazareth, la plus grande ville arabe d’Israël.
La maison appartenait à un criminel notoire, a rapporté la Treizième chaîne, sans citer ses sources.
Alors qu’ils sortaient, une rafale de coups de feu a été tirée en leur direction.
La cible était vraisemblablement le propriétaire de la maison et non les Nasser, d’après les informations disponibles.
À peine quatre heures plus tard, un homme a été abattu dans la ville arabe de Kafr Qara, ont indiqué la police et les services de secours.
La victime a été identifiée comme étant Mahmoud Ghawi, un coiffeur âgé de 30 ans. La police a déclaré que cette fusillade serait également liée au crime organisé.
Les secouristes ont prononcé la mort de Ghawi au moment même où Herzog publiait un communiqué rare sur la vague de crimes violents dans la société arabe, affirmant qu’elle était devenue un « fléau national ».
Dans sa déclaration, Herzog a rendu hommage à Adham et Nadim Nasser, tués plus tôt.
Il a également souligné qu’en l’espace de cinq jours seulement, depuis le début de l’année 2026, six citoyens arabes avaient été victimes de crimes violents, une statistique qu’il a qualifiée de « glaçante ».
L’homicide commis à Kafr Qara a porté ce nombre à sept.
L’organisation à but non lucratif The Abraham Initiatives a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu de ne pas en faire assez pour endiguer les meurtres.
« La criminalité dans la communauté arabe atteint des niveaux records », a déclaré l’organisation dans un communiqué.
« Des citoyens israéliens sont assassinés dans la rue. Sous ce gouvernement, le sang des citoyens n’a pas de valeur. »
Dans un bilan publié la semaine dernière, The Abraham Initiatives a déclaré que sur les 252 victimes recensées en 2025, la grande majorité (88 %) avaient été tuées lors de fusillades, ce qui reflète la difficulté des autorités à lutter contre l’augmentation du trafic d’armes à travers les frontières israéliennes.
Si les victimes étaient souvent elles-mêmes impliquées dans des activités criminelles, bon nombre des personnes tuées ou blessées étaient des innocents.
Les dirigeants communautaires accusent le gouvernement d’avoir mis en place des politiques ayant permis la prolifération du crime organisé violent dans les villes arabes, et affirment que la police a largement échoué à lutter contre ce fléau, rejetant notamment la responsabilité sur le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, chargé de l’application de la loi.
Ben Gvir n’a pas publié de communiqué au sujet des trois homicides, mais dans un message publié sur son compte X après les meurtres, il a critiqué un député arabe, au milieu d’une dispute concernant une récente descente meurtrière de la police dans un village bédouin du sud.
La police a fermement nié avoir négligé la communauté arabe et rejeté les critiques concernant sa gestion de la criminalité dans les localités arabes, reconnaissant l’ampleur du fléau, mais insistant sur le fait que les agents de police font tout leur possible pour lutter contre la violence.
Selon la police, l’intimidation des habitants par les criminels entraverait ses efforts pour lutter contre la violence dans les zones arabes. En effet, les syndicats du crime organisé sont devenus si insidieux que beaucoup craignent de devenir la cible des organisations criminelles en se rendant à la police.







