Yoav Segalovitz sur le point de se présenter en tant que numéro 2 de Raam ?
Le député juif de Yesh Atid qui a su gagner la confiance de la population arabe grâce à sa lutte contre la criminalité, devrait rencontrer Mansour Abbas la semaine prochaine
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Le député Yoav Segalovitz (Yesh Atid) envisagerait de se présenter aux prochaines élections législatives sur la liste du parti Raam de Mansour Abbas, devenant ainsi le premier candidat juif de ce parti islamiste à la Knesset.
Cette décision marquerait un tournant historique pour Raam, parti islamiste arabe qui s’est récemment orienté vers une rupture avec le conseil de la Choura.
Le ralliement de Segalovitz aura également un impact sur le débat en cours visant à déterminer si le bloc des partis sionistes opposés au Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait s’allier à des formations dirigées par des Arabes pour le renverser. En 2021, Raam est entré dans l’histoire en rejoignant une coalition idéologiquement hétérogène pour détrôner brièvement Netanyahu, mais certains responsables politiques de l’opposition ont exclu toute participation de partis arabes à leur coalition lors des élections du 27 octobre.
Selon le site d’information Ynet, Segalovitz, un ancien haut responsable de la police actuellement en vacances en Thaïlande, rencontrera Abbas à son retour la semaine prochaine pour signer un accord en vue de son adhésion au parti.
Segalovitz devrait occuper la deuxième place sur la liste électorale de Raam, a déclaré au quotidien Haaretz une source de la communauté arabe proche du député. Cela lui ouvrirait très probablement la voie d’un retour à la Knesset, le parti recueillant régulièrement environ cinq sièges dans les sondages.
Il serait également le candidat privilégié du parti pour devenir le prochain ministre de la Sécurité nationale si Raam rejoignait une coalition gouvernementale, a précisé la source.
Selon Ynet, Abbas aurait mené des sondages pour évaluer l’impact de l’adhésion de Segalovitz à son parti sur les résultats électoraux potentiels.
Au début de l’année, Abbas avait annoncé que son parti islamiste deviendrait un parti à large base, ouvert aux candidats juifs. Il a déclaré cette semaine au journal Haaretz qu’il achevait son processus de séparation du conseil religieux auquel il est lié et qu’il mettait en place ses propres institutions.
Ces changements majeurs semblent viser à éloigner le parti des organisations musulmanes radicales, afin de renforcer sa légitimité auprès des partis sionistes israéliens, en vue des élections du 27 octobre.
Segalovitz a créé l’unité de police Lahav 433, chargée de lutter contre la grande criminalité, et il est un ancien commandant de la division des enquêtes et du renseignement de la police. En tant que député du parti Yesh Atid, il a occupé le poste de ministre délégué à la Sécurité nationale dans le gouvernement qui a évincé Netanyahu de 2021 à 2022. Il s’était attiré la sympathie des Arabes israéliens grâce à la direction d’un groupe de travail gouvernemental spécialisé qui avait permis de réduire la violence au sein de cette communauté pendant son mandat.
Cette tendance s’est toutefois inversée lorsque le gouvernement actuel est arrivé au pouvoir. Les communautés arabes ont connu des niveaux record de crimes violents sous le mandat du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
Le parti centriste Yesh Atid, auquel appartient Segalovitz, s’est rallié sous la direction de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett pour former la liste de centre-droit « BeYahad » (« Ensemble » en hébreu).
Bennett a écarté Raam comme partenaire potentiel de coalition, bien qu’il ait lui-même dirigé le gouvernement de 2021 à 2022, période durant laquelle ce parti faisait partie de la coalition. Il avait déclaré que son prochain gouvernement ne comprendrait que des partis sionistes, et que, suite au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, la coalition israélienne ne devait pas dépendre d’un parti non sioniste.
Le Premier ministre et ses partisans condamnent et délégitiment régulièrement les partis arabes. Or, Netanyahu a bien tenté de le convaincre de rejoindre une coalition après les élections de 2020, mais qu’il avait choisi de s’allier au bloc dirigé par Bennett.
Selon les sondages, Gadi Eisenkot, l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne et principal rival de Netanyahu, s’associerait à tout parti acceptant trois principes : qu’Israël reste un État juif et démocratique, qu’il adhère aux valeurs de la Déclaration d’indépendance et qu’il soutienne le service militaire obligatoire universel ou le service national.
Seul Yaïr Golan, le chef du parti de gauche Les Démocrates, a ouvertement encouragé ses homologues de l’opposition à s’associer à nouveau avec Raam, et les a exhortés à « cesser de se prêter au jeu » de la diabolisation de ce parti.
la Communauté du Times of Israël !







