Virus: tragédie en Italie, nouvelle vague en Asie, l’Amérique latine se confine
Rechercher

Virus: tragédie en Italie, nouvelle vague en Asie, l’Amérique latine se confine

"Restez chez vous", "fermez tout": les mots d'ordre pour éviter les rassemblements et contacts favorisant l'épidémie se répandent partout dans le monde

Le personnel hospitalier portant des masques et des équipements de protection soigne les patients allongés dans une structure d'urgence temporaire en dehors du service des accidents et des urgences, où les nouveaux arrivants présentant des symptômes suspects de coronavirus sont testés, à l'hôpital de Brescia, en Lombardie, le 13 mars 2020. (Miguel MEDINA / AFP)
Le personnel hospitalier portant des masques et des équipements de protection soigne les patients allongés dans une structure d'urgence temporaire en dehors du service des accidents et des urgences, où les nouveaux arrivants présentant des symptômes suspects de coronavirus sont testés, à l'hôpital de Brescia, en Lombardie, le 13 mars 2020. (Miguel MEDINA / AFP)

Les cas de contamination par le coronavirus flambaient dimanche en Europe, en particulier en Italie où la situation tourne à la « tragédie », tandis qu’une nouvelle vague semblait gagner l’Asie et que l’Amérique latine se confine à son tour.

« Restez chez vous », « fermez tout » : les mots d’ordre pour éviter les rassemblements et contacts favorisant l’épidémie se répandent partout dans le monde, face à une contagion planétaire rapide et à une situation effroyable en Italie.

De Wuhan en Chine, d’où est partie l’épidémie, à New York, plus de 900 millions de personnes doivent rester à leur domicile pour éviter de contracter le virus qui a déjà contaminé plus de 300.000 personnes dans le monde, dont la moitié en Europe.

Plus de 13.000 ont perdu la vie, dont plus de 7.500 en Europe. Pays le plus touché avec 4.825 morts, l’Italie connaît un scénario que redoutent tous les autres, avec dans certaines régions une contagion qui paraît hors de contrôle et une saturation des capacités de soins.

Alors que la pandémie a fait près de 800 morts en 24 heures, le Premier ministre Giuseppe Conte a annoncé l’arrêt de « toute activité de production sur le territoire qui ne serait strictement nécessaire ».

« Le moment est arrivé de s’arrêter, mais de le faire vraiment », lui avaient auparavant réclamé le maire de Bergame et le président de la Lombardie, province la plus touchée avec 3.095 cas, selon qui la situation « prend désormais des airs de tragédie ».

Second pays le plus touché en Europe, l’Espagne a enregistré près de 400 nouveaux morts en 24 heures (+30%), portant le total à 1.720. Le personnel de santé paie un lourd tribut à la lutte contre la pandémie, 10% étant infectés.

Un soignant pousse une femme dans un fauteuil roulant devant l’hôpital Burgos (UBU) le 21 mars 2020, à Burgos dans le nord de l’Espagne. (Photo par CESAR MANSO / AFP)

En France, où le nombre de morts a bondi de 20 % pour atteindre 562, le premier décès d’un médecin hospitalier a été annoncé. « La vague est là », a résumé le président Emmanuel Macron, préparant les esprits à la prolongation du confinement, sur fond de polémique grandissante sur la pénurie de masques de protection.

Chez son voisin britannique, changement de ton : « les chiffres sont très frappants et ils s’accélèrent. Nous ne sommes qu’à quelques semaines de l’Italie », a mis en garde dimanche le Premier ministre Boris Johnson.

Face à la propagation du virus, le gouvernement a ordonné avant le week-end la fermeture des écoles, pubs, cinémas et salles de sport, mais pas de confinement généralisé.

La liste des pays épargnés se réduit comme peau de chagrin: dimanche, la Roumanie a annoncé deux premiers décès.

Alors qu’aux Etats-Unis, environ 30 % de la population est placée en confinement, l’Amérique latine s’y résout à son tour : après le Venezuela, l’Argentine et le Salvador, la Bolivie est entrée en quarantaine obligatoire dimanche, suivie à partir de mardi par la Colombie.

Pays de la région le plus touché (1.128 cas, dont 18 décès), le Brésil, avec ses 210 millions d’habitants, retient son souffle. Bien que le président d’extrême-droite Jair Bolsonaro n’ait eu de cesse de minimiser l’épidémie, les gouverneurs des Etats de Sao Paulo et Rio de Janeiro ont pris eux-mêmes l’initiative de mesures de restrictions.

Des pompiers portant des combinaisons de protection participant à un exercice pour se former aux mesures de sécurité contre la propagation du nouveau COVID-19, à Belo Horizonte, état de Minas Gerais, au Brésil, le 20 mars 2020. (Photo par Douglas MAGNO / AFP)

L’Asie, où le nombre de cas a dépassé les 95.000, est-elle frappée par une deuxième vague de contamination? Alors que le nombre de porteurs du Covid-19 en Chine n’a cessé de baisser ces dernières semaines, d’autres pays voient les bilans s’alourdir.

En Thaïlande, qui a recensé dimanche 188 nouveaux cas, la plus forte augmentation quotidienne depuis le début de la pandémie, des voix s’élèvent pour exiger un confinement total de Bangkok, mégalopole de plus de 10 millions d’habitants et épicentre de la crise.

Des millions d’Indiens ont été soumis dimanche à un couvre-feu à titre expérimental dans ce pays d’1,3 milliard d’habitants où 320 cas ont été recensés, un chiffre qui serait largement sous-estimé.

Quoique durement atteint avec près de 1.700 morts, selon des chiffres officiels de plus en plus ouvertement remis en cause, l’Iran tarde à confiner sa population.

Un membre de clergé prie devant le sanctuaire de Fatima Masumeh dans la ville sainte de Qom en Iran, le 16 mars 2020. (Photo par MEHDI MARIZAD / AFP)

Son voisin irakien a en revanche annoncé dimanche l’instauration d’un couvre-feu total dans les 18 provinces du pays au système de santé ravagé, après la mort de 20 personnes et alors que le nombre de contaminations ne cesse de grimper.

Dans certains endroits, la « distanciation sociale » tient cependant de l’utopie. Dans la bande de Gaza, très densément peuplée, le coronavirus a fait son entrée, faisant craindre le pire. Cependant, les deux malades détectés à la frontière avec l’Egypte ont été immédiatement placés en quarantaine.

Même les autorités religieuses prennent part à la lutte : de Tunis à Téhéran en passant par Jérusalem, elles ont appelé les fidèles à prier chez eux, beaucoup de lieux de culte ayant été fermés pour enrayer la propagation de l’épidémie.

Une image qui restera : l’esplanade entourant la Kaaba, lieu le plus saint de l’islam, situé au coeur de la Grande mosquée de La Mecque en Arabie saoudite, est désormais complètement vide.

La Kaaba, à l’intérieur de la Grande Mosquée de La Mecque, vide de ses fidèles, le 5 mars 2020. (Crédit : ABDEL GHANI BASHIR / AFP)

Sur les bords du Golfe comme en Australie, les plages se vident elles aussi. Près de Séoul, en Corée du sud, un cinéma drive-in rencontre un grand succès, les salles obscures étant fermées, là comme ailleurs.

Conséquence heureuse du confinement, on respire un peu mieux sur la planète, où la pollution atmosphérique provoque 8,8 millions de décès prématurés par an.

En février, les images satellite de la Nasa montraient une baisse drastique de la concentration de dioxyde d’azote à Wuhan. Le phénomène a été observé début mars dans le nord de l’Italie, mais aussi à Madrid et Barcelone.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...