Le roi Abdallah II de Jordanie a affirmé mardi que « l’échec » du processus de paix israélo-palestinien avait fourni un « cri de ralliement » pour les « extrémistes » afin de « recruter des combattants étrangers » en Europe.

« Le processus de paix est au point mort », avec « plus de colonies israéliennes et moins de respect pour les Palestiniens occupés », a souligné le souverain hachémite dans un discours devant le Parlement européen à Strasbourg.

« Cet échec envoie un message dangereux. Il érode la confiance dans la loi et la communauté internationales. Il ébranle un pilier de la paix mondiale: le fait que les conflits doivent être résolus par des moyens politiques, pas par la force, pas par la violence », a-t-il ajouté.

« Cela a offert aux extrémistes un puissant cri de ralliement. Ils exploitent les injustices et ce conflit persistant pour bâtir une légitimité et recruter des combattants étrangers à travers l’Europe et le monde », a affirmé Abdallah II.

Le conflit israélo-palestinien ne peut que « produire plus de haine, de violence et de terreur à travers le monde », a mis en garde le roi de Jordanie, un pays qui a signé la paix avec Israël et joué un rôle de médiateur dans le processus de paix israélo-palestinien.

« Comment pouvons-nous mener la bataille idéologique si nous n’ouvrons pas la voie de la paix entre Israël et les Palestiniens ? », a-t-il insisté, avant d’appeler l’Europe à la rescousse pour « donner l’élan ».

Abdallah II, qui a accru l’engagement de son pays dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) après l’exécution d’un de ses pilotes, a assuré qu’il s’agissait d’une « guerre contre une idéologie expansionniste qui se nourrit de haine, (…) une guerre contre des terroristes qui ne respectent pas les valeurs de l’Islam ».

« Nous et les autres pays arabes et musulmans ne défendons pas seulement nos peuples mais notre foi. C’est un combat qui doit être mené d’abord et avant tout par les nations musulmanes. C’est un combat au sein même de l’islam », a-t-il dit.

Il a aussi appelé l’Europe « à aider à endiguer la montée de l’islamophobie », « un poison (…) qui sert les intérêts de ces extrémistes ». Il a défendu un islam de « respect », de « tolérance » et de « paix ».

Le souverain a rappelé les efforts considérables de son pays pour accueillir des réfugiés, notamment des chrétiens irakiens et des Syriens, au nombre de 1,4 million, soit 20 % de la population. « C’est plus que si la France accueillait l’ensemble de la population de la Belgique », a-t-il relevé.