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Yémen : le gouvernement se dit prêt à reprendre les pourparlers de paix

L'ONU veut relancer les pourparlers de paix d'ici un mois, après l'échec des discussions prévues à Genève le mois dernier et le refus des Houthis à y participer

Les Yéménites réunis autour d'un bus détruit sur le site d'une frappe aérienne de la coalition menée par les saoudiens qui a visé le marché de Dahyan la veille dans la province de Saada, bastion des Houthis, le 10 août 2018 (Crédit : AFP PHOTO / -)
Les Yéménites réunis autour d'un bus détruit sur le site d'une frappe aérienne de la coalition menée par les saoudiens qui a visé le marché de Dahyan la veille dans la province de Saada, bastion des Houthis, le 10 août 2018 (Crédit : AFP PHOTO / -)

Le gouvernement yéménite s’est dit prêt jeudi à reprendre les négociations de paix avec les rebelles Houthis, alors que s’intensifie la pression internationale pour mettre fin au conflit qui déchire le Yémen depuis trois ans.

Les Nations unies ont indiqué mardi vouloir relancer les pourparlers de paix d’ici un mois, après l’échec des discussions prévues à Genève le mois dernier, auxquelles les Houthis avaient refusé de participer.

« La République du Yémen salue tous les efforts pour rétablir la paix », a indiqué le gouvernement dans un communiqué publié par l’agence Saba.

Il a affirmé être « prêt à ouvrir immédiatement les négociations sur le processus visant à bâtir la confiance, principalement avec la libération de tous les détenus et prisonniers, ainsi que ceux qui ont été enlevés ou soumis à une disparition forcée ».

Les Etats-Unis ont appelé cette semaine à cesser immédiatement les hostilités au Yémen, où une coalition régionale menée par l’Arabie saoudite combat aux côtés du gouvernement contre les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo et le secrétaire à la Défense Jim Mattis ont notamment demandé que cessent les raids aériens, reconnaissant implicitement l’implication de la coalition militaire dirigée par Ryad dans le bombardement de civils.

En septembre, les Houthis ont refusé de se rendre à Genève pour participer aux discussions de paix, accusant notamment l’ONU de ne pas leur garantir de pouvoir ensuite retourner à Sanaa, la capitale du pays qu’ils contrôlent.

Les pourparlers avaient déjà échoué en 2016, après 108 jours de négociations au Koweït.

Les Houthis comme l’Arabie saoudite et ses alliés sont accusés de violations qui pourraient être considérées comme des crimes de guerre.

L’ONU avait placé en octobre 2017 la coalition sur sa liste noire des pays et entités commettant lors de conflits des exactions contre des enfants.

La moitié de la population est en situation de pré-famine selon l’ONU et l’économie yéménite s’est effondrée, empêchant des millions de civils d’acheter des denrées de base.

Environ 10 000 personnes ont été tuées depuis le début de l’intervention de la coalition militaire en 2015, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Certaines organisations de défense des droits de l’Homme estiment que le conflit a fait jusqu’à 50 000 morts. Il a provoqué « la pire crise humanitaire au monde » d’après l’ONU.

Un enfant yéménite souffrant de malnutrition à l’hôpital de Sanaa, le 6 octobre 2018. (Crédit ! MOHAMMED HUWAIS / AFP)

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