Yad Labanim s’insurge contre la date du 3 mars pour l’éventuel prochain scrutin
Rechercher

Yad Labanim s’insurge contre la date du 3 mars pour l’éventuel prochain scrutin

Pour le groupe de commémoration militaire, la date avancée par le conseiller de la Knesset pour un nouveau vote se heurte à l'une de ses journées en souvenir des soldats

Des soldats montent la garde lors de la cérémonie annuelle dédiée aux soldats dont les lieux de sépulture sont inconnus dans le cimetière militaire du mont Herzl de Jérusalem le 17 mars 2016.  (Judah Ari Gross/Times of Israël)
Des soldats montent la garde lors de la cérémonie annuelle dédiée aux soldats dont les lieux de sépulture sont inconnus dans le cimetière militaire du mont Herzl de Jérusalem le 17 mars 2016. (Judah Ari Gross/Times of Israël)

Une organisation de commémoration des soldats israéliens tombés au combat a vivement recommandé à la commission centrale électorale de réexaminer la date proposée du 3 mars pour des possibles élections à la Knesset, disant qu’une journée du souvenir est d’ores et déjà prévue ce jour-là.

La journée de commémoration des soldats tombés au combat dont le lieu d’inhumation n’a jamais été localisé est organisée, chaque année, au septième jour du mois hébreu d’Adar qui, selon la tradition juive, est également le jour de la naissance et de la mort du Moïse biblique, dont le site de sépulture est inconnu.

Cette journée de commémoration est marquée, chaque année, par une cérémonie solennelle d’Etat au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, qui abrite un mur arborant le nom de tous les soldats décédés, mais dont les dépouilles n’ont pas été trouvées.

L’année prochaine, le 7è jour d’Adar tombe le 3 mars – soit la date avancée vendredi par le conseiller juridique de la Knesset, Eyal Yinon, comme journée d’élection probable si les Israéliens devaient se rendre aux urnes pour la troisième fois en moins d’un an, une perspective qui se précise de plus en plus.

Eyal Yinon, conseiller juridique de la Knesset, assiste à une réunion du comité de la Knesset le 6 juin 2016. (Hadas Parush/Flash90)

« Notez bien – s’il n’y a pas d’autres développements, nous nous préparons pour des élections qui auront lieu le mardi 3 mars 2020 », a expliqué Yinon dans un discours prononcé à l’occasion d’une conférence juridique.

Eli Ben-Shem, président de l’organisation de commémoration Yad Labanim, est entré en contact dimanche avec la commission centrale électorale, demandant à ce que le vote ne soit pas organisé ce jour-là. La journée d’un scrutin est généralement assortie d’un congé national.

« De mon point de vue, il serait inapproprié d’aller courir les magasins et voter tandis que des familles en deuil s’unissent dans le souvenir de ceux qu’elles aimaient », a-t-il commenté.

Deux scrutins, en avril et en septembre, n’ont pas permis la formation d’un gouvernement élu – une première dans l’histoire politique israélienne. La Knesset a maintenant jusqu’à la date butoir du 11 décembre pour qu’au moins 61 élus acceptent de former un gouvernement, ou le Parlement sera dissous et une troisième élection aura lieu.

Ni le Likud de Netanyahu ni Kakhol lavan de Benny Gantz n’ont réussi à former un gouvernement, même si tous les deux affirment vouloir éviter un troisième scrutin.

La semaine dernière, la directrice de la commission centrale électorale a prévenu que la commission n’est actuellement pas prête face à l’éventualité d’un troisième vote.

La président de la Commission centrale électorale Orly Adas lors d’une conférence de presse à la Knesset le 5 décembre 2019.(Olivier Fitoussi/Flash90)

« Nous n’avons pas le personnel, les bureaux et les équipements. Les réserves sont vides. Voilà la situation actuelle », a déclaré Orly lors d’une conférence de presse organisée à la Knesset.

Elle a déclaré que la commission faisait face à de sérieuses difficultés budgétaires après les deux dernières élections.

« Nous n’avons pas de professionnels qui connaissent bien le travail électoral », a-t-elle déclaré.

Adas, qui plus tôt ce mois-ci a fait savoir que la date la plus proche possible pour tenir un troisième scrutin était le 25 février, a expliqué qu’il n’était pas possible de procéder à un nouveau vote avant parce que les partis ont besoin de temps pour former des listes électorales et la Cour suprême doit statuer pour savoir si des candidats ont le droit de concourir ou non.

« On ne peut pas réduire ces périodes », a-t-elle souligné.

La commission aura sûrement besoin d’un nouveau président, après que le juge de la Cour suprême Hanan Melcer a prévenu le mois dernier qu’il n’y avait « aucune chance » qu’il occupe ce poste pour la troisième fois de suite.

Selon la loi israélienne, le chef de la commission centrale électorale doit être un membre de la Cour suprême choisi par les autres juges. Aucun autre juge de la plus haute institution juridique israélienne n’a exprimé publiquement de l’intérêt pour occuper cette fonction.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...