Washington soutient la souveraineté irakienne contre des « acteurs extérieurs »
Rechercher

Washington soutient la souveraineté irakienne contre des « acteurs extérieurs »

Le Pentagone dément toute implication dans les attaques menées sur des combattants soutenus par l'Iran après que des élus irakiens ont appelé les Etats-Unis à quitter le pays

Des hommes endeuillés tiennent une affiche en arabe où l'on peut lire : "Les masses des Forces de mobilisation populaire chantent la mort à l'Amérique, mort à Israël", lors d'une procession de l'enterrement d'Abu Ali al-Dabi, un combattant des Forces de mobilisation populaire, qui a été tué dans une attaque de drone, à Baghdad, en Irak, le 26 août 2019.(AP Photo/Ali Abdul Hassan)
Des hommes endeuillés tiennent une affiche en arabe où l'on peut lire : "Les masses des Forces de mobilisation populaire chantent la mort à l'Amérique, mort à Israël", lors d'une procession de l'enterrement d'Abu Ali al-Dabi, un combattant des Forces de mobilisation populaire, qui a été tué dans une attaque de drone, à Baghdad, en Irak, le 26 août 2019.(AP Photo/Ali Abdul Hassan)

Le département américain de la Défense a semblé prendre ses distances avec les récentes attaques menées contre des bases militaires chiites en Irak attribuées à Israël, soutenant la souveraineté de Bagdad et promettant de coopérer avec les enquêtes irakiennes.

Bagdad a exprimé sa colère au sujet d’une série de récentes attaques mystérieuses ayant visé les Forces de mobilisation populaire soutenues par l’Iran, qui ont été attribuées à Israël avec le soutien tacite des Américains.

« Nous soutenons la souveraineté irakienne et nous nous sommes exprimés, à de nombreuses reprises, contre toutes actions potentielles par des acteurs externes incitant à la violence en Irak », a déclaré le porte-parole du Pentagon Jonathan R. Hoffman dans un communiqué émis tard lundi.

« Le gouvernement d’Irak a le droit de contrôler sa propre sécurité interne et de protéger sa démocratie ».

Plus tôt ce lundi, un groupe puissant du Parlement irakien avait appelé au retrait des troupes américaines en Irak après la vague de frappes aériennes imputées à Israël qui a ciblé des milices soutenues par l’Iran dans le pays.

Lundi, la coalition Fatah a dit qu’elle tenait les Etats-Unis comme étant pleinement responsables des frappes israéliennes annoncées, « que nous considérons être une déclaration de guerre contre l’Irak et son peuple ».

Cette photo publiée par les Forces de mobilisation populaire montre les conséquences d’une attaque des drone à proximité du point de passage de Qaim avec la Syrie, dans la province d’Anbar, en Irak, le 25 août 2019. (Forces de mobilisation populaire via AP)

La coalition Fatah est un groupe parlementaire représentant des milices paramilitaires soutenues par l’Iran, connues sous le nom de Hashed al-Shaabi [Forces de mobilisations populaires].

Un jour plus tôt, la dernière frappe de drone en date, dans la ville irakienne de l’ouest d’al-Qaim, avait tué un commandant du groupe.

Deux officiels du groupe paramilitaire Hashed al-Shaabi ont déclaré que les véhicules visés dans la frappe étaient utilisés pour transporter des armes. Les officiels se sont exprimés sous condition d’anonymat parce qu’ils n’étaient pas autorisés à parler à des journalistes.

Le communiqué de la coalition du Fatah a ajouté que la présence de soldats américains n’était plus nécessaire en Irak.

Dans sa réponse de lundi, le Pentagone a démenti toute implication dans les attaques, déclarant que « les forces américaines n’ont pas mené la récente attaque sur le convoi ou les autres attaques récentes qui ont conduit à l’explosion d’un stock de munitions en Irak. Les déclarations contraires sont fausses, trompeuses et visent à renforcer les tensions. ».

Des hommes endeuillés portent le cercueil avec une photographie d’Abu Ali al-Dabi, un combattant des Forces de mobilisation populaire, qui a été tué dans une frappe de drone imputée à Israël, lors de la procession pour son enterrement à Baghdad, en Irak, le 26 août 2019. (AP Photo/Ali Abdul Hassan)

Il a ajouté : « En tant qu’invités de l’Irak, les forces américaines opèrent sur invitation du gouvernement irakien et respectent toutes ses lois et ses instructions. En outre, nous coopérons pleinement avec l’enquête ».

L’armée israélienne a dit qu’elle ne commentait pas les « informations étrangères ». Lundi, le ministre des Finances Moshe Kahlon a déclaré qu’Israël était responsable de certaines, mais pas de toutes les frappes qui lui ont été imputées dans la région.

La semaine dernière, deux officiels américains anonymes ont déclaré au New York Times qu’Israël était responsable d’au moins deux attaques contre les positions du groupe paramilitaire Hashed al-Shaabi.

La semaine dernière également, un membre du groupe paramilitaire Hashed al-Shaabi a critiqué les Américains pour avoir autorisé Israël à mener une frappe de drone sur une base au nord de Bagdad. Son commandant est ensuite revenu sur la déclaration, accusant seulement des forces étrangères, mais sans nommer d’acteur spécifique.

Un certain nombre de bases du groupe paramilitaire Hashed al-Shaabi ont été ciblées ces récentes semaines dans des frappes attribuées à l’armée israélienne, apparemment dans le cadre d’une campagne de Jérusalem visant à empêcher l’implantation de l’armée iranienne dans la région.

Le groupe paramilitaire Hashed al-Shaabi a été créé en 2014 à partir de groupes armés et de volontaires disparates pour lutter contre le groupe extrémiste de l’Etat islamique.

Le groupe a reçu un entraînement iranien, mais opère officiellement sous le contrôle des forces armées d’Irak et utilisent des noms d’unités militaires.

Le commandant de terrain tué dans la frappe de dimanche, identifié comme étant le « chef de soutien logistique » de la brigade 45 du groupe, Kazem Mohsen, a été enterré lundi matin à proximité de Baghdad.

« Ce matin, des centaines de personnes ont participé… à la procession de l’enterrement pour Hazem Mohsen », également connu sous le nom d’Ali al-Dabi, ont déclaré les Forces mobilisation populaire dans un communiqué.

Le groupe paramilitaire Hashed al-Shaabi a déclaré qu’un autre combattant avait été gravement blessé dans l’attaque de la Brigade 45, une unité basée à 15 kilomètres de la frontière occidentale de l’Irak avec la Syrie.

L’affirmation de Hashed al-Shaabi que l’attaque de drone mortelle menée par Israël était la première fois que le groupe accusait directement l’Etat juif d’une campagne militaire aérienne.

Dans cette photo du 8 juin 2018, les Forces de mobilisation populaire défilent en tenant leur drapeau et des images de responsables spirituels irakiens et iraniens chiites lors du jour « al-Quds », ou de Jérusalem, à Baghdad, en Irak. (AP Photo/Hadi Mizban, File)

« Dans le cadre d’une série d’attaques sionistes sur l’Irak, les corbeaux maléfiques israéliens sont revenus cibler Hashed al-Shaabi, cette fois-ci avec deux drones au-dessus du territoire irakien », a déclaré le communiqué.

La brigade 45 est l’une des différentes unités composées de combattants Kataib du Hezbollah, désigné par les Etats-Unis comme une organisation étrangère terroriste.

Une source militaire de Kataib Hezbollah a déclaré à l’AFP dimanche qu’Abu Ali al-Dabi était membre de l’équipe chargée des roquettes dans l’unité.

« Il avait combattu en Syrie et avait été détenu par les Américains », a déclaré la source.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...