Yuli Edelstein : La position US sur le Golan, première étape pour la Cisjordanie
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Rencontre'Il faut que les citoyens s'impliquent'

Yuli Edelstein : La position US sur le Golan, première étape pour la Cisjordanie

A la veille des élections, le président de la Knesset évoque l'annexion de la Judée-Samarie, la légitimité des partis d'extrême droite, et la démocratie en ruine dans le monde

Yaakov Schwartz est le rédacteur adjoint de la section Le monde juif du Times of Israël

Amanda Borschel-Dan, rédactrice en chef adjointe en charge de la rubrique "Monde juif" du "Times of Israel", (à gauche), interviewe le président de la Knesset, Yuli Edelstein, lors d'un événement en anglais organisé conjointement par le "Times of Israel" et le Tel Aviv International Salon, le 17 mars 2019. (Yaakov Schwartz/Times of Israel)
Amanda Borschel-Dan, rédactrice en chef adjointe en charge de la rubrique "Monde juif" du "Times of Israel", (à gauche), interviewe le président de la Knesset, Yuli Edelstein, lors d'un événement en anglais organisé conjointement par le "Times of Israel" et le Tel Aviv International Salon, le 17 mars 2019. (Yaakov Schwartz/Times of Israel)

Le président de la Knesset, M. Yuli Edelstein, a déclaré dimanche à Tel Aviv devant une salle comble qu’il avait apprécié la description du plateau du Golan comme étant « sous contrôle israélien » dans le récent rapport annuel du Département d’État américain – un changement par rapport aux documents précédents qui le définissaient comme étant « occupé par Israël », affirmant qu’il s’agissait d’un premier pas important vers la reconnaissance de la souveraineté israélienne en Cisjordanie.

Edelstein, qui a dirigé le groupe de lobby Golan de la Knesset de 1999 à 2006, a déclaré qu’il « croit sincèrement que si les élections du 9 avril seront un succès pour le Likud, il y aura au moins un débat très sérieux sur l’annexion [de la Judée et de la Samarie] ».

Edelstein, qui a remporté la première place aux primaires du Likud pour la Knesset est donc numéro deux sur la liste de la Knesset du parti derrière le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a également redoublé son opposition à la création d’un Etat palestinien aux cotés d’Israël. « La création d’un État palestinien fait partie du problème et non de la solution », a-t-il déclaré.

Edelstein s’exprimait dans le cadre d’une série d’événements en anglais organisés conjointement par le Times of Israel, le Salon international de Tel Aviv et la Fondation Konrad Adenauer, en vue des élections nationales du 9 avril en Israël. Le président de la Knesset était interviewé par Amanda Borschel-Dan, rédactrice en chef adjointe en charge de la rubrique « Monde juif » du Times of Israel.

Edelstein, l’un des refuseniks les plus connus d’Union soviétique, a passé trois ans aux travaux forcés dans des goulags sibériens pour de fausses accusations de trafic de drogue en raison de ses activités de professeur d’hébreu. Il fut finalement l’un des derniers refuseniks à être libéré, en 1987, lorsqu’il immigra en Israël. Il est membre de la Knesset depuis 1996.

Quelques minutes à peine avant que la Cour suprême de justice ne donne suite à une requête interdisant au leader du parti d’extrême droite Otzma Yehudit Michael Ben-Ari de se présenter aux prochaines élections, Edelstein défendait le droit du leader d’extrême droite à se présenter. En même temps, lorsqu’on l’interrogeait sur une « ouverture » du Likud aux kahanistes, il a promptement refusé.

Amanda Borschel-Dan, rédactrice en chef adjointe en charge de la rubrique « Monde juif » du « Times of Israel », (à gauche), interviewe le président de la Knesset, Yuli Edelstein, lors d’un événement en anglais organisé conjointement par le « Times of Israel » à Tel Aviv, le 17 mars 2019. (Yaakov Schwartz/Times of Israel)

« J’ai la mauvaise habitude de dire très ouvertement ce que je pense, donc si le Likud acceptait les kahanistes et essayait de les mettre sur la liste du parti [via Otzma Yehudit], j’y serais opposé », a expliqué Edelstein. En même temps, il a revendiqué le droit du parti à se présenter.

« Ce que je n’ai pas aimé, en tant que membre du Likud mais encore plus en tant que président de la Knesset, c’est ce débat très étrange à propos de cette union de tous les partis du camp sioniste religieux, qu’il soit légitime pour le Dr Michael Ben Ari d’être membre de la Knesset ou non, ou de faire partie ou non de la coalition », a-t-il dit. « Nous voulons que la Knesset soit un endroit pour tous ceux qui ont une circonscription dans ce pays ».

En même temps, Edelstein n’est pas disposé à accueillir d’autres partis marginaux.

« Nous voulons imposer certaines limites, dirons-nous, pour que des personnes d’extrême droite et d’extrême gauche ne fassent pas partie de la Knesset, c’est aussi légitime », a-t-il ajouté. « Parce que nous avons des partis comme [le parti arabe] Balad, à qui les juges de la Cour suprême lors d’une audition ont demandé ouvertement à une députée de ce parti si, avec ses opinions et son idéologie, elle appartenait au Parlement israélien – et ce n’était pas un politicien de droite, c’était un juge de la Cour suprême ».

Mais, a dit Edelstein, « depuis 70 ans, la démocratie israélienne est inclusive, et si nous voulons changer cela, nous devons être très prudents et nous devons avoir une discussion très approfondie et sérieuse, et pas seulement l’utiliser dans le cadre d’un agenda politique ».

Un colloque en anglais avec le président de la Knesset, Yuli Edelstein, à Tel Aviv, organisé conjointement par le « Times of Israel », le 17 mars 2019. (Yaakov Schwartz/Times of Israel)

Quelques instants plus tard, l’organisateur de l’événement, Jay Shultz, est monté sur scène pour informer discrètement Borschel-Dan que la Cour suprême de justice avait autorisé Balad à se présenter aux élections, suscitant alors quelques huées.

Un Edelstein visiblement déçu s’est arrêté pour répondre à cette question avant de répondre à la suivante.

« Je veux dire une chose, à en juger en tout cas au vu de l’ancienne Knesset », a-t-il dit. « Tous ceux qui sont ici et pour qui la coexistence et l’État d’Israël sont précieux devraient fermer les yeux pendant 30 secondes et se demander si la société israélienne et la coexistence dans ce pays auraient été meilleures sans Jamal Zahalka, Hanin Zoabi et Basel Ghattas, ou pire ? ».

Les députés du parti Balad Hanin Zoabi, à droite, et Jamal Zahalka, au centre, tous deux appartenant à la Liste arabe unie, lors d’une audience du tribunal de l’un des membres de leur faction, le député Basel Ghattas, à la cour des magistrats de Rehovot, le 5 janvier 2017 (Crédit : Avi Dishi/Flash90)

« Je n’avais aucun doute sur le fait que Balad serait validé par la Cour suprême. Mais en même temps, je pense qu’il faut y réfléchir parce que lorsque Basel Ghattas, membre de la Knesset, faisait passer des téléphones à des terroristes en prison, il n’a pas seulement fait du tort à la Knesset en faisant cela, mais il a fait encore plus de tort aux Arabes de ce pays et à la coexistence. Et c’est quelque chose que nous devons prendre en considération dans une discussion publique sérieuse », a déclaré Edelstein.

Edelstein tweetera plus tard : « La nouvelle de la décision aberrante du tribunal a été annoncée au milieu d’une réunion avec 400 nouveaux immigrants à Tel Aviv. Je leur ai demandé de fermer les yeux et d’imaginer – la situation de la société israélienne et de la coexistence serait-elle pire sans Zoabi, Zahalka et Ghattas, ou alors meilleure ? »

Interrogé sur l’effritement de la confiance du public dans les institutions démocratiques telles que la Knesset, la police et l’armée, Edelstein a déclaré que la plupart des démocraties dans le monde souffrent d’un manque de confiance de la part de leurs citoyens.

Il a fait référence au « principal candidat au poste de Premier ministre de Grande-Bretagne », le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn, accusé d’avoir permis à l’antisémitisme d’extrême gauche de s’épanouir sous sa direction.

Amanda Borschel-Dan, rédactrice en chef adjointe en charge de la rubrique « Monde juif » du « Times of Israel », (à gauche), avec le président de la Knesset, Yuli Edelstein, lors d’un événement en anglais organisé conjointement par le « Times of Israel » et le Tel Aviv International Salon, le 17 mars 2019. (Yaakov Schwartz/Times of Israel)

Son conseil : Il faut que les citoyens s’impliquent.

« Le président de la Knesset n’élit pas les membres de la Knesset. C’est la population israélienne qui le fait », a déclaré Edelstein. Il a dit que c’était un signe encourageant qu’au moins les trois partis qui ont organisé des primaires – Likud, Parti travailliste et Meretz – avaient tous voté pour des candidats sérieux. Je pense que le message des électeurs inscrits des partis était très clair : « Nous ne voulons pas que nos représentants fassent la roue ou se tiennent sur la tête, nous voulons qu’ils travaillent très sérieusement ».

Lorsqu’on lui a demandé comment les citoyens peuvent avoir confiance dans les institutions démocratiques alors qu’un Premier ministre qui est sur le point d’être inculpé les accuse d’être corrompus, Edelstein a déclaré : « Je ne pense pas que le Premier ministre accuse les institutions d’être corrompues. Il a l’impression d’être traqué depuis plusieurs années. C’est sa perception. Et j’espère sincèrement que tous ces processus seront bientôt terminés et que nous aurons des résultats clairs, car dans ce domaine, il ne s’agit pas d’opinion publique ».

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