Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est arrivé mercredi en milieu de journée à la Maison Blanche pour rencontrer le président américain Donald Trump.

Quatrième dirigeant étranger à être reçu par le nouveau président républicain, Netanyahu et sa femme ont été reçus par Donald et Melania Trump.

Les deux hommes ont participé à une conférence de presse commune très attendue, au moment où l’exécutif américain a laissé planer le doute sur l’appui à la « solution à deux états ».

Netanyahu est arrivé à la Maison Blanche. Trump a serré la main de Sara Netanyahu avant de s’approcher du Premier ministre. Ils ont échangé une poignée de main de 10 secondes. Les deux couples ont échangé quelques mots avant de poser pour une photo.

Trump : l’Iran n’aura jamais l’arme nucléaire

Trump a ouvert la conférence de presse en déclarant qu’il était honoré d’accueillir Netanyahu à la Maison Blanche.

Le président américain Donald Trump a loué mercredi les liens « indestructibles » entre les Etats-Unis et Israël.

« Avec cette visite, les Etats-Unis réaffirment une nouvelle fois nos liens indestructibles avec notre précieux allié, Israël. Le partenariat entre nos deux pays bâtis sur nos valeurs communes a fait progresser la cause de la liberté humaine, de la dignité et de la paix. Ce sont les fondements de la démocratie. L’Etat d’Israël est un symbole pour le monde en matière de résilience face à l’oppression. »

Netanyahu a réaffirmé les liens étroits entre les États-Unis en Israël, assurant que « sous votre direction », ces liens « se renforceront davantage ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube/White House)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube/White House)

« Le partenariat entre nos deux pays bâti sur nos valeurs communes a fait progresser la cause de la liberté humaine, de la dignité et de la paix », a déclaré Netanyahu.

Donald Trump a affirmé mercredi qu’il ne laisserait jamais l’Iran obtenir l’arme nucléaire.

« Les défis en matière de sécurité auxquels Israël fait face sont énormes, y compris la menace des ambitions nucléaires de l’Iran, ce dont j’ai beaucoup parlé. L’accord iranien est l’un des pires accords que je n’ai jamais vus. Mon administration a déjà imposé de nouvelles sanctions à l’Iran, et je ferai davantage pour empêcher à jamais l’Iran de développer une arme nucléaire », a déclaré le président américain.

Netanyahu, évoquant l’Iran, a déclaré que Trump avait mené un « effort important » contre l’Iran et a évoqué les missiles balistiques qui ont été testés et qui portaient des inscriptions en hébreu.

« Il y un changement qui est clairement évident depuis l’arrivée de Trump au pouvoir. J’en suis heureux. Je pense qu’il aurait fallu le faire il y a longtemps », a-t-il dit, critiquant de manière allusive Barack Obama.

Les Nations unies ont traité Israël de manière « très injuste »

Le président américain a jugé que l’allié israélien avait été traité de manière « très injuste » par les Nations unies.

« Je rejette les actions injustes et partisanes contre Israël aux Nations unies, qui ont traité Israël, selon moi, de façon très, très injuste », a déclaré Trump.

« Je salue votre appel à assurer qu’Israël soit traité avec impartialité dans les instances internationales », a déclaré Netanyahu.

Trump a accusé l’ONU de traiter Israël de manière « très inéquitable » et a également critiqué d’autres groupes, qu’il n’a pas nommés. Il a expliqué que son engagement envers Israël comprenait de tenter de négocier un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens.

« L’État d’Israël est un symbole de résilience face à l’oppression, a-t-il affirmé dans un discours préparé. Nous n’oublierons jamais ce que le peuple juif a enduré. »

Trump a également évoqué les énormes défis auxquels fait face Israël. Il a qualifié l’accord sur le nucléaire iranien de « pire des accords que j’ai pu voir », et a promis de faire plus pour « empêcher l’Iran de jamais développer, et je dis bien jamais, une arme nucléaire. »

« Nos deux pays continueront à grandir. Nous avons une longue histoire de coopération dans la lutte contre le terrorisme et la lutte contre ceux qui n’accordent pas de valeur à la vie humaine », a relevé Trump.

Selon le président américain, Israël est confronté à des défis « énormes en matière de sécurité, y compris la menace des ambitions nucléaires de l’Iran ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : capture d'écran YouTube/White House)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : capture d’écran YouTube/White House)

Netanyahu : Ensemble, nous pouvons faire tomber le terrorisme

Netanyahu a pour sa part déclaré que les valeurs des États-Unis et Israël sont sous la menace « du terrorisme islamique radical » et que Trump a montré sa disposition à la combattre.

« Notre alliance a été remarquablement forte et, sous votre gouvernance, je suis sûr qu’elle le sera encore plus. »

« Sous votre gouvernance, je pense que nous pouvons renverser la vague montante de l’islam radical » a-t-il affirmé, en citant l’Iran et l’État islamique, assurant qu’Israël se tiendra à ses côtés.

Trump appelle Netanyahu à « la retenue » sur l’extension des implantations.

Le président des Etats-Unis Donald Trump a appelé mercredi l’Etat hébreu et les Palestiniens à faire des compromis pour trouver un accord de paix.

Trump a ajouté que la paix était très importante à ses yeux.

« Mais ce sont les parties impliquées elles-mêmes qui devront négocier », a-t-il précisé. Il a affirmé que les deux parties devaient faire des compromis.

« Comme dans toute négociation réussie, chaque partie devra faire des compromis. Vous le savez, n’est-ce pas ? », a-t-il demandé, se tournant vers Netanyahu. « Nous en parlerons », lui a répondu le Premier ministre israélien.

« Les Israéliens vont devoir faire preuve de flexibilité, ce qui est difficile. C’est difficile à faire. Ils vont devoir montrer qu’ils veulent vraiment parvenir à un accord. »

Deux immeubles de 24 logements en construction dans l'implantation de Beit El, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 28 juillet 2015. (Crédit : Flash90)

Deux immeubles de 24 logements en construction dans l’implantation de Beit El, près de Ramallah, en Cisjordanie, le 28 juillet 2015. (Crédit : Flash90)

« En ce qui concerne les implantations, je voudrais voir un peu de retenue sur les implantations. On verra… Mais je voudrais bien voir la conclusion d’un accord ». Il a ensuite affirmé que « nous allons conclure un accord ».

Le chef du gouvernement israélien a répondu que « la question des implantations n’était pas au cœur du conflit » avec les Palestiniens, auxquels il a réclamé la « reconnaissance de l’Etat juif » d’Israël.

Le président Trump a de son côté exhorté les Palestiniens à se débarrasser de leur « haine » à l’égard des Israéliens. « Je pense que les Palestiniens doivent se débarrasser de la haine qu’on leur a inculqué depuis leur plus jeune âge. On leur a inculqué une haine immense. Et ils doivent reconnaître Israël », a-t-il précisé.

Il a ajouté que la question de relocalisation de l’ambassade « est étudiée avec le plus grand soin. »

Trump : « La solution à deux Etats » n’est pas la seule possible

Alors que le principe de référence de la communauté internationale sur la solution à deux états semblait remis en question par des déclarations mardi soir de la Maison Blanche, Trump a estimé mercredi que « la solution à deux états » pour régler le conflit israélo-palestinien n’était pas la seule voie possible pour la paix. Trump a affirmé qu’il approuvera ce que les deux parties préfèrent, qu’il s’agisse d’une solution à un ou deux états.

La Maison Blanche avait indiqué mardi soir que Washington n’insisterait plus sur ce principe de référence de la communauté internationale, et qu’il ne dicterait plus les termes d’un éventuel accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

En réponse, Netanyahu a jugé que le nouveau président américain offrait « une occasion sans précédent » pour faire avancer la paix pour sortir du plus ancien conflit de la planète.

« Nous pouvons saisir une occasion historique parce que, pour la première fois de ma vie et pour la première fois depuis que mon pays existe, les pays arabes de la région ne considèrent pas Israël comme leur ennemi, mais de plus en plus comme un allié. Je pense que sous votre gouvernance, cette évolution dans notre région crée une opportunité sans précédent de renforcer la sécurité et de faire progresser la paix. Saisissons ce moment ensemble. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Netanyahu appelle à une approche de paix régionale

Netanyahu a réitéré sa condition sine qua none de reconnaissance de l’État d’Israël en tant qu’État juif ainsi que la démilitarisation. Il a accusé Ramallah de faire un vœu pieux qui prend le nom de conditions préalables à la paix.

Il a ajouté que les Juifs ont un lien étroit avec la Terre d’Israël, et a accusé les Palestiniens de glorifier les terroristes.

Répondant aux demandes « de retenue » de Trump au sujet de la construction d’implantations, Netanyahu a expliqué que ces dernières ne sont pas au cœur du conflit et qu’il soumettra son point de vue à Trump, « de manière à ce que nous ne nous affrontions pas sur cette question à chaque fois », a-t-il déclaré.

Interrogé sur son engagement concernant une solution à deux états, Netanyahu a répondu que cela dépendrait de la nature du futur état, exprimant sa crainte que la Palestine ne devienne un état terroriste.

« Nous devons étudier de nouvelles pistes » pour atteindre la paix, a-t-il déclaré, en appelant à une approche à l’échelle régionale avec les états arabes. Il a souligné que cela serait discuté avec Trump.

Trump a ajouté qu’ils avaient déjà abordé la question d’un accord régional, qui inclurait « beaucoup, beaucoup de pays ».

« Je ne savais pas que vous alliez en parler, mais maintenant que vous l’avez fait, c’est super », a dit Trump à Netanyahu.

Netanyahu et Trump ont ensuite pris la direction du Bureau Ovale, où ils ont échangé quelques mots pour une séance photo avec leurs deux épouses avant de s’entretenir à huis-clos.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump et leurs épouses, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump et leurs épouses, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israël)

Durant la conférence de presse, Trump semblait brouiller les propos de Netanyahu à propos d’une solution de paix à l’échelle régionale, avec un projet dévoilé par le Wall Street Journal plus tôt dans la journée, qui annonçait une alliance militaire entre Israël et les États arabes pour se défendre contre l’Iran.

Trump s’attendait probablement à aborder ce sujet avec Netanyahu, et a semblé surpris de l’entendre en parler, parce que le plan était toujours confidentiel. Mais il semblerait que ce n’était pas ce dont parlait Netanyahu.

Répondant à un journaliste israélien sur la question de l’antisémitisme aux Etats-Unis à la suite des élections présidentielles, Trump a d’abord évoqué sa victoire lors du scrutin.

« L’enthousiasme a été formidable. Nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre un terme au racisme qui frémit depuis longtemps », a-t-il dit, sans mentionner spécifiquement l’antisémitisme. Il a ajouté que le pays connaissait déjà des divisions avant son arrivée. Il a également mentionné le fait que sa fille est juive.

« Vous allez découvrir une Amérique très différente. Vous allez voir beaucoup d’amour », a-t-il dit.

Netanyahu a également évoqué la question de l’antisémitisme, affirmant qu’ « il n’y a pas de plus grand partisan du peuple et de l’état Juif » que Trump, mettant ainsi fin à la conférence de presse.

L’AFP a contribué à cet article.